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Youri Batar & la Liqueur sacrée

Parodie

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70 réponses à ce sujet

#61 nico2607

nico2607

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Posté 14-08-2018 - 05:33

un grand merci, je me suis regalé, encore un tres bon moment !

#62 Riga

Riga

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Posté 14-08-2018 - 08:43

Merci !
Il y avait un moment que je pensais à un chapitre "punition particulière" Old school et explosif !
:D

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#63 Riga

Riga

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Posté 18-08-2018 - 23:30

Youri Batar et la Liqueur Sacrée

--- Chapitre 19 : La défection d’un Brave ---


Depuis leur poste d'observation derrière leur crête neigeuse parsemés de petits arbres tordus par le vent et le froid, Youri, ses amis et les centaures présents observaient de loin l'amplification dramatique des étranges phénomènes à la surface du lac, et l'angoisse gagnait la troupe immobile et silencieuse : la grande pierre plate à la surface du lac luisait fortement, et surtout, depuis un quart d'heure, des fumées étaient apparues, et venaient de prendre la forme de silhouettes qui rappelaient fortement celles des Astrakeurs, les sinistres gardiens d'Astrakan…

Des longues tenues flottantes, sombres, parcourues de ce qui semblait des éclairs électriques lents, comme des serpents lumineux, des capuches cachant leur visage, et des mains invisibles, l'effet était glaçant, rien moins que terrifiant.
La douzaine de silhouettes voletaient très lentement, presque volupteusement, autour de Vlado, Krott et Grav, les trois jeunes gens étaient positionnés en triangle sur la pierre, et Vlado récitait toujours des incantations, il semblait en transe.
Ses deux compères en revanche étaient figés, et devaient, d'après ce qu'avait dit Ilinilia, être en pleine panique, entourés des silhouettes fantômatiques qui les frôlaient parfois.

« Qu'allons-nous faire ? murmura Cordery, blême et tendue, sans lâcher des yeux les créatures du lac.
— Je ne sais pas, répondit Youri d'une voix morne. Si quelqu'un a une idée ? En tout cas, ça sent mauvais.
— Il faut agir, faire quelque chose ! » intervint Ilinilia.
Youri ferma les yeux en serrant les dents, contrarié et impuissant : la présence de sa fiancée lui donnait l'impression de ne pas être à la hauteur, elle était si belle, si forte, tellement au-dessus !
Tapi dans la neige, il se sentait de plus en plus inutile, maladroit, l'esprit vide de la moindre idée : comment contrer une attaque dont ils ne savaient rien, et avec quelles armes ?

Comme si elle avait lu dans ses pensées sombres et déprimées, Ilinilia reprit la parole :
« Il doit y avoir quelque chose à faire, puisque la Prophétie est là : il se passe quelque chose là-bas, poursuivit-elle en désignant le lac du menton, mais quelque chose aussi ici, du bon côté ! La prophétie n'est pas un lointain conte pour les veillées, elle parle d'agir !
— Oui, approuva Cordery en grimaçant, mais nous avons reçu des clefs, mais pas le mode d'emploi.
— Pourtant il fau… commença Run.
— Un animal nous cherche ! » s'exclama Milano à mi-voix en l'interrompant, le regard tourné vers la forêt en bas du talus.

Ils se tinrent silencieux, en alerte, et virent bientôt une silhouette longue, furtive et très rapide slalomer entre les arbres dans leur direction…
« Un furet… non, une mangouste ! lança Run.
— Tu sais dans quels pays vivent les mangoustes ? s'amusa Cordery. Non, une loutre, avec… des ailes, regardez ! » rectifia t-elle, et déjà l'animal était face à eux et stoppait !

« Oh qu'elle est belle ! murmura Ilinilia. Elle a un collier !
— Un message ! » s'écria Youri, et l'animal vint à lui.
Tous gardèrent le silence, et observèrent, intrigués, à part trois centaures qui surveillaient toujours le lac.
Avec précaution, Youri approcha ses mains de l'animal si vif, dressé sur ses pattes de derrière face à lui, et défit lentement le ruban du collier.
Il ouvrit la capsule et déroula le papier fin de minuscule. « C'est un message de Calculus ! » annonça t-il en reconnaissant l'écriture du Directeur.
Tandis que la loutre hybride faisait brusquement demi-tour pour disparaître à toute vitesse entre les arbres, sa mission accomplie, Youri lut à haute voix :


« Du nouveau ici, dans l'Enfer du Comte. Revenez, Youri, avec Cordery
et votre amie Centaure, pour une réunion urgente avec Morgane et Choho.
La Prophétie les désigne. »


« Qu'est-ce que cela signifie ? demanda Ilinilia, intriguée, en se rapprochant de Youri.
"L'enfer du Comte", c'est la Bibliothèque secrète, expliqua Cordery, qui brièvement lui raconta de quoi il s'agissait.
— Les livres ont parlé et livré des informations, et peut-être des pistes, des solutions… estima Youri, perplexe mais en qui l'espoir venait de renaître.
— Ouais. Les livres apparemment ne parlent pas de moi, nota Run avec amertume. Je suis censé rester là, moi ? Pour surveiller le lac et les trois débiles avec les fantômes volants moisis ?
"Morgane" ? demanda Cordery. C'est quoi cette histoire ?
— C'est la Louve, répondit Youri, mal à l'aise, en évitant de regarder Ilinilia.
— Morgane ? Comme celle du Roi Arthur ? intervint Run en fronçant les sourcils.
— Celle-là même, confirma Youri.
— … Et elle a pris Youri dans ses filets, annonça Ilinilia avec un sourire ironique mais bienveillant. Elle s'est changée en femme, et a utilisé ses pouvoirs pour le séduire, et faire l'amour avec lui, quand il a trouvé la Louve dans la forêt pour lui confier le message pour vos Directeurs.
— Hé ben putain, murmura Run. T'as la belle vie, Mec. On va sans doute tous mourir, mais tu te seras éclaté ! conclut-il en riant. Youri eut à peine un sourire.
— Une réunion… avec Morgane, et Choho, murmura Cordery en réfléchissant.
— Qui est Choho ? demanda Ilinilia, intriguée.
— Un mannequin, ricana Run, une élève canon.
Je comprends ! s'exclama Cordery. La réunion !
— Oui, explique ? répondirent Youri et Run.
— Ilinilia, Morgane, Choho… et moi. Nous avons toutes les quatre reçu ta semence sacrée !
— Comment ça ? gronda Ilinilia en fronçant les sourcils, et en dévisageant Youri qui pâlit. Tu as couché avec Cordery, et avec… avec la fille, là ? »


Il y eut un silence brutal, et il sembla à Youri que son monde s'écroulait.

Mais Cordery releva la tête et expliqua à Ilinilia d'une voix douce mais nette, avec toute l'assurance qu'elle pouvait mobiliser face au danger : « Tu veux bien m'écouter calmement, Ilinilia ? (La Centaure resta immobile, sans expression) C'était au début de cette histoire, bien avant que Youri ne fasse ta connaissance. Nous étions tous trois dans la Bibliothèque dont nous t'avons parlé, et Youri s'est absenté. Un livre magique de la Bibliothèque m'a brusquement averti qu'il était en train de… de se masturber, et que sa semence était sacrée et ne devait pas se perdre. J'ai… je me suis précipitée, lui n'était pas au courant, personne ne savait, et…
— Et elle m'a sucé, conclut Youri.
Que c'est gentiiiiil de ta part ! siffla Ilinilia en grimaçant.
— Il n'y a rien entre nous, affirma doucement Cordery.
— Bien… murmura Ilinilia après un temps de réflexion, le visage fermé. Je veux bien… te croire, tu es… tu me sembles être une fille bien, et sincère. Et l'autre ?
— Ils ont fait l'amour ensemble, avec Choho, avant qu'il ne vienne dans la Forêt et ne fasse ta rencontre, expliqua Cordey d'une voix douce, avec un sourire conciliant. Je peux te certifier que Youri… tient à toi plus que tout. »

La Centaure, vivement contrariée, le regard brillant de colère jalouse, garda le silence, et Youri lui, garda les yeux baissés, et il avait pour tout dire envie de pleurer. S'il perdait l'amour et la confiance d'Ilinilia… Rien ne valait plus la peine.

La Centaure s'approcha de lui au bout d'une longue minute de silence tendu, et demanda à Youri en langue Centaure, d'une voix tremblante et dure :
« La Louve, je t'ai dit, on n'y peut rien, et ta camarade, Cordery, je veux bien la croire, je sens son honnêteté et sa force de caractère, sans doute est-ce elle qui est la plus solide de vous trois… mais cette élève si jolie… Même si c'était avant de nous rencontrer, qui me dit que tu ne rêves pas d'elle, et que ça ne va pas continuer, puisqu'elle est si belle et attirante ?
— C'est du passé, je te le promet ! répondit Youri d'une voix forte et désespérée, en la regardant droit dans les yeux.
— Je te crois, Chéri, conclut Ilinilia après quelques secondes à dévisager son fiancé tout pâle et vibrant d'amour. Mais je ne l'aime pas, cette nana ! »
Youri la regarda sans mots dire, et puis eut un petit rire fragile : « Je t'aime ! Mais tu vas devoir… la rencontrer, apparemment, la fameuse réunion, essaye de ne pas la tuer directement !
— Je ferai mon possible, petit con ! » assura Ilinilia en souriant d'un air mauvais, ce qui fit rire Youri, un rire prudent mais libérateur.

« Ilinilia ? Dis-moi…
— Oui, Cordery ?
— Il semble que la fin de la Prophétie parle de tout cela.
— Je ne la connais pas, malheureusement, rétorqua la Centaure.
— Mais moi si ! intervint Milano. Ilinilia était au centre de la Prophétie, elle ne devait pas en connaître la fin ! »
Tout le monde se regarda, ébahi, et Youri demanda au Centaure : « Alors… si toi tu connais l'intégrale de ce texte à rallonge qu'on me file par petits morceaux, je t'en prie, dis-le maintenant !
— Oui… Il s'agit de la version accomplie, celle qui a eu lieu, elle est un peu différente de la Prophétie à venir qu'Ilinilia a apprise depuis son plus jeune âge, vous comprenez ? » répondit Milano en souriant et prenant son souffle, il ferma les yeux pour se concentrer et déclama à voix basse et grave, profonde :

"Un jour blanc, l'homme à la Liqueur Sacrée est venu dans la clairière, amené par une louve pleine.
Il n'a pu connaître l'accomplissement de la Prophétie qu'en la découvrant lui-même, par la parole de ceux qui l'ont guidé, dont le Guide fait de Froid, et la Louve pleine, fille d'Ygraine et du Duc de Cornouailles, et demi-sœur de Roi, dernière Honorée.
Est venue à lui celle du Peuple des hommes-chevaux et qui n'est pas que jument et qui naquit dans les éclairs, ensemble ils ont chevauché et ont connu le volcan sans que la femelle honorée de double-appartenance qu'il a rendu femme n'ait perdue la lave sacrée.
Alors, ils ont tous deux reçu le don de l'Alliance des dieux conjoints des Centaures et des Minotaures, et s'en sont vus transformés. Elle est femme aussi bien que Centaure selon sa volonté, et règne sur son peuple en Reine, selon son destin du premier jour. Lui est homme et sorcier aussi bien que Minotaure, il a le pouvoir des désirs, qui échappe à toute magie, pour mener ses combats contre l'Ombre qui, depuis le premier jour, menace sa vie et l'Équilibre des choses visibles et invisibles."


Il y eut un silence, et Cordery prit la parole : « La Prophétie en version Bonus n'est peut-être pas encore tout à fait complète, mais elle parle du Bonhomme de neige, et de Morgane, et des "honorées"… C'est nous, ajouta t-elle en souriant à Ilinilia.
— Nous sommes le petit club des chanceuses ! sourit-elle en grimaçant, avant de poursuivre : Bien, il faut agir, nous devons  rejoindre l'école, cette bibliothèque… Mais…
— Mais quoi ? demanda Youri en se levant et tapant la neige sur ses vêtements.
— Je ne suis jamais sortie de la Forêt, avoua t-elle d'une voix mal assurée, je n'ai jamais porté de vêtements, je vais devoir aller dans cette école dont je n'ai vu la haute silhouette que de loin… elle me faisait rêver. Et je sais ce que sont… des livres, une bibliothèque, j'ai reçu une éducation très poussée depuis ma naissance, car j'étais celle que désignait la Prophétie, je sais beaucoup de choses, mais ces choses-là… éh bien… je n'en ai jamais vus.
— Ne t'inquiète pas, sourit Cordery, émue, nous sommes à tes côtés, nous allons te protéger, te raconter, être là, et tu es la fiancée de Youri, une personne de la plus haute importance ! »
Youri s'avança et la prit dans ses bras, et la serra contre lui, le cœur battant.

Pour cacher sa propre émotion, Run regarda en direction du lac : les créatures semblaient s'être multipliées, ce que lui confirma l'un des Centaures qui n'avait cessé sa surveillance.
« Ils sont près d'une vingtaine ! s'alarma t-il. Il faut faire vite !
— Allons-y, s'écria Cordery, il faut faire cette putain de réunion ! »
Youri et Run éclatèrent de rire, pas encore habitués à entendre Cordery dire des gros mots, et l'air se mit à trembler quand Ilinilia passa de sa forme humaine à celle d'une Centaure.
Youri grimpa sur son dos, Run et Cordery firent de même sur leur propre monture. Cordery retrouva le dos de Milano avec une certaine émotion, et serra les jambes contre ses flans chauds et nerveux.
En silence, la troupe prit son départ, deux centaures restèrent là pour surveiller le lac.

Après une chevauchée effrénée dans la forêt, le groupe s'arrêta en lisière de forêt.
« Que fait-on ? demanda Milano d'une voix forte. Nous ne devons pas sortir de la Forêt, c'est impossible…
— Normalement c'est impossible, rectifia Ilinilia en souriant.
— C'est impossible, insista Milano en fronçant les sourcils, avec son habituel air buté.
— Je suis votre Reine, tu l'oublies ? demanda Ilinilia. Je suis la Loi, et je décide des lois, règles, principes, je crée des coutumes, je mets fin aux traditions si je le veux, je dirige dans la direction que je souhaite. »

Choqué et silencieux, Milano recula de quelques pas, et sur son dos, Cordery sentit sa tension… ce qui n'était pas pour lui déplaire : la cavalcade l'avait fait mouiller en secret comme une folle.
« Nous nous pouvons aller plus loin, décréta Milano sèchement. C'est ainsi, et tu le sais.
— Nous sommes en guerre, lui rappela Ilinilia d'une voix dont elle avait gommé toute agressivité. L'école est loin d'ici à pied d'humain, et il n'est plus possible de perdre de temps : je vais moi-même sortir de la Forêt et gagner cette école, et crois-moi, ce n'est pas une choses facile, tu t'en rends compte ? »
Milano acquiesça en silence, et elle reprit, conciliante : « Je peux prendre Youri et Cordery sur mon dos, mais Run ? »

Cordery demanda la parole pour éviter le conflit si possible entre la Reine nouvelle et Milano l'ombrageux, car le temps effectivement pressait : « Puis-je vous proposer quelque chose ?
— Nous t'écoutons, répondit Ilinilia, en souriant, soulagée.
— Nous devons rejoindre l'école au plus vite, mais il nous faut être discrets : les élèves sont sortis en visite au village et ne vont pas tarder à rentrer pour le dîner. Je vous propose effectivement de sortir tous de la Forêt, nous n'avons plus le choix, Ilinilia a raison, car nous allons avoir besoin de toutes les forces alliées, et celle des Centaures est primordiale : vous êtes des farouches et valeureux combattants, et c'est à l'école, j'en suis certaine, que tout cela se passera ! »

Elle sentit entre ses jambes la tension nerveuse de Milano baisser d'un cran, et la référence à leur valeur au combat avait dû le flatter.
« Mais nous allons vous cacher dans la grande salle d'équipement de Swipich, poursuivit-elle en levant le menton, comme une cheffe de guerre, un grand bâtiment désert non loin de l'école, mais on peut y arriver par derrière, et vous serez à l'abri des regards… et je pense qu'il va falloir vous tenir prêts !
— Contre quoi, je ne sais pas, nous ne savons pas, reprit Youri en regardant tour à tour les centaures, ni quand. La réunion de la Bibliothèque secrète nous donnera peut-être des pistes, des clefs… mais je pense bien que s'il y a une attaque, elle ne se produira pas dans la forêt, au lac, mais à l'école.
— Et moi je ne veux pas m'éloigner de nos terres ! tonna Milano en réponse, avant de s'interrompre et de poursuivre plus calmement en se rendant compte sans doute qu'il avait stressé tout le monde : nous laissons nos terres sans défense, et cela, c'est un crime !
— Non, rétorqua Ilinilia, que racontes-tu : il reste une vingtaine des nôtres sur notre territoire !
— Nous séparer, nous éparpiller, quitter nos terres, c'est mourir ! »

Ilinilia dompta son exaspération et s'approcha alors de son congénère à la mine sombre et s'adressa à lui d'une voix solennelle, forte et nette, mais sans hostilité, tout le monde pouvait l'entendre :
« Milano, à la fin, nous sommes au cœur du déroulement de la Prophétie que notre Peuple se transmet depuis des siècles, c'est MAINTENANT, et je suis la garante de cet accomplissement ! Aussi écoute-moi bien : soit tu obéis et mets ton cœur et tes forces sans retenue pour agir, même en compagnie d'étrangers, même hors de nos terres, soit tu te retires sur le champ et tu pars seul, en exil, si c'est ton choix. Notre peuple, lui, joue sa survie, poursuivit-elle, pas la persistance de ces principes que tu passes toute ton énergie à défendre par orgueil, des principes qui de toutes façons n'ont pour la plupart plus cours ! »
Chacun regardait intensément Milano face à sa Reine, et à l'ultimatum qu'elle venait de formuler.

Elle s'approcha encore : « Assez perdu de temps. Choisis. Suis ta Reine et ton peuple, ou pars, et que nous n'entendions plus jamais parler de toi. Vu ta valeur et ton courage, ajouta t-elle, je préfèrerais je l'avoue, et tout le monde le sait ici, que tu nous suives de toute ton âme pour que nous sortions vainqueurs, ensemble, de ce péril. Tu es comme un frère pour moi. »
Il y eut un grand silence sur la lisière enneigé de la Forêt, chacun retenait son souffle.

Milano resta figé, frémissant de tous ses muscles, puis recula, et tournant la tête, demanda à Cordery de descendre de son dos, après quoi il dévisagea Ilinilia et lança en langue Centaure d'une voix forte et vibrante, pleine de mysticisme désespéré :
« Toutes ces compromissions affaibliront et à la fin tueront notre peuple, notre sang ! Les textes t'ont désignée, mais je ne te suivrai pas sur cette route hasardeuse où tu oublies d'où tu viens pour nous perdre dans des combats qui ne nous concernent pas, avec des gens qui n'ont rien à faire avec nous ! La Prophétie dont j'étais le gardien était un piège, un arrêt de mort ! Je préfère partir seul que de subir le déshonneur de perdre ma nature et le sens de ma vie ! »

La voix d'Ilinilia claqua immédiatement, tranchante et calme, en anglais : « Pars, puisque c'est ton choix, je te bannis, je t'interdis nos Terres mais la Forêt est grande… Je te chasse, Milano, et l'honneur dont tu te drapes n'est à mon sens que ton orgueil démésuré, nourri d'illusions. Ainsi tu pars avant la bataille, non par lâcheté, je le sais, mais par cet orgueil du sang qui porte en lui l'enfermement moral et l'aveuglement, et au final une dégénérescence que tu ne veux pas voir ! »

Le silence retomba, lourdement, les deux Centaures se défiant du regard, et Ilinilia poursuivit sa sentence pour ainsi la conclure :
« Soit. Adieu. Si tu cherches à agir contre ta Reine, contre l'un de ces humains liés à notre destin, alors tu agiras contre ton peuple, et tu connais le châtiment. Pars sans te retourner. Pars sans regret puisque tel est ton choix. Mais nous te regretterons. »

Elle se tut, et Milano recula de quelques pas en la dévisageant, le regard fébrile, fiévreux, tous ses muscles saillants sous sa robe et sous sa peau, presque douloureusement.
Puis il fit demi-tour, fit quelques pas sans effectivement se retourner, sous le regard de tous, et bondit dans un galop féroce, droit devant lui, vers la Forêt qu'il ne voulait pas quitter, mais hors des terres de son cœur, de son peuple, de ses racines, à jamais coupé de lui-même !


(À suivre…)

Modifié par Riga, 19-08-2018 - 02:48.

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#64 nico2607

nico2607

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Posté 19-08-2018 - 06:54

tres bel episode, qu'elle imagination, merci encore !

#65 Riga

Riga

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Posté 19-08-2018 - 16:14

Voir le messagenico2607, le 19-08-2018 - 06:54, dit :

tres bel episode, qu'elle imagination, merci encore !

Merci beaucoup… !
Voilà, je commence à avoir une idée plus précise de la fin, du combat final, plein de sang, de sperme, de larmes, de courage, d'amitié, de fellation… !
:D
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#66 OlivX

OlivX

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Posté 23-08-2018 - 12:21

Quel plaisir de retrouver nos héros,  c'est toujours un régal de te lire mon cher RIGA

#67 Riga

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Posté 23-08-2018 - 19:34

Merci beaucoup, ça fait plaisir, et c'est un encouragement réel pour terminer cette saga dans laquelle je suis plongée depuis un looooong moment !Image IPB
Des surprises à venir…

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#68 Riga

Riga

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Posté 26-08-2018 - 01:55

Youri Batar et la Liqueur Sacrée

--- Chapitre 20 : Trois et demi ---


Athéna était assise à son bureau et discutait tranquillement avec Morgane assise dans un fauteuil en face d'elle.
Les deux femmes étaient rhabillées, recoiffées, tout à fait comme si rien ne s'était passé, comme si elle n'avaient pas baisé comme des folles excitées et obsédées, comme si elles n'avaient pas crié de plaisir pendant près de deux heures, en sueur, comme si elles n'avaient pas enchainé ensemble les orgasmes, comme si elles n'avaient pas essayé ensemble, mutuellement, les choses les plus extrêmes pour terrasser l'autre de jouissance…
Elles semblaient juste un peu fatiguées, repues, heureuses.

La Directrice ressentit la présence de Doubleporte approchant de son bureau, et sut également qu'il était accompagné de Choho.
Elle murmura à sa maîtresse : « Voici venir Calculus avec la si jolie et bien nommée Choho Qu, tu vas voir : une vraie beauté !
— Tu es une obsédée, Athéna ! » répondit Morgane en riant tendrement.

Les portes s'ouvrirent et le vénérable Directeur apparut avec l'étudiante. Aussitôt, dès le premier regard, avec leurs facultés de sorcière et de Fée, leur odorat sensible, et leurs sens excités, elles surent que le couple absolument disparate qui venait de passer la porte avait baisé peu avant, et même ce qu'ils avaient fait.
Athéna eut un grand sourire, mais veilla à ne pas mettre mal à l'aise la jeune fille, qui avait un rôle important à jouer très bientôt : il fallait la ménager, la mettre le plus en confiance possible.
De fait, elle ne paraissait pas très décontractée, impressionnée qu'elle était d'être au centre de l'attention entre deux directeurs de l'école et une Fée de légende connue par la Terre entière : il y avait de quoi être intimidée !

« Bienvenue, Choho ! » lança chaleureusement Athéna en se levant, essayant de ne pas penser à ce qu'elle avait deviné instinctivement, immédiatement, sans risque de se tromper : le vieux Directeur avait glissé sa main dans la chatte de cette bombe, et puis il l'avait fouettée et sodomisée… Rien que ça, le vieux salaud !

Elle invita la jeune fille à prendre place non loin de Morgane, qui la regarda attentivement, appréciant sa beauté et son physique parfait.
« Bien ! s'exclama Doubleporte. Mesdames, je vous laisse en bonne compagnie pour préparer cette réunion : je dois pour ma part aller accueillir les élèves de l'école de retour de leur visite au village, et puis nos amis ne vont sans doute pas tarder à revenir de la Forêt, il faut que je sois là, et je vous les envoie aussitôt. Je pense… sourit-il après une hésitation, je pense que nous allons commencer à être prêts à réagir ensemble aux attaques qui s'annoncent, avec nos armes à nous ! »

Il salua et quitta le bureau, puis Athéna toujours souriante proposa à Choho et Morgane de faire un petit dîner léger en attendant l'arrivée des autres.
S'emparant d'un cornet de cuivre ouvragé posé sur son bureau, relié à un curieux flexible doré, appareil que Choho n'avait jamais vu, la Directrice demanda aux cuisines qu'on apportât « un souper pour 3, numéro 245 », puis reposa le cornet, sous les yeux perplexes de l'étudiante, après quoi elle reprit place dans son confortable fauteuil ancien de cuir vert et de bois noir sculpté.
« Bien. Tu sais sans doute pour quelle raison tu te trouves ici ce soir, Choho ?
— Oh… oui Madame, Monsieur Doubleporte, le Directeur, m'a expliqué, et je dois dire… que tout cela est pour moi surprenant et que cela reste… énigmatique…
— Oui, je comprends. Je vais essayer de te résumer tout cela, mais en te donnant les détails nécessaires, et en répondant à toutes tes questions. Le plus important, ma Chère, c'est de comprendre et saisir la gravité et l'urgence de la situation. Alors voilà ce qui s'est passé depuis quelques jours… »

Athéna entama alors pour Choho, et face à Morgane qui écoutait attentivement et en silence, le récit efficace et organisé des événements, passant tout en revue avec soin et le plus de clarté possible, et n'omettant rien du déroulement de ces événements, même ce qui était dans l'absolu secret et scandaleux.

Entretemps, le dîner arriva et elle fit une pause dans son récit, une petite table fut dressée, et les trois femmes commencèrent à dîner d'une succulente salade de saumon et de pamplemousse, au cœurs d'artichaut, avec un verre de vin de Loire, et des petits pains étroits d'épeautre et de sésame.
MacGottadeal poursuivit ses explications.
Choho mangea lentement, en se concentrant sur le surprenant récit de la Directrice.

Alors qu'elle expliquait à l'étudiante la Prophétie, le fantôme du Comte de Clift frappa discrètement sur le cadre de son tableau :
« Mesdames, puis-je me joindre à vous, et éclairer de mes lumières inspirées et autorisées cette jolie demoiselle, si appétissante et attirante ?
— Allons bon, il fallait s'y attendre, soupira Athéna en levant les yeux au plafond : Choho, je te présente le fantôme le plus obsédé de toute l'école, et sans doute de tous les cimetières et manoirs occidentaux, le Comte de Clift. Il ne pense qu'à ça, je te préviens, mais malgré cela, sa présence parmi nous, au milieu de ce bazar, est indispensable, et il a pris une part active et je dois dire remarquable à ces événements… Sans lui, nous n'en serions pas là. Et je te rassure, il est hors service sur le plan sexuel, et n'est plus en mesure depuis des siècles d'introduire sa bite où que ce soit ! »

Alors que Choho ouvrait des yeux ronds en entendant la Directrice utilisait ce mot si trivial, le Comte éclata d'un rire joyeux, et répondit vivement : « Hélas Madame, je dois effectivement l'admettre en me lamentant comme le bon fantôme que je suis, je ne suis plus palpable ni opérationnel, mais mon âme et mon esprit sont encore tout à fait vi-gou-reux, et se délecteront éternellement des choses du sexe et de la beauté surprenante, chaude et imprévisible, des femmes ici-bas, et s'il est un pouvoir puissant qui me maintient vivant, bien qu'ectoplasmique, c'est celui-là !
— Vivant et épouvantablement bavard ! compléta Morgane en riant.
Absolument ! » approuva le fantôme en riant de plus belle.
Choho observait, surprise, amusée, et Athéna reprit son récit, dans lequel intervinrent ponctuellement Morgane et surtout le Comte.

Au bout d'une demi-heure, elle en arriva à la fin : le livre qui avait désigné les femmes qui avaient reçues de Youri sa précieuse semence, et qui convoquait cette fameuse réunion mystérieuse des « Honorées », et la Directrice éluda volontairement la partie du Texte qui concernait sa propre présence pour diriger cette réunion.
Mais Choho fronça les sourcils et interrompit sa Directrice d'une voix douce pour demander : « … Mais vous, madame, vous avez… pardonnez-moi, mais vous avez… couché avec Youri ? »

Alors qu'Athéna avait toutes les raisons de le redouter, étrangement, le Comte se tut, il eut l'élégance non seulement de ne rien dire, de ne faire pour une fois strictement aucune remarque, mais il s'abstint même de rire de son fameux rire joyeux et coquin, un rire gourmand qui faisait partie de son charme exubérant. Il avait l'élégance de ne pas avoir augmenter son embarras.
MacGotadeal le nota et se promit de le remercier plus tard de sa retenue relativement inédite, d'autant que la question de l'étudiante portait sur un point résolument sexuel et scandaleux comme ceux dont le Comte était friand par-dessus tout !

Tandis que Morgane retenait un sourire en se demandant comment elle allait s'en sortir, la Directrice garda le silence en pinçant les lèvres, cherchant une échappatoire, mais sachant bien que cela allait être compliqué pour elle de mentir, au point où tout le monde en était de cette histoire folle, avec les dangers qui menaçaient l'ordre des choses, l'ordre établi, car oui, indéniablement : c'était le désordre, et…
Et elles étaient dans le même camp, cette jeune fille était avec eux, c'était désormais une chose établie, et une chance, et une possibilité de vaincre.
Le statut, la hiérarchie, la moralité, la bienséance, tout avait déjà tellement vacillé que dans le secret de ce bureau, elle décida d'informer l'étudiante sur ce point… délicat.

Elle regarda en face Choho, avec un sourire volontaire, inspira, posa les mains à plat sur son sous-main de cuir vert, et se lança dans l'explication.
« Le Livre m'a désignée, je te l'ai dit, pour présider cette étrange réunion dont personne ne sait rien, sinon qu'elle doit avoir lieu, et, c'est vrai, je n'ai pas fait l'amour avec Youri, ni baisé d'ailleurs. Mais le Livre… nous a donné une piste pour que je sois malgré tout… comment dire ?… concernée par cette question de semence sacrée de ce jeune Minotaure… Et Morgane, ici présente, est la dernière femme qui ait fait l'amour avec Youri, et… elle avait donc en elle…
J'avais en moi le foutre de ce garçon, compléta Morgane en riant doucement. Il avait bien joui en moi, je n'avais rien perdu de cette précieuse liqueur, et Athéna, ici présente, ajouta t-elle en regardant la Directrice avec une ironie très tendre, a pu la goûter sortant de ma chatte toute chaude. Et voilà ! »

Choho se figea et rougit fortement en dévisageant Morgane, puis la Directrice…
La Fée si célèbre et si belle, enceinte, dans son manteau de fourrure, ses longues jambes croisées avec élégance, elle avait une telle classe, était si attirante, qu'elle comprenait que Youri n'avait sans doute même pas cherché à résister…
Et la Directrice, qui la troublait depuis longtemps pour des raisons qu'elle n'avait jamais vraiment cherché à identifier et comprendre, mais qui tenaient de l'attirance sexuelle : elle incarnait l'autorité, pouvait être dure et cassante, mais elle avait une grâce et une sorte d'animalité en arrière-plan qui lui faisait de l'effet, un effet qui désormais apparaissait clairement à son esprit, et la faisait rougir et imaginer ces deux femmes… en train de se lécher et sucer la chatte.
Elle ferma les yeux quelques secondes, ébahie.
Si jamais on lui avait dit il y a quelques heures !… Qu'elle passerait à la casserole, comme disent les Français, dans le bureau de Doubleporte qui allait la fister, la fouetter et l'enculer !
… et chose moins… directe, mais tout aussi folle : si on lui avait annoncé qu'elle se retrouverait dans le bureau d'Athéna et que la Directrice lui ferait des confidences aussi obscènes, elle aurait franchement éclaté de rire en hochant la tête d'un air navré.

McGottadeal, qui observait tranquillement la jeune fille en constatant son trouble délicieux, eut un sourire et interpella la Comte, dans son cadre : « Mon cher Ami, ne devrions-nous pas rejoindre votre bibliothèque ?
— Je pense en effet, très Chère, approuva t-il avec un éclatant sourire, nous pourrons y attendre plus confortablement nos amis, en prévision de cette fameuse réunion… Je vous invite à emprunter à nouveau l'escalier montant si haut qu'on en a souvent le tournis, Mesdames, ajouta le Comte en riant, le regard brillant.

Arrivées dans la Bibliothèque, les trois femmes attendirent quelques instants le fantôme du Comte, qui présenta alors les lieux à Choho, stupéfaite de se trouver brusquement dans ce lieu immense, chaleureux et incroyable, qui n'avait pas d'existence avérée !
Puis le fantôme l'invita à rejoindre Athéna et Morgane dans l'espace du salon, où elle prit place dans un vieux fauteuil confortable, Morgane étant assise aux côtés de la Directrice.

De Cliff fit un geste en souriant et un plateau d'argent ancien vola doucement jusqu'à la grande table basse : le thé était servi !
« Mesdames, sourit-il en les admirant toutes trois tandis qu'elles se servaient un thé vert au jasmin des Îles de Rhéturbor, je suis particulièrement fier et ému de vous voir réunies en ces lieux qui me sont si chers, vous êtes chacune d'une beauté remarquable, vos charmes sont très différents mais c'est… je pourrais dire "ensorcelant" de vous contempler. Cela me donne voyez-vous l'envie d'improviser fort modestement un petit poème pour tenter de chanter vos louanges ! »

Surprises les trois femmes se mirent à rire, Athéna leva les yeux au ciel : « Vous n'êtes pas sérieux ? Allons ?
— On ne peut plus, se mit à rire lui aussi le Comte en se penchant pour la saluer, je suis votre hôte, et quels risques prendrais-je donc à m'improviser ainsi poète de circonstance ? Vous m'inspirez, Mesdames, et il y a centaines d'années que le ridicule ne peut m'atteindre, je me demande même d'ailleurs fort sérieusement s'il m'est arrivé jamais d'y être sensible ? Je crois bien que ma gourmandise de la vie et des autres, surtout bien évidemment des femmes, ces infinis trésors sur mon chemin ante et post-mortem, que cette gourmandise m'a préservé de certains maux et peurs intérieurs.
— Nous n'avons plus qu'à attendre ici, remarqua Morgane en riant, pourquoi ne nous laisserions pas compter fleurette par ce si charmant poète ? De toutes façons, personne ne semble en mesure de l'arrêter de parler ! conclut-elle dans les rires des convives.
— Alors nous sommes vos muses ! lança Choho avec un charmant sourire. Soyez notre barde fantôme ! »
Au milieu des rires charmés, le Comte de Clift s'avance en flottant et regarda l'assistance en souriant, les invitées attentives écoutèrent ses louanges…

« Ce petit poème improvisé car spontané, sera j'espère à la hauteur de cet instant charmant qui nous voit réunis ensemble dans ma chère Bibliothèque maudite… Vous trois avec moi, quel délice !… Mais nous ne sommes d'ailleurs pas quatre, hélas, vous êtes mes trois muses mais je suis si transparent… D'ailleurs le poème pourrait s'intituler… « Trois et demi »
Il sourit et prit quelques secondes, et sa respiration, avant de se lancer, déclamant d'une voix douce et lente :

« Vous êtes là et si j'étais sachez-le vivant,
Mesdames, et pourvu de ma vigueur ancienne,
Le masque d'autorité si souvent sévère
Et craint de Directrice laisserait la place
Aux chaleurs indomptées de ce visage brûlant
Qui est celui de l'amante celui de la chienne,
De la belle Athéna (si peu l'ont découvert,)
Vivant j'oserai dans vos bras toutes les audaces
Goûtant aux délices de coquillage par devant
Par derrière vos fesses tendues les faire miennes
Nous jouirions de tout cela si fortement ma Chère,
Et vous la Fée Morgane, comment rester de glace
Votre allure, vos yeux de feu si dévorants
Si je pouvais caresser ces courbes de Reine
Il n'y aurait pas d'amant plus comblé sur cette Terre,
Mais hélas je suis un fantôme quoi que je fasse,
Même face à toi Choho, qui me rend si ardent
Moi qui rêverais si fort que sur moi tu viennes
T'empaler Choho, qu'au fond de toi tu me serres !
Mais ces idées il faut Mesdames que je les chasse,
Que je me contente hélas d'être un spectre charmant
Qui fantasme et vous imagine être ses chiennes…
Mais c'est tellement mieux que retourner au cimetière ! »


Toutes trois se mirent à rire et applaudir le fantasque Comte de Clift, qui salua son assistance avec élégance, un large sourire sur son visage impalpable, il était heureux de faire sa cour à ces femmes intouchables, imprenables et pourtant sous le charme…
« Vous savez… commença Choho à l'adresse du fantôme, en rougissant légèrement.
— Dîtes-moi, ma jeune amie ?
— … Vous êtes le plus brillant mais hélas le plus inacessible des obsédés, mon Cher Comte.
— Et vous êtes quant à vous l'une des plus jolies, charmantes et excitantes élèves de l'école, et je n'exagère pas, Miss : je passe beaucoup de temps à me régaler, à… disons le mot : mater les filles, c'est pour cela d'ailleurs que depuis des centaines d'années j'hante cet établissement… plutôt par exemple que le Parlement de Londres, ou un Manoir écossais plein de moisissures… J'admire, je mate, oui, et quasiment depuis votre arrivée en première année (quoiqu'alors vous étiez un peu jeune, et bien que ne craignant pas la prison, je respecte les enfants) vous figurez au sommet de mon palmarès affreusement sexiste des élèves les plus bandantes de Bootbakon !
— J'en suis très… comment dire ?… honorée. » sourit-elle.

Morgane se pencha alors en avant vers elle en plantant ses yeux gris-bleus dans ceux très noirs de l'étudiante :
« Puisque nous sommes… entre nous, en bonne compagnie dans ce lieu incertain, et à l'abri des yeux et oreilles indiscrets… Je peux te poser une question, Choho ?
— Oh oui bien sûr !
— As-tu déjà eu une aventure avec une fille, ou une femme ? As-tu essayé cela ?
— … Oh… hésita la jeune fille, troublée. Éh bien… Je n'ose pas trop l'avouer ici…
— Oui ? Tu peux nous confier cela, je crois, non ? remarqua Morgane avec un petit rire complice.
— En fait… J'ai découvert cela… à l'école, dans mon dortoir, expliqua t-elle en n'osant pas regarder la Directrice. Une camarade… je tairai son nom… est venue me rejoindre dans mon lit, l'an dernier, avant Noël, il y avait de l'orage, et… elle avait peur, et froid, elle tremblait et m'a demandé si elle pouvait venir avec moi…
— Ah oui ? intervint Mac Gottadeal en levant un sourcil, amusée. Et que s'est-il passé… ? »
Choho lui jeta un coup d'œil pour évaluer les risques de pousser la confidence, mais ces instants, ces lieux, ces femmes, ce fantôme, tout était tellement particulier !

« Raconte-nous cela, chuchota le Comte.
— Elle s'est blottie contre moi, elle sentait bon, on se parlait en chuchotant pour ne pas réveiller les deux autres, et puis… sa peau chaude sous sa chemise de nuit, son souffle dans mon cou… Voilà quoi. Mon désir est monté terriblement vite, je n'osais pas faire le premier pas, mais j'avais chaud, je la serrais contre moi, et puis… je lui caressais le dos très lentement, comme quelque chose d'instinctif, de naturel, et elle faisait pareil, et puis ma main… sous la couette… est descendue sur ses fesses, sans oser bouger au début, et puis j'ai appuyé, serré peu à peu mes doigts, je sentais que je commençais à mouiller, et… Et elle m'a embrassé dans le cou, lentement. Alors… »
Choho hésita et leva les yeux vers la Directrice dont le regard brillait.
— Continue.
— Alors, poursuivit-elle en la fixant, j'ai caressé ses fesses, et elle a pris mon sein gauche dans sa main, et nous avons ouvert toutes les vannes, levé toutes les barrières, sans faire de bruit, mais comme… des affamées, c'était… urgent et délicieux. Je me caresse souvent en y repensant. J'ai relevé sa chemise de nuit, et glissé ma main dans sa culotte pour caresser ses fesses, et puis… glisser mes doigts entre ses fesses, entre ses cuisses, elle se cambrait et mouillait et pendant ce temps, elle avait déboutonné ma chemise de nuit et mordillait, léchait mes seins, elle… elle ne pensait plus du tout à l'orage !
— Tu me fais mouiller, remarqua Morgane d'une voix douce. Continue.
— Oh ?… Éh bien, heu… Je ne savais pas si elle était vierge, mais j'ai passé ma main par devant et j'ai caressé son clitoris, elle adorait ça et essayait de ne pas gémir… j'ai astiqué son clito, elle frémissait de partout et oubliait de s'occuper de moi, mais je me sentais si bien à chercher son plaisir, c'était une si belle, si forte découverte, en secret cette nuit-là, à l'école, toutes les deux enlacées… ! D'ailleurs…
— Oui ? demanda la Directrice.
— Éh bien, poursuivit Choho avec un petit rire joyeux, elle a joui si fort, en poussant une sorte de… gémissement de gorge, elle avait sa main plaquée sur sa bouche pour ne pas crier, elle a joui si fort qu'elle s'est effondrée contre moi, dans mes bras, et elle s'est endormie ! Au petit matin, avant l'aube, elle s'est réveillée et a rejoint son lit. Je n'ai pas joui cette nuit-là… Mais c'était si fort malgré tout, que j'étais heureuse, émue, plus que cela : bouleversée !
— Oh je comprends, murmura Morgane en souriant. Et ça a été la seule fois ?
— Oh… non, plusieurs nuits ensemble… Et elle s'occupait de moi très bien… Et même une fois, dans la douche de notre dortoir, nous nous sommes léchées… »

Morgane ouvrit son manteau, passa une jambe par-dessus l'accoudoir du canapé, et l'étudiante vit son sexe, sa fente, qui était effectivement humide, il brillait, qu'elle écarta de ses doigts en la dévisageant, le regard brillant et brûlant.
Assise à ses côtés, la Directrice, elle, se tenait très correctement, mais avait les joues rouges.
Ainsi vautrée dans son canapé anglais, nue sur son manteau ouvert, son manteau de fourrure de louve, et jambes écartées devant elle, la Fée Morgane (oui : celle de la Table ronde et des légendes Arthurienne) lui lança : « Continue, tu vas me faire jouir.
— La fille… s'appelle Marvila, précisa Choho, plus troublée que jamais, en jetant un coup d'œil à MacGottadeal, qui lui fit un signe de tête pour la rassurer : ça resterait dans le secret de cette bibliothèque. Elle est blonde, petite, avec des petites seins ronds adorables, et un joli cul, elle a des cheveux blonds tout frisés, des petites tâches de rousseur, une vraie petite poupée craquante… On s'était caressées plusieurs nuits, c'était torride… Et un matin, nous n'avions pas cours, et les deux autres filles du dortoir nous ont dit qu'elles allaient à un cours optionnel, de Musicomancie je crois. Avec Marvila, on s'est regardées, on a eu la même envie ! On a presque couru au dortoir, on a fermé la porte, on s'est embrassées en commençant à se déshabiller… Et j'ai dit à Marvila que je voulais prendre une petite douche, avant, j'avais eu chaud… et puis j'ai foncé toute nue, j'ai commencé à prendre ma douche rapidement, et… elle est arrivée dans la salle de bain, toute nue elle aussi, et elle m'a rejointe. On s'est embrassées sous l'eau chaude, c'était merveilleux, on avait tellement envie ! Et je me suis mise accroupie, continua Choho en regardant les doigts de Morgane qui branlaient son clitoris, j'ai écarté les lèvres de sa petite chatte de poupée et je l'ai caressée, et j'ai commencé à la lécher, son goût… le goût de sa chatte, je ne l'oublierai jamais… elle gémissait, serrait ma tête entre ses mains crispées… »

Tandis qu'elle parlait et racontait, le Comte pour une fois silencieux, ne faisant aucune remarque ou plaisanterie, flottait tout autour lentement, sans en perdre une miette.
Et Athéna se leva, quitta le canapé où Morgane se branlait d'une main le clitoris, et de l'autre main se doigtait, et s'approcha.
« … Marvila a joui très vite, et fort : elle… c'est comme si elle suffoquait, ça m'a surpris, sa jouissance était plus forte, intense… qu'avec mes doigts… »

Debout près du fauteuil de l'étudiante, Athéna se pencha et tenant son menton, l'embrassa à pleine bouche, Choho fut électrisée par ce baiser, secouée de frissons quand elle sentit la langue de la Directrice entrer dans sa bouche entrouverte et chercher sa langue, et fermant les yeux, étourdie, elle sursauta quand Athéna s'empara de son sein gauche à travers son pull fin, d'une main douce et ferme.

Et tout lui sembla aller très vite, sans comprendre comment, elle se retrouva le pull par-dessus les seins, son joli soutien-gorge noir rabattu en dessous, et la Directrice en train de lui mordiller les tétons, elle se cabra et eut un cri de surprise quand les doigts d'Athéna se glissèrent en elle, dans sa culotte, avec cette même étonnante fermeté pleine de douceur : nulle brutalité, mais pas le choix, aucune possibilité putain de faire autrement, Athéna MacGottadeal disposait d'elle et faisait ce qu'elle voulait, et elle voulait beaucoup, très vite, très profond !
Choho étouffa un cri, oui, les doigts allaient profond, pistonnaient son vagin déjà mis à rude épreuve tout à l'heure avec Calculus (couple infernal, ces deux-là !) les mains crispées sur les accoudoirs du fauteuil elle aurait voulu caresser les cheveux de la Directrice en train de lui bouffer les nichons, mais n'osait pas…

Choho avait le vertige, et se rendit compte soudain que bon sang, Morgane venait de s'installer à genoux devant elle au pied du fauteuil, et qu'elle se penchait entre ses jambes, et la langue dure et mouillée prit la place des doigts d'Athéna qui lui aspirait les tétons, elle se mit à jouir, perdit pied dans un cri épuisé, elle était en sueur à l'abandon dans ce fauteuil, le Comte se tenait immobile à côté et se rinçait l'œil sans retenue, et ça aussi, ça la faisait jouir : tout, TOUT, était anormal, excitant, sans limite, jouissif, excessif, fabuleux et scandaleux, en dehors de toute moral, de toutes les habitudes, en dehors de toute logique, et elle jouissait comme une fooooOOoolle !!

(À suivre…)

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#69 nico2607

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Posté 28-08-2018 - 06:26

ils vont nous la tuer cette pauvre choho a la faire jouir comme ça....
encore un tres bon moment de lecture, merci

#70 OlivX

OlivX

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Posté 30-08-2018 - 15:48

Ce nouvel épisode est délicieux, un petit régal. J'adore ce Comte  fantôme à l'esprit si vivant !

#71 Riga

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Posté 30-08-2018 - 18:50

Voir le messageOlivX, le 30-08-2018 - 15:48, dit :

Ce nouvel épisode est délicieux, un petit régal. J'adore ce Comte  fantôme à l'esprit si vivant !

C'est gentil, et un bel encouragement pour terminer cette saga fleuve !

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