Voissa.com, source d'épanouissement sexuel depuis 1999

Pour faire des rencontres Logo MyVoissa

Participez au concours des Super Héros de Voissa - Infos & participations

Aller au contenu

Histoire courte 9


  • Veuillez vous connecter pour répondre
34 réponses à ce sujet

#1 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 06-11-2011 - 03:15

Juillet 1925
Louis-César Guillaunat pilotait son Hispano-Suiza avec hardiesse, à vitesse élevée, sur les routes de campagne le long de la Loire qui miroitait au soleil.
Parti tôt de Paris, il avait fait une halte à Orléans, et filait maintenant grand train vers Beaugency. Sur son passage, les gens se retournaient et admiraient la grosse automobile verte pilotée par cet officier dont on parvenait parfois à reconnaître l'uniforme de l'aviation militaire et même les galons de lieutenant-colonel, pour les connaisseurs.
Louis-César était un as de la Grande Guerre qui s'était terminée sept années auparavant.
Il avait combattu dans l'escadrille N3-Spa3 aux côtés de Guynemer et de ses Vieux Charles, avec Broteaux et Heurcart, il avait volé avec les meilleurs, et remporté aux commandes de tout un tas d'avions différents douze victoires homologuées, et sept « probables », mais lui savait que les avions allemands en question étaient bien allés au tapis.
Las, ce n'était pas le principal… Au contraire de son capitaine Guynemer, il s'en était sorti vivant, malgré trois missions dont il n'était pas rentré, et différents accidents, un incendie et des gros pépins mécaniques qui auraient pu, dû, être fatals, et qu'il n'oublierait jamais.

Il prit le vieux pont immense sous le soleil d'été, tout respirait le bonheur, il allait rendre visite à la famille du Général de Lyla, son ami parti trop tôt, passer quelques jours en leur compagnie, dans la douceur ligérienne, avant de repartir dans le tumulte parisien, et peut-être devoir s'envoler pour le Maroc.
Il n'avait pas franchement envie de partir combattre là-bas, à dire vrai, sa gloire datait de la Grande Guerre, et ce conflit nord-africain lui apparaissait répondre à des motifs obscurs.
Mais surtout, Louis-César était un ami de Liautey depuis leur rencontre durant la brève période où il avait ministre de et pendant la guerre, il était Lorrain comme lui, et le vieux Maréchal venait justement de rentrer du Maroc, avec les honneurs et une immense amertume.
Ils avaient longuement discuté lors d'une rencontre qu'il lui avait accordée, et ce que le Maréchal lui avait raconté à ce sujet, sur l'emploi des gazs de combat, sur les légions espagnoles et leurs méthodes, l'avait beaucoup troublé.
Liautey avait dû laisser la place au vainqueur de la guerre, Pétain, c'était maintenant un vieil homme meurtri, ses rêves de grandeur s'étaient achevés dans le désaveu, et Louis-César en voulait au gouvernement, à la politique internationale et ses méandres nauséabonds, qui avaient défaits en fin de parcours un visionnaire comme Liautey, car c'était ainsi qu'il le voyait.
Il se disait que s'il le fallait, il allait peut-être demander sa retraite pour ne pas partir combattre au Nord-Maroc. Il y avait trop d'enjeux secrets à ses yeux pour s'engager dans ce conflit.

Louis-César laissa de côté ses sombres pensées en arrivant au détour de la ruelle où se trouvait le portail de la propriété charmante des de Lyla. Il s'arrêta, laissa tourner le moteur de son cabriolet, et ouvrit le portail, ému d'être là à nouveau, admirant les rosiers, la treille.
La bonne sortit bientôt sur le perron tandis qu'ayant rentré son automobile, il refermait le portail.
Il vit également apparaître Mme de Lyla, veuve du Général, et leur fille Agathe, toutes souriaient, ravies de revoir l'aviateur.
Descendu de son cabriolet devant la maison, il ôta son képi qu'il mit sous son bras gauche et en homme du monde s'inclina respectueusement devant elles trois, avant d'honorer la femme et la jeune fille d'un baise-main, tandis que la bonne se dirigeait vers l'arrière de l'Hispano.
Mais en souriant il prit lui-même sa petite valise, il n'était pas homme à laisser faire aux femmes ce qu'il pouvait faire lui-même, fussent-elles là pour cela.

Ils rejoignirent la fraîcheur du hall d'entrée, discutant et plaisantant, et la bonne monta la valise du Lieutenant-colonel dans sa chambre.
Puis Louis-César prit avec Mme de Lyla et sa fille une orangeade dans le jardin, sur la terrasse derrière la demeure, en échangeant avec elles les dernières nouvelles de Paris, de l'état-major, de la base aérienne et des amis communs.
Puis Hortense de Lyla lui dit qu'il pouvait s'il le souhaitait aller se reposer un peu de son voyage ou se changer avant le déjeuner.
Louis-César accepta, il voulait quitter son uniforme et passer une autre tenue, et salua la mère et la fille, puis monta tranquillement les escaliers, heureux d'être en vacances pour quelques jours bien mérités, et goûtant les charmes et la douceur de cette maison qu'il affectionnait.

Il retrouva la chambre d'ami baignée de soleil, la lumière passait au travers des voilages, il ouvrit sa valise, on toqua à la porte discrètement.
La bonne apparut, un peu rougissante : « Tout va bien, Monsieur ? Avez-vous besoin de quelque chose ? »
C'était une jeune femme aux cheveux roux, assurément une jolie fille bien faite, avec un beau sourire et des yeux tendres.
Elle était dans la maison depuis quelques années, après le décès du Général de Lyla, et elle s'entendait tout à fait bien avec Madame de Lyla et Agathe.

« Oui, tout va bien, Jeanne, je vous remercie. Et… Oui, si vous avez quelques minutes… »
C'était la phrase qu'il avait dite la première fois.

Le cœur battant et plus rougissante que jamais, la jeune femme ferma doucement la porte, mit le loquet et sous le regard attentif de Louis-César qui ne laissa, au contraire d'elle, ne transparaître aucune émotion particulière, elle vint vers le lit, où elle s'assit en remontant ses jupes et jupons sous lesquels elle n'avait rien que des grandes chaussettes noires montant au-dessus du genou, elle savait que l'aviateur venait et n'avait aucun autre sous-vêtement.
Elle ouvrit les cuisses tandis qu'il s'agenouillait sur la descente de lit.
Ce matin à l'aube avant de prendre son service, Jeanne avait pris un soin ému à se laver soigneusement pour lui plaire et être à son goût.
Elle sentait le chèvrefeuille et le sexe de rousse excitée, Louis-César délicatement embrassa sa vulve, elle se retint de gémir, mais elle ne put résister quand de ses pouces l'aviateur écarta doucement ses lèvres mouillés.
C'était arrivé un beau matin, la première fois, ils avaient aimablement discuté, et sous le charme la jeune femme avait soudain rougi, ça avait été comme un basculement, Louis-César avait sans un mot mit le loquet à la porte, puis lui avait demandé de s'asseoir sur le lit, avait soulevé ses jupes et retiré en silence sa culotte de coton et à la stupéfaction bouleversée de Jeanne, il lui avait prodigué de longues et délicieuses caresses de la bouche, de la langue, des doigts.

Rien de plus : à chaque fois qu'il venait, c'était ce qu'il lui offrait, n'avait curieusement jamais rien demandé de sa part, aucune réciprocité, ils n'avaient jamais fait l'amour, en tout cas pas d'une autre façon… car pour la jeune femme, il lui faisait l'amour, elle adorait absolument, et son fiancé Gaston n'avait lui jamais même eu l'idée de cette chose-là, ce qui l'aurait sans doute dégoûté, qu'il était fruste le pauvre à côté de cet aviateur silencieux, caressant, qui la faisait exploser de jouissance sans rien donner de lui, elle n'avait même jamais vu son sexe, et il semblait s'en contenter, du moins avec elle…
S'il avait voulu depuis tout ce temps, il aurait pu pourtant obtenir d'elle ce qu'il voulait !
Jeanne ferma les yeux, les mains crispées sur le dessus de lit, prise de vertiges sensuels, son cœur battait la chamade, elle aurait voulu que cela dure mais… c'était trop affolant, trop excitant, elle se crispa brusquement et se mit à jouir, une main ouverte sur sa bouche pour s'imposer le silence alors que tout son corps frissonnait des spasmes de son plaisir, alors que par des petits roulements de bassin elle appuyait son sexe offert contre le visage de son délicieux et étrange amant.

La respiration chahutée, les joues rouges, Jeanne regarda le bel officier qui cessa doucement ses caresses, le bas du visage et la moustache luisants de sa mouille : « Oh Seigneur, que c'est bon Monsieur, je suis tellement… heureuse, murmura t-elle avec un regard vague et un beau sourire, les joues écarlates. C'était divin, j'ai tellement attendu cela ! »
Il se releva avec un sourire poli mais une certaine désapprobation, pour ne pas dire une sévérité dans les yeux :
« Allons mon Petit, je vous en prie, pas de sentiments ni d'épanchements de ce genre, ce n'est vraiment pas la peine.
— Oui, je suis désolée, bredouilla t-elle en se relevant et en rabattant ses jupes qu'elle lissa de la main, je suis… un peu… comment dire…
— Émotive, décréta Louis-César, je sais cela, mais vous ne devriez pas.
— Effectivement. Puis-je disposer, Monsieur, avez-vous besoin de quelque chose ?
— Non, Jeanne, je vous remercie. Je me change et je descends rejoindre ces dames. »
D'une démarche pas vraiment assurée, la femme de chambre gagna la porte qu'elle déverrouilla sans bruit, risqua un sourire et un semblant de révérence vers lui et quitta la chambre.
Jeanne n'était pas triste : elle savait qu'elle aurait droit à d'autres jouissances pendant le séjour de l'aviateur, et s'en faisait une joie d'avance.

Il se lava soigneusement le visage, ôta son uniforme qu'il suspendit dans l'armoire, mit une chemise blanche aux manches légèrement bouffantes comme son tailleur lui avait dit que c'était la mode à Londres, et un costume d'été en serge ivoire, avec des souliers bicolores qui lui étaient arrivés d'Italie.
Il descendit avec des livres anciens qu'il avait trouvé pour ses hôtesses et qu'il leur offrit dans un bel emballage de papier de soie : un exemplaire de 1851 des Orationes de Caton l'Ancien pour Hortense, et un recueil de poèmes de John Milton datant de 1865 pour Agathe.
Les deux femmes furent absolument ravies, elles adoraient les livres anciens et lisaient toutes deux énormément.

Ils passèrent à table sur la terrasse faisant face au jardin, et Jeanne servit le déjeuner, une belle salade de betterave persillée, puis un sauté de veau fondant aux petites pommes de terre. Le vin venait de l'excellente cave du Général.
Ce repas délicieux était l'œuvre de Jeanne, qui officiait également dans la maison comme cuisinière : Mme de Lyla aurait eu les moyens sans doute de s'offrir les services d'une cuisinière, mais Jeanne avait un vrai talent et s'acquittait de cette charge avec joie et un réel talent, imaginant et préparant les menus dès les premières heures du jour, faisant toutes les courses aux heures où ses deux patronnes n'avaient pas besoin d'elle…
Être la cuisinière de la famille lui permettait aussi d'avoir des journées très variées, ce qui correspondait à bien son caractère curieux et inventif.

Pour le dessert, elle servit une tarte aux pommes et aux amandes encore chaude, et rougit de plaisir quand Louis-César la félicita, sincèrement admiratif.

Hortense, Agathe et leur invité devisèrent gaiement sous le soleil d'été et prirent vraiment leur temps pour boire leur café, et en reboire un, Louis-César offrit aux deux femmes des cigarettes anglaises dans un porte-cigarette en argent décoré du blason de la Cigogne de son escadrille, et au bout d'un long moment, Mme de Lyla annonça qu'elle allait se reposer :
« La chaleur du soleil, alliée à celle du vin et de notre conversation… C'est décidément beaucoup pour moi d'un seul coup ! » plaisanta t-elle.
Elle salua son invité, sa fille, et gagna la maison en souriant : c'était une belle après-midi, vraiment.

Agathe souriait elle aussi, ils poursuivirent la discussion un moment, puis la jeune fille annonça qu'elle allait elle aussi se reposer, si leur invité le permettait. « Faîtes, faîtes… » approuva t-il.
Agathe de Lyla était une jeune fille menue, au regard bleu intense comme celui qu'avait son père pendant la guerre quand il veillait la nuit, lui l'officier supérieur, pour accueillir les aviateurs qui rentraient de mission au dessus de l'Aisne, de l'Argonne, de la Champagne…
Un regard fiévreux, un grand nez, on pouvait le dire, qui lui donnait beaucoup de charme, comme l'ampleur de sa chevelure frisée, blonde comme les blés.
Elle se leva, salua d'un petit geste de la main et entra dans la maison.

Louis-César, seul désormais, fuma tranquillement une autre Craven, puis lui aussi regagna la maison. Il monta à l'étage, et dans le couloir marcha sans bruit, dépassa sa chambre, frappa discrètement à une porte, la poussa, la referma derrière lui, poussa le loquet.
« Oh, j'attendais ce moment… murmura Agathe, les yeux brillants. Je suis… à toi. »
Comme les autres fois, elle était en combinaison de soie, couleur lila cette fois-ci, comme son nom de famille, elle avait de jolis petits seins qui pointaient, mais elle se tourna, se baissa et allongea son buste sur la table en merisier de sa chambre, qu'elle avait dégagée, et elle attendit, le souffle court, sentit approcher Louis-César, frissonna quand elle sentit ses mains remonter délicatement le long de ses cuisses pour relever sa combinaison, qu'il rabattit finalement au-dessus de ses fesses.
L'homme s'accroupit derrière elle, massa langoureusement ses fesses, comme il le faisait à chaque fois, les écarta, les malaxa tendrement, Agathe se mordilla le dessus de la main et ferma les yeux, parcourue de frissons sensuels, anticipant ce qui allait advenir.
Elle résista à l'envie de crier quand elle sentit le souffle chaud de son haleine entre ses fesses, et sa langue, mon Dieu, sa langue, qui mouilla de salive son petit anus si sensible, le pénétra un peu, le détendit, puis ce fut un doigt de son amant qui s'introduisit en elle lentement, un deuxième, la fièvre était là, en elle la chaleur, elle geignit doucement, son amant se releva, il continua à la préparer de ses doigts, mais elle savait ce qu'il faisait en ces instants : il nappait son membre fin, large, de pommade dont elle avait disposé un petit pot sur le côté de la table, il chauffait la pommade en se massant le sexe, puis il appuya son gland contre son anus, poussa lentement…

C'était ainsi qu'ils s'aimaient depuis la première fois, ainsi qu'il lui avait dit qu'il fallait qu'ils fissent ensemble, car elle était vierge, mais elle brûlait de désir. Il la prenait ainsi, avec beaucoup de délicatesse, toujours, elle ressentait le meilleur, les plus fortes sensations.
Son gland lubrifié passa la barrière de ses muscles qu'elle s'efforça de détendre, et pendant quelques longues minutes il la pénétra lentement, jusqu'à ce qu'il soit complètement en elle, cette possession la rendait folle de bonheur, elle y pensait si souvent.
Enfin il fut en elle, à elle, les mains bien à plat sur la table en merisier elle retenait son souffle, transpercée, comblée de la virilité brûlante de celui qui a ce moment n'était que son invité à elle.
Il se retira un peu, puis l'enfila à nouveau, commença le branle, une vague régulière de chaleur, et au bout de quelques minutes il se pencha sur le côté comme elle aima le deviner, sa main gauche descendit le long de sa fesse gauche tandis que sa main droite écartait sa fesse droite, et il commença à caresser son sexe délaissé, en dessous, elle sentit ses doigts patients explorer ses lèvres déjà humectées de plaisir, il descendit encore jusqu'à l'épicentre nerveux de son clitoris, oui, elle mordit plus fort sa main, oui, c'était grâce à lui qu'elle avait appris que là, dans ce repli minuscule, se situaient toutes les merveilles de son plaisir, une petite bille secrète de chair qui se gonflait peu à peu, qu'elle adorait frotter, caresser, quand elle voulait se donner de la joie en pensant toujours à lui, à leurs séances silencieuses et secrètes, à son sexe qui l'enfilait par derrière.

C'était comme à chaque fois une tempête croissante de sensations fortes, elle était prise, envahie par la possession forte, tendue, cadencée, et aussi électrisée par en-dessous avec minutie, sur un autre rythme du bout des doigts, sa tête faisait des voltiges aériennes et elle devait faire un effort violent pour ne pas crier… son… plaisir, son plaisir son plaisir, qui soudain emporta tout son corps.
Le buste plaqué sur la table elle se cambra violemment, Louis-césar attrapa ses fesses des deux mains et accéléra pour la rejoindre, mais son orgasme à elle précéda le sien de quelques minutes, et le rythme croissant de ses va-et-vients pour en finir fut pour elle qui avait joui comme un vertige prolongé, multipliant et diluant, étirant ses spasmes en longueur.
Et puis il donna un coup fameux et se laissa aller au choc, il grogna sourdement et elle put sentir en elle, au plus profond, au plus secret du plus intime qu'elle pouvait offrir, que son amant jouissait, fort, qu'il déversait enfin son plaisir par à-coups, la conclusion explosive de toute son excitation, et la bouche crispée dans un sourire sensuel, elle profita de ce cadeau jusqu'à la lie.

Ils restèrent ainsi abîmés dans les limbes du plaisir, et elle murmura :
« Oh mon Chéri, c'était si fort, j'aime tellement cela, c'est tout simplement bouleversant…
— Agathe, s'il te plaît… Ne nous laissons pas aller aux sentiments, à ce tremblement de faiblesse… de faiblesse de l'âme, qui soumet la raison…
— Oui, je sais, murmura t-elle dans un souffle, je suis désolée. »
Puis il se retira lentement, elle resta immobile, indécente et offerte, sentant couler soudain entre ses fesses un peu du fruit sans doute souillé de son plaisir, il eut un geste d'une grande douceur pour essuyer ce débordement de son mouchoir, lentement, elle en eut des frissons.
Il baissa sa combinaison, elle se redressa finalement, à regret, le regard comme ivre, des cernes de plaisir sous ses beaux yeux, elle voulut lui dire à quel point elle était heureuse mais préféra se taire, il se tenait face à elle, silencieux, et la dévisageait pensivement, Agathe se contenta de lui offrir le sourire d'une fille de dix-neuf ans qui savait qu'elle vivait ce que beaucoup de femmes ne supposait même pas de toute leur vie.

Ils restèrent immobiles, face à face, et puis elle lui demanda une cigarette, ils fumèrent en silence et il fit un signe de tête, un sourire, et quitta la chambre d'Agathe.

Il dormit un peu, et après le thé, la fin d'après-midi fut consacrée à une promenade à pied avec ses amies au bord de la Loire dans le soleil d'été, d'autres conversations, des rires. Ils rentrèrent à la maison, et il y eut le dîner, qui s'étira en longueur lui aussi.

Vers minuit, Louis-César frappa doucement à la porte d'Hortense, qui l'attendait, impatiente et lascive.
Il entra dans le noir, poussa le loquet.
Ils ne s'aimaient jamais que la nuit, jamais que dans l'obscurité, car avec elle, il se déshabillait, et elle ne risquait pas dans le noir de voir ses brûlures de guerre sur le torse, les hanches, le dos, comme une éclaboussure rose et violette, flaque infâme et éternelle qui lui dévorait le corps, sa peau étaient par endroits bizarrement durcie, et même sa verge était striée à la base de cette langue de feu indélébile.

Mais les caresses d'Hortense avaient tout de suite, dès la première nuit, deviné ce qu'il voulait cacher à ses maîtresses, la première nuit qu'ils n'oublieraient jamais, car tous deux pensaient à celui qui était mort, tous deux frissonnaient de honte et de plaisir mêlés, ils avaient commis la joie sacrilège de célébrer la vie en illustrant l'absence.
Hortense, dans la pénombre presque complète, le suça longuement tandis qu'il caressait ses cheveux défaits, épais, elle avala son plaisir, et le reste de la nuit fut une dérive émouvante et jouissive, ponctuellement volcanique, où Hortense dans le noir n'eut pas à être mère ou veuve, seulement femme, parfois enflammée comme une garce affamée, à quatre pattes ou le chevauchant sans retenue, parfois offerte comme une déesse de l'antiquité, et toujours abandonnée à celui qu'elle aimait et qui la combla plusieurs fois, passionnément.
Elle savait devoir ne pas dire, jamais, qu'elle l'aimait, elle avait compris cela.
Pourtant c'était le cas.

Sans doute était-ce mieux ainsi, se dit-elle en observant le bout orangé de sa cigarette incandescente dans le noir. De cette façon, il n'avait pas à s'abandonner, il se maintenait à distance, à vif, même s'il était évident qu'un jour ils se marieraient sans doute.
Mais elle savait qu'avant, Agathe devait se trouver un mari et quitter la maison, après quoi hélas elle changerait de bonne pour en prendre une vraiment vieille ou une très moche, afin de l'avoir pour elle toute seule, son aviateur.




Histoire courte 1
Histoire courte 2
Histoire courte 3
Histoire courte 4
Histoire courte 5
Histoire courte 6
Histoire courte 7
Histoire courte 8

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#2 Lutineuse

Lutineuse

    Fantôme

  • Voissanautes
  • 5 093 messages
  • Membre depuis : 18-07-2011
  • Sexe : Femme
  • Localisation:Sud-ouest

Posté 06-11-2011 - 04:49

Histoire très troublante et pleine de sensibilité de celle de cet homme fier, conquérant et sûr de lui mais qui cache en fait une âme et un corps meurtris.

Hortense a très bien compris sa pudeur, mais aussi son besoin de se rassurer au travers de la séduction. Serait elle la seule protagoniste de cette histoire à vraiment comprendre Louis-César?

Trois femmes amoureuses du même homme, mais il y en a deux de trop, c'est la plus intelligente que le gardera!



Une fois de plus, tu as su m'embarquer dans ton monde à chaque fois différent, mais qui explore toujours avec subtilité les tourments de l'âme humaine. :heart:
On préfère la jouissance à la vérité (Jacques Lacan)

Pour les amateurs de lecture, mon dernier texte : http://communaute.vo...e/#entry3127266 Secrétaire particulière  
Pas de photos, mais une compilation de mes textes sur mon blog "les lutineries de Lutineuse"



Désolée pour vous, mais je ne fais jamais de cam, j'ai horreur de ça! De plus, je ne suis ni un objet sexuel, ni un morceau de viande alors messieurs les baiseurs, merci de passer votre chemin!

Tomber, se relever; tomber, se relever; tomber encore et se relever encore. Pleurer un bon coup pour évacuer les tensions, mais ne jamais rien lâcher. La roue finira bien par tourner un jour...

#3 Hannabella

Hannabella

    Membre

  • Voissanautes
  • 596 messages
  • Membre depuis : 25-08-2010
  • Sexe : Femme

Posté 06-11-2011 - 10:39

Ton histoire m' a d'autant plus émue que j'ai un arrière grand oncle qui a servi avec Lyautey au Maroc, oh à un niveau très subalterne, mais j'en ai un peu entendu parler dans mon enfance, et qu'en outre j'ai quelques attaches dans cette belle région du Val de Loire.

Encore une fois un texte merveilleusement écrit, bien documenté, jusque dans les moindres détails. Moi aussi je me suis laissée emporter dans cette aventure, au côté de ce personnage troublant, et bien de son époque, veillant à ce que chacun, ou plutôt chacune, reste bien à sa place.

Trois amoureuses, un amant auréolé de gloire, mais finalement sans doute assez fragile, usant et mésusant de sa séduction, de sa force, de sa capacité à satisfaire des appétits féminins qui après l'hécatombe en hommes des années de guerre ne peuvent que se réveiller.

L'érotime puissant mis au service d'une approche psychologique très fine. Décidément, tu réussis dans tous les genres.

Un détail magnifique, tiens , j'allais oublier: "sa tête faisait des voltiges aériennes"

Modifié par Hannabella, 06-11-2011 - 10:44.


#4 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 06-11-2011 - 11:10

Waouw.
:rolleyes:
Vos lectures attentives, vos commentaires riches qui touchent juste, cela me fait d'autant plus plaisir que je marchais sur des œufs, comme on dit, avec cette histoire, j'ai particulièrement travaillé cela, craignant que l'équilibre n'y soit pas et que l'on ne comprenne pas… Ou plutôt que l'on ne retienne de lui, et d'elles, qu'une caricature générale*.

Mais ce que vous dîtes avec l'œil acéré et votre belle sensibilité de lectrices fait plus que de me rassurer : cela me porte !
:heart:

Quant à l'aspect historique, géographique et militaire, il trouve son origine dans ma propre histoire familiale, dans mes racines, une des raisons qui ont fait que j'ai travaillé cela avec soin, et aussi quelques doutes.
:clindoeil:



* C'est sûr que la présence d'une femme de chambre complique un peu la mise en œuvre des intentions de nuances, si je puis dire ainsi, surtout depuis le Sofitel** de New-York…

** Je n'aimerais pas être directeur de communication de cette chaîne d'hôtel, ou de celle du Carlton.
:largesmile:

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#5 Porn-Addict

Porn-Addict

    Membre

  • Voissanautes
  • 42 messages
  • Membre depuis : 28-08-2011
  • Sexe : Homme

Posté 06-11-2011 - 14:05

Il est trop fort cet aviateur, il arrive a faire sauté les 3 loquets avec une technique sexuelle différente a chaque serrure si je puis dire. très belle histoire encore une fois.  :hi:
Porn-Addict

#6 Hannabella

Hannabella

    Membre

  • Voissanautes
  • 596 messages
  • Membre depuis : 25-08-2010
  • Sexe : Femme

Posté 06-11-2011 - 14:37

Voir le messageRiga, le 06-11-2011 - 11:10, dit :

Waouw.
:rolleyes:
Vos lectures attentives, vos commentaires riches qui touchent juste, cela me fait d'autant plus plaisir que je marchais sur des œufs, comme on dit, avec cette histoire, j'ai particulièrement travaillé cela, craignant que l'équilibre n'y soit pas et que l'on ne comprenne pas… Ou plutôt que l'on ne retienne de lui, et d'elles, qu'une caricature générale*.

Mais ce que vous dîtes avec l'œil acéré et votre belle sensibilité de lectrices fait plus que de me rassurer : cela me porte !
:heart:

Quant à l'aspect historique, géographique et militaire, il trouve son origine dans ma propre histoire familiale, dans mes racines, une des raisons qui ont fait que j'ai travaillé cela avec soin, et aussi quelques doutes.
:clindoeil:



* C'est sûr que la présence d'une femme de chambre complique un peu la mise en œuvre des intentions de nuances, si je puis dire ainsi, surtout depuis le Sofitel** de New-York…

** Je n'aimerais pas être directeur de communication de cette chaîne d'hôtel, ou de celle du Carlton.
:largesmile:


Preuve s'il en fallait de l'intérêt qu'a suscité en moi ton histoire, je n'avais même pas songé à l'aspect Sofitel de la présence d'une femme de chambre !!!

#7 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 06-11-2011 - 16:46

Voir le messageHannabella, le 06-11-2011 - 14:37, dit :

Preuve s'il en fallait de l'intérêt qu'a suscité en moi ton histoire, je n'avais même pas songé à l'aspect Sofitel de la présence d'une femme de chambre !!!

Ah, j'en suis très touché, ça veut dire que j'ai réussi à plus me référer aux amours ancillaires qu'aux scandales people !
:largesmile:

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#8 Aribeth

Aribeth

    Aribeth de Tylmarande

  • Voissa créateur
  • 1 624 messages
  • Membre depuis : 21-07-2011
  • Sexe : Femme
  • Localisation:Belgique

Posté 09-11-2011 - 23:17

Superbe histoire ... Merci !

#9 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 10-11-2011 - 08:44

Voir le messageAribeth, le 09-11-2011 - 23:17, dit :

Superbe histoire ... Merci !

Merci à toi, bonne journée…
:clindoeil:

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#10 Le magicien

Le magicien

    Membre

  • Voissa créateur
  • 625 messages
  • Membre depuis : 20-04-2006
  • Sexe : Homme

Posté 10-11-2011 - 23:11

Quelle histoire !
Je suis ému ...  :blush2:
Si vous aimez les histoires hot, lisez http://blog.voissa.com/le_magicien

#11 Guest_anton123_*

Guest_anton123_*
  • Guests

Posté 11-11-2011 - 16:57

Un beau parfum nostalgique dans ce récit, une belle couleur passée.

Une distance aussi, inhabituelle chez notre auteur, vis-à-vis de ses personnages, une sorte de respect désuet qui accorde la forme au fond, et rend ceux-ci évanescents, presque fantomatiques.

#12 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 11-11-2011 - 19:18

Voir le messageanton123, le 11-11-2011 - 16:57, dit :

Un beau parfum nostalgique dans ce récit, une belle couleur passée.

Une distance aussi, inhabituelle chez notre auteur, vis-à-vis de ses personnages, une sorte de respect désuet qui accorde la forme au fond, et rend ceux-ci évanescents, presque fantomatiques.

Très joli et touchant commentaire, tout en nuances… et qui correspond bien à mon ressenti, qui a dépassé mes intentions initiales pour aboutir à cette couleur que tu évoques.
Merci beaucoup !
:clindoeil:

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#13 sexyphanie

sexyphanie

    Membre

  • Voissanautes
  • 817 messages
  • Membre depuis : 30-01-2008
  • Sexe : Femme
  • Localisation:poitou

Posté 11-11-2011 - 19:52

encore une fois ,tu sais nous transporter dans tes récits, ou l'on aimerait être l'une de ces 3 femmes... :clindoeil:

#14 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 11-11-2011 - 20:35

Voir le messagesexyphanie, le 11-11-2011 - 19:52, dit :

encore une fois, tu sais nous transporter dans tes récits, où l'on aimerait être l'une de ces 3 femmes... :clindoeil:

Merci beaucoup, Sexyphanie, c'est un bel hommage que je reçois là !
:heart:

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#15 Hannabella

Hannabella

    Membre

  • Voissanautes
  • 596 messages
  • Membre depuis : 25-08-2010
  • Sexe : Femme

Posté 11-11-2011 - 23:13

Voir le messageRiga, le 11-11-2011 - 20:35, dit :

Merci beaucoup, Sexyphanie, c'est un bel hommage que je reçois là !
:heart:

C'est vrai que l'on s'identifie très vite, tu le sais bien, aux héroïnes de tes histoires, au point même de finir par les faire s'échapper du schéma initial de leur créateur! :clindoeil: Ah, les femmes libérées!

#16 Fourmillant

Fourmillant

    Dans la dérive du mirage, je me fais réel

  • Voissanautes
  • 4 095 messages
  • Membre depuis : 10-12-2009
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Le Sud

Posté 18-05-2013 - 20:03

Le repos du guerrier à l'aise dans un charmant harem consolateur

#17 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 20-05-2013 - 07:15

Voir le messageFourmillant, le 18-05-2013 - 20:03, dit :

Le repos du guerrier à l'aise dans un charmant harem consolateur

Je pensais moi aussi à l'aisance avec laquelle tu résumes ces histoires pour en faire la 4e de couv' !
Image IPB Image IPB

Modifié par Riga, 20-05-2013 - 07:15.

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#18 Guest_sarahpascal_*

Guest_sarahpascal_*
  • Guests

Posté 05-06-2014 - 10:40

Sans surprise... Encore une très belle histoire. Beaucoup de détail on s'imagine sans peine dans le récit.
Et j'aime cette description des sentiments, l'amour, la honte, la passion....

Encore merci ! En plus c'est pas bien je suis au boulot !! ;)

#19 Riga

Riga

    Imagineur et partageur d'histoires

  • Voissa créateur
  • 1 622 messages
  • Membre depuis : 04-04-2010
  • Sexe : Homme
  • Localisation:Itinérance

Posté 05-06-2014 - 11:22

Merci, Sarah ou Pascal…
Tu as raison, les sentiments des personnages peuvent être compliqués, paradoxaux : le vernis bourgeois (c'est ce que je voulais raconter) maintient l'équilibre bizarre de leurs rapports.
Bonne journée… Allez, au travail !
(moi aussi, mais je suis chez moi, c'est plus cool).
:D

_____________________________________________________Image IPB_____________________________________________________


#20 Qrieuse

Qrieuse

    Membre

  • Voissanautes
  • 742 messages
  • Membre depuis : 18-02-2012
  • Sexe : Femme

Posté 05-06-2014 - 12:18

Que rajouter aux éloges et commentaires précédents ?
Eh bien, que je me réjouis de ne pas encore avoir lu les huit autres histoires courtes !
Et merci.
"Fantômes", vous ne m'intéressez pas. Si vous êtes invisibles sur Voissa (pas de messages sur le forum, pas de galerie), ne me contactez pas.


0 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 invité(s) et 0 utilisateur(s) anonyme(s)