Trainées de soleil et de vert
Le tendre du ciel me tend le miroir
De ses émois vertigineux
Odeur de feuilles et d’humus
Bourdonnement de lumière
La terre se fend, s’étire
Et compte les jours
Temple imaginaire oublié et sauvage
L’onde frissonne dans un dernier éclat
Elle chante en silence
les promesses d’un jardin en sursis
Femme, attachée à vos baisers, à votre désir brut,
Femelle enrubannée de caresses, cousue de promesses, de toujours et de jamais
Louve, instinctive et sauvage, entravée de normes et de lois
Femme objet, prisonnière de vos bras, de votre membre, de votre amour parfois
Démone insolente pétrie de contradictions et de pulsions
Lionne guerrière, flamboyante et imprévisible
Femme libre et possédée…
Octobre est là…
Enrubanné encore de soleil et d’un peu d’été, d’un peu de douceur, de fièvre et de sel,
drapé dans ses voiles fauves, des souvenirs délaissés, l’été s’enfuit silencieusement.
Et pourtant en empreintes, en tatouage, cette chaleur en creux, ce chant lancinant, ce frémissement du désir.
Je me souviens de cette escapade, de ce jour d’été brulant, du vent chaud de la lagune et de l’étang scintillant. Tout ce bleu et ce silence déchirés par un vol d’aigrettes ; les pontons délaissés par les pêcheurs… et le temps comme suspendu, à nos souffles, à notre envie sourde.
Réfugiés près d’un cabanon envahit par les herbes folles, dans ce paysage délaissé, cette nature sauvage, nous voilà impatients et vibrants… A l’unisson du vent.
Quelques clichés pour fixer l’instant, nos rires en solstices…
Et cette étreinte, debout, arqués, arrimés l’un à l’autre.
Mes fesses tendues dans un vertige, ta queue enflée et avide, qui m’ouvre, me transperce
Qui progresse, se retire, revient…
Indéfiniment, obstinément… Qui me rend folle, qui me rend chienne
Je te supplie : Encore ! Encore !
Fournaise d’un souvenir d’été
En ce joli mois d’octobre…
Quelques mots offerts par Achilles
Les lumières et les ombres s'entremêlent
Et ornent l'écorce charnelle
Qui parcourt les bois tendus où affleure
Un collier d'envies épineuses et à-faunes
En funambule agrippant les arborés sens,
Il suffit de quelques pas de danse
Qui chassent, effleurent, et posent
L'impudeur
Comme se dépose
En douce et aux creux les incitantes lueurs.
De façon claire
S'éveiller d'un sommeil touffu
Pour se rêver légère,
Et nue
Achilles


Fragments d’été, écume des jours évanouis,
Le soleil pour témoin, les vagues en clapotis.
Eclats sur la grève de perles mordorées,
Nos peaux, de fantaisies saupoudrées.
Rires en cascade sur nos jeux défendus
Les cheveux collés, salés et confondus
Dans l’azur infini de nos étés
Se baignent, secrets et pour l’éternité
De fugaces éclats de voluptés…

Te souviens-tu ?
Je veux bien être ta haute mer, ton doux paysage, ton grand vent…
Avec mon air de rien,
Mon air d’aventure.
Je veux être le souffle. Tu seras la vague
Je veux être la dune et tu seras le sable
Et si j’étais l’écume ? tu serais le roc…
Ou alors, toi le mat et moi la voile
Dansante au loin…
Et murmurant doucement l’inconcevable désir
Je veux bien être ta haute mer, ton doux paysage, ton grand vent…
Avec mon air de rien,
Mon air d’aventure.
Je veux être le souffle. Tu seras la vague
Je veux être la dune et tu seras le sable
Et si j’étais l’écume ? tu serais le roc…
Ou alors, toi le mat et moi la voile
Dansante au loin…
Et murmurant doucement l’inconcevable désir
L'érotisme exige une obscénité légèrement sublimée,
une obscénité poétique.
Boris Vian
une obscénité poétique.
Boris Vian

La pierre a un cœur, des veines, ses faiblesses et ses lignes secrètes.
Le poète le sait qui la caresse et la voit entière, nue et muette.
C’est d’abord un regard tactile, qui la fait naître tel le désir de ce jour de foule, de bruit, d’éclat et de soleil.
Une façon d’éprouver le vide et le plein, la matière et l’espace. Douceur polie de la pierre, femme en marbre lézardé.
Effleurements, et mains dansantes, elle imagine. Elle devine sa façon, sa manière, ses gestes, sa main ferme et sensible.
Elle sait ce regard fait de désir, de violence teintée d’infinie douceur.
Des formes il fait naître la beauté et l’harmonie.
De sa sueur, il accouche la matière. Il l’arrache à son immobilité et révèle le vide tout autour.
Il extirpe l’âme d’un bloc muet pour finir dans une caresse longue et précise.
Il cherche sans se lasser. Il cherche un secret bien gardé, un désir à révéler.
Elle songe.
Cheveux défaits immobile, le soir est tombé. La lune opaline dessine les contours de la chambre crépusculaire.
Femme damnée, minérale, en bloc susurré, effleuré.
Tentatrice démesurée, silène au ventre d’argile.
Chimère ingénue, silhouette épurée.
Viens apprivoiser mes boucles châtaigne et ma bouche carmine
Viens ourler le grain nacré de ma poitrine
Viens me prendre et me pétrir
Viens façonner mes hanches et mes fesses rondes.
Viens te perdre dans mes fentes et mes replis, dans l’origine du monde…
Le poète le sait qui la caresse et la voit entière, nue et muette.
C’est d’abord un regard tactile, qui la fait naître tel le désir de ce jour de foule, de bruit, d’éclat et de soleil.
Une façon d’éprouver le vide et le plein, la matière et l’espace. Douceur polie de la pierre, femme en marbre lézardé.
Effleurements, et mains dansantes, elle imagine. Elle devine sa façon, sa manière, ses gestes, sa main ferme et sensible.
Elle sait ce regard fait de désir, de violence teintée d’infinie douceur.
Des formes il fait naître la beauté et l’harmonie.
De sa sueur, il accouche la matière. Il l’arrache à son immobilité et révèle le vide tout autour.
Il extirpe l’âme d’un bloc muet pour finir dans une caresse longue et précise.
Il cherche sans se lasser. Il cherche un secret bien gardé, un désir à révéler.
Elle songe.
Cheveux défaits immobile, le soir est tombé. La lune opaline dessine les contours de la chambre crépusculaire.
Femme damnée, minérale, en bloc susurré, effleuré.
Tentatrice démesurée, silène au ventre d’argile.
Chimère ingénue, silhouette épurée.
Viens apprivoiser mes boucles châtaigne et ma bouche carmine
Viens ourler le grain nacré de ma poitrine
Viens me prendre et me pétrir
Viens façonner mes hanches et mes fesses rondes.
Viens te perdre dans mes fentes et mes replis, dans l’origine du monde…

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