Voissa: A l'encre illisible

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Chaque matin la même résolution. Chaque soir le même échec.

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Cette semaine je résiste.
Hier, c'était la dernière.
A partir de maintenant, je reprends les rênes.


Et puis revient le soir, ce moment où plus rien ne compte. Il reste un peu de vin, un Rioublanc de 2001, ce serait dommage de le perdre. On verra ça demain.

Mardi matin, remords.
Bon, ok pour le vin, ç'aurait été dommage. Mais les deux whisky, c'était pas vital. La bière non plus.
Ce soir, je tiens.
Et puis revient le soir, et s'envole à nouveau la volonté. Y a plus de vin, donc moins de risque. Ha si ! Il reste son blanc. Allez, en attendant qu'ça cuise, on s'le partage, comme ça demain y en a plus... Je sors deux ballons... et puis merde, j'ai pas envie de blanc. Je range un ballon et pose la main sur un verre à whisky. J'hésite. Le saisis. Ferme la porte du buffet. La rouvre. Repose le verre. Mais ne le lâche pas. Je le ressors en me disant finalement que je ne suis qu'une merde. On verra ça demain.

Hier soir pourtant, tout était calme. Une des filles est chez sa grand-mère, la deuxième est adorable quand sa soeur n'est pas là. Pas de stress donc. Un peu de piano dans la sono (elle est naze cette rime, non ?), un verre de whisky, et la décontraction est totale.

Mais pourquoi ce verre est-il toujours indispensable ?

L'alcool est il un poison ? Si c'est le cas, pourquoi ressemble-t-il si souvent à un remède ?

Ce matin je me suis promis une nouvelle fois que ce soir, je tournerai à l'eau. Et que je bosserai toute la soirée pour finir la salle de jeux des filles.
C'est un peu comme hier matin en fait.
A la différence que ce matin, j'y crois un peu moins.
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Rien à voir

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Beaucoup bloguent ici pour montrer leur chair. Ou celle de leur compagne.
Je suis un homme. Et ma femme ne sait pas que je suis là.
Ma chair à moi est recouverte d'un ignoble pelage, aussi m'est il impossible de vous la faire voir.

Je n'ai donc rien de très excitant à montrer, ni même à raconter.
Je déteste cette impression, mais je commence à me demander si dans le fond, je ne suis pas venu là pour me plaindre.
J'ai envie d'écrire. Depuis longtemps. Sans vraiment savoir quoi ni pourquoi.
Quand j'analyse un peu ce que j'écris en général, je me rends compte que ça relève plus souvent de la complainte que du réel message informatif et intéressant.
Tous ceux qui se montrent ici font finalement un don. Moi je viens juste chercher quelque chose. Et je n'ai rien à offrir.

Là encore je me plains. C'est affligeant.
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Etat des lieux

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Voilà un peu plus de six ans que nous vivons ensemble.
Notre vie est parfaite, on s'engueule très peu, on partage tout, on se dit tout. C'est le bonheur. En tout cas, ça en a l'air. Pour n'importe quel spectateur, la partie visible de notre couple doit paraître parfaite.

La partie invisible peut aussi être perçue comme parfaite. Sauf si elle simule depuis six ans. Qui sait. Si ça se trouve, je ne suis pas plus habile qu'elle. Plus actif parce qu'il en faut bien un qui agisse pour que quelque-chose arrive. Mais pas pour autant plus efficace...


Je crois qu'au départ, la combler me suffisait, donner me semblait plus important que de recevoir, et puis l'entendre exprimer son plaisir était la meilleure des récompenses qu'on puisse recevoir.
J'ai appris à la connaître, à être efficace, à faire les bons gestes, au bon moment. Enfin, je crois. J'espère.
Et elle semble aimer ce que je fais.
Encore aujourd'hui, j'adore la sentir vibrer au bout de mes doigts, l'entendre gémir et finalement poser elle-même les doigts sur des parties de son corps qu'elle n'aurait jamais effleurées avant sans un but hygiénique.
C'est toujours une victoire pour moi de la voir craquer et me demander de venir tout de suite pour achever mon œuvre.

Pourtant depuis quelques temps, j'ai d'autres envies.
Je me rappelle d'autres partenaires qui m'avaient procuré des sensations que je n'ai jamais retrouvé depuis et qui me manquent.
Aujourd'hui seul l'alcool peut me faire tourner la tête. Et pas aussi bien que l'avait fait cette fille, il y a sept ans, juste en posant ses doigts si délicats sur ma peau d'ours.


En six ans et demi, je crois que jamais elle n'a été à l'origine d'un acte d'amour.
Si je ne commence rien, il ne se passe rien. Et si je suis trop doux, elle s'endort.
Oui, chère lectrice, si tu peines à trouver le sommeil, appelle moi, mes caresses sont soporifiques.
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La Plume est sèche, et l'encre illisible...

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J'aime écrire.
Dès que j'en ai l'occasion, dès que j'ai quelque chose à écrire, je le fais avec plaisir et j'essaye de le soigner.

Pourtant j'écris peu.
Parce que les occasions manquent, parce que l'inspiration me vient plus souvent quand je ne suis pas devant mon clavier, ou parce que les choses que j'ai envie d'écrire ne seraient pas à poser sous les yeux de tous.

Alors depuis quelques temps je cherche un moyen de m'y mettre.

J'ai d'abord pensé à me remettre à la musique, écrire des textes de chansons... trop restrictif, les rimes et les rythmes brident la créativité, ça ne me convient pas.
Puis j'ai pensé à ouvrir un blog. Mais pour y raconter quoi ? et qui le lirait ? Mes proches ? alors il ne faudrait pas trop m'y dévoiler. Des inconnus ? qu'auraient il à faire de mes histoires ?
Et puis j'ai lu des passages de blogs sur Voissa. Certains ne sont pas juste exhibitionnistes, il y en a qui vont un peu plus loin et dévoilent doucement un peu de leur âme en plus de leur chair. Et ça m'a plu. Alors je vais essayer. Moi aussi je vais écrire un peu ce que je ressens. Et sans retenue puisqu'ici, je ne suis personne.
Juste une plume sèche qui déverse une encre illisible.
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