Voissa: Et cette femme a sans doute pris chair dans l'un de ces incessants va-et-vient... - Voissa

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Et cette femme a sans doute pris chair dans l'un de ces incessants va-et-vient...

2 Commentaire(s) :
La frontière entre le monde des rêves et celui de la réalité est si mince, si poreuse aussi. Je crois d'ailleurs que notre vie se compose de va-et vient incessants entre rêves et réalité.

Et cette femme a sans doute pris chair dans l'un de ces incessants va-et-vient.


Image IPB


Oh, les humeurs personnelles s'en sont assurément mêlées. L'envie soudaine de tout envoyer balader m'avait emporté dans une déambulation sylvestre, en ce milieu d'après-midi étouffé de la chaleur printanière, anormalement lourde cette année.

Mes forêts de Lotharingie apparaissent souvent, en tout cas je les perçois ainsi, comme un asile bienveillant aux âmes égarées.

Ce sont de vastes toisons de feuillus millénaires, de résineux plantés pour des raisons économiques, de broussailles plus ou moins agressives, de petites fleurs écloses ici et là.. Patchwork de verts, de bruns, de gris, de blancs, devenu huis-clos par la touffeur de cet après-midi. Entre quelques ondulations de schistes moussues, un ruisseau cherche désespérément à écouler son maigre débit, se lamentant en de brefs sanglots qui, un autre jour, m'auraient spontanément arraché un sourire de bien être.

C'est le refuge ancestral des créatures de la forêt, celles qui ne se montrent qu'aux enfants, et aux enfants attardés, parfois. Les calvaires , les cloches et les soutanes, les beaux esprits bouffis de l'orgueil de la raison les ont jadis expulsées des campagnes. Je les connais un peu, je les ai déjà aperçues, ébahi, lorsqu'elles traversaient nonchalamment les ombres épaisses des grands arbres. La frontière entre le monde des rêves et celui de la réalité est si mince...

Une avalanche de blocs taillés, à mi-pente de cette crête, rappelle qu'ici, en cette terre de marge , frontière entre Royaume et Empire, la race de fer des seigneurs intrépides a matérialisé son emprise (quelle emprise dérisoire, d'ailleurs) par l'implantation de redoutables forteresses.

Une présence se devine soudain, en contrebas , près de ce qui dû être une casemate d'artillerie. Une présence humaine, enfin, il me semble, car, ici, rien n'est certitude définitive. Disons que j'opte pour cette hypothèse.

Une présence humaine et féminine. Un « bonjour » sonore s'échappe de mes lèvres. Ne pas effrayer inutilement celle qui n'est séparée de moi que par quelques dizaines de mètres. Et me rassurer en même temps, en attendant impatiemment une réponse – le petit peuple de la forêt ne répond pas aux humains, ou, plus exactement, les humains ne comprennent pas leur réponse, alors, pourquoi leur répondrait-il ?

Bref sursaut, aussitôt suivi d'un « bonjour » cristallin, teinté de crainte contenue. Dans une telle situation, il nous faut vite nous rassurer l'un l'autre sur la pureté de nos intentions. C'est curieux, d'ailleurs, la rapidité avec laquelle on se rassure, on se fait spontanément confiance. Je l'ai déjà expérimenté sur Voissa ; c'est quand même fou ce pouvoir de communication que peut conférer le virtuel !
La frontière entre le monde des rêves et celui de la réalité est si mince... Mais celle entre la réalité virtuelle et la réalité réelle l'est encore plus !

La fille semble âgée d'une bonne vingtaine d'années. Sa chevelure noire forme un chignon de circonstance, mieux adapté à l'activité à laquelle elle se livre... Elle est étudiante en master d'archéologie médiévale, à l'université de Liège . Elle aurait pu étudier le comportement des makis de Madagascar, pourquoi pas, sauf que des makis de Madagascar, il n'y en a pas beaucoup en mes forêts lotharingiennes... Certes, un cirque de passage avait eu l'idée saugrenue d'oublier un tapir dans les environs, mais de là à diligenter un étudiant spécialisé en l'exploration du comportement des tapirs perdus en espace forestier ardennais, il y avait un pas. Et le dit tapir a dû finir trucidé, et découpé en gigot, par je ne sais quel braconnier un peu embrumé … Faut toujours se méfier des bracos, quand on est un tapir sans papier !

Un top de couleur bleu nuit enveloppait un torse plutôt généreux, alors qu'un jean protégeait la moitié inférieure de son corps élancé des griffures des buissons dérangés. Oui, une petite jupette aurait incontestablement été plus sexy, mais vous vous voyez, mesdames, en train de réaliser un relevé archéologique en jupette virevoltante de majorette ? Bien sûr, les mecs, je vous vois venir avec vos idées coquines... Les mecs, mouais, mais je crois qu'une de mes copines n'aurait pas été insensible à cette féminine présence...

Je crâne, je crâne, ben oui, je crâne toujours un peu face à une inconnue, a fortiori lorsque celle-ci dégage un charme à tomber en pâmoison. Il me souvient de la première fois où j'ai roulé un patin à une fille … Mais ça, c'est une autre histoire!

Elle s'appelait Flamenca. Son père, féru de littérature médiévale, l'avait affublée de ce curieux prénom qui, ma foi, lui allait à merveille.

Je la rejoignis avec mille précautions ; il faut dire que je n'ai pas vraiment le pied marin : cela-dit, me ferez-vous remarquer, ici, il y a quand même 130 millions d'années que la mer s'est escamotée, alors...

Au fur à mesure de nos discussions très techniques sur les fortifications de montagne, il se passait quelque chose d'inexplicable ; j'avais l'agréable impression qu'une connexion se mettait en place entre elle et moi ; elle riait de bon coeur à quelques-unes de mes plaisanteries simplettes , et je surpris quelques tressaillements fort éloquents du côté de mon bas-ventre...

Je ne pouvais m'empêcher de la contempler. Plus exactement de contempler son corps. D'y jeter un regard charnel. Il me semble qu'elle dû prendre conscience de mon trouble naissant, à en juger par un sourire malicieux. J'acceptai bien volontiers, vous vous en doutez, de lui prêter main forte pour achever le relevé d'une paroi de la casemate. Nos mains se frôlèrent à plusieurs reprises. Je crois qu'à partir de ce moment mon esprit s'engloutit dans un univers fort peu archéologique... Chacun de ses déplacements m'apportait les senteurs légèrement fruitées d'une eau de toilette fraiche , juvénile, terriblement sensuelle...

Un pas de travers la fit atterrir dans mes bras. En la rattrapant, mes mains se plaquèrent en une fraction de seconde sur ses seins. Bien sûr, en ces moments si particuliers où tout peut basculer d'un moment à l'autre, où l'on espère secrètement que tout bascule et où rien ne bascule, on a l'impression que le temps se fige, que la fraction de seconde devient seconde, devient minute, devient éternité. Maintenant que j'y repense, je crois qu'elle ne se redressa pas tout de suite. « Oups ! Désolée ! », lança-t-elle dans un grand éclat de rire, en plongeant ses yeux dans les miens.

Silence brutal. Le sourire laissait place à une gravité bien particulière, oh une gravité que je ne connaissais que trop bien. Son regard s'enfonça jusqu'au coeur de mon âme. Je sentais irrémédiablement mon sexe se durcir un peu plus, sans que je ne puisse en prendre le contrôle.

Cette fois, je plongeais. La retenue la plus élémentaire cédait sous la force d'un désir charnel irrépressible. L'idée de ce pauvre cochon de DSK m'effleura à peine l'esprit que je la saisissais dans mes bras . Elle colla ses lèvres à ma bouche et entortilla sa jambe autour de la mienne, jaugeant d'un genou connaisseur l'intensité de mes intentions.

Tout s'emballait… Mes mains se glissèrent sous son tee-shirt... Elle ne portait pas de soutien-gorge... Mon regard étonné, télescopé par le sien encourageant… Prendre son temps , ne rien brusquer, contenir sa fougue… Mettre en harmonie nos désirs, nos plaisirs, plus tard nos jouissances… Partager , oh oui, partager chaque seconde de cette frénésie des corps, des sens, des dérives... Mes lèvres papillonnèrent sur ses seins, entre ses seins, sur leurs pointes qui se dressaient, fières, orgueilleuses, insolentes de leur vingtaine d'années... Elles abandonnèrent ces monticules merveilleux et s'accrochèrent à nouveau à sa bouche entrouverte. Ses ongles labouraient ma nuque, mes épaules, mon dos, avec une frénésie sadique. Je bandait douloureusement et sentais imperceptiblement, à travers le boxer, mon sexe sécréter ses premières gouttes de liqueur... Oh, impatience de l'accouplement primal, tu devras patienter et nous laisser encore jouer de nos sensualités périphériques ...

Les souffles s'accéléraient, passaient d'une cavité à l'autre, les langues sarabandaient rageusement en des refuges jusqu'alors étrangers.

Flamenca me repoussa sèchement et, avant même que je ne comprenne, se laissa glisser contre mon bas-ventre. Ses doigts libérèrent ma queue congestionnée de désir et commencèrent à la masturber en de lents mouvements , alors que sa langue s'enroulait autour du gland surpris d'un tel impudique empressement. Était-elle humaine, cette bouche qui jouait malicieusement avec mon intimité ? A plusieurs reprises, je me sentis littéralement aspiré ; curieuse impression que ce corps que l'on imagine disparaître tout entier dans ce monstre-bouche implacable, goulu jusqu'à l'indigestion , sans que l'on puisse vraiment arrêter le processus d'engloutissement, tout juste le freiner. Pour ne pas éjaculer. Enfin, pas tout de suite … Les mains virevoltaient maintenant sur mon boxer et le pantalon, qu'elles firent rapidement glisser sur mes chevilles...

Je sentis un doigt parcourir ma raie interdite et s'aventurer sur mon orifice défendu… Oh, défendu par ce qui restait de ma pudeur … Plongeant à nouveau son regard dans le mien, Flamenca entreprenait maintenant de me pénétrer ; elle franchit en douceur le périmètre protecteur avant de s'introduire sauvagement, m'arrachant un râle d'exquise douleur. Curieuse sensation que celle de cet appendice digital fouillant avec assiduité le plus profond, le plus secret de mon être. « As-tu coïté à la manière sodomite ? » L' interrogatio de l'évêque de Worms me traversa une seconde l'esprit, alors que l'index flattait cette partie de moi-même jusqu'alors vierge de toute divagation coquine... Curieuse sensation que celle de cet élément étranger, animé, enchâssé dans mes reins qui semblait m'ouvrir par le bas à je ne sais quelle turpitude... Jouissance de la queue diaboliquement aspirée par une bouche avide… Jouissance de l'anus furieusement entrepris par un index déjanté… Jouissances entremêlées, séparées, renouées, synchronisées, peut-être, dans une confusion sensuelle chavirante… Questionnement sans réponse bien claire dans ce qui me restait de lucidité… Rester lucide jusqu'à la fin … Tenter de comprendre les mécanismes de la chair en branle en cette casemate de schiste… Tenter de comprendre jusqu'à ce que le questionnement s'évanouisse dans un torrent de foutre...

Une aspiration inattendue, et glaciale, vint à bout de ma résistance, et je me répandis dans sa bouche…

L'intensité inhabituelle de la jouissance, aux limites du supportable, m'avait littéralement vidé de toute force et obligé à trouver un appui contre la paroi. Je ne sais combien de temps je restais les yeux fermés. Lorsque je les ouvris, Flamenca avait disparu…

Une chaude trainée de lumière transfigurait le vert sombre des touffes de bruyère. Une chaude trainée de lumière aux senteurs légèrement fruitées : celle d'une eau de toilette fraiche , juvénile, terriblement sensuelle...

Commentaires

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jules1954 

30-11-2011 - 20:00
belle écriture...........
jules1954

arsenn 

30-11-2011 - 20:26
c'est vraiment sympa ! :hi:
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