Les Noces de Thétis et de Pelée (vers 1595) Un érotisme brûlant sous l'apparence d' une scène champêtre assez commune...
26-12-2010
2 Commentaire(s) :
Hans Sadeler , dessinateur, graveur, marchand de toiles et peintre bruxellois qui a vécu dans la seconde moitié du XVI° siècle, réalise à la fin de sa vie cette oeuvre présentée au Musée de Flandre de Cassel dans le cadre de l'exposition temporaire déjà citée. Le thème évoqué est assez habituel à une époque où la mythologie antique est entrée dans l'imaginaire de beaucoup ...Bon, je vais essayer de ne pas trop vous ennuyer par des commentaires roboratifs … Promis, je ne retiendrai ici que l'essentiel .

L'oeuvre se décompose en trois parties. A droite un paysage de nature sauvage tout juste esquissé, avec ses composantes conventionnelles (arbres, rochers, rivière, ciel gris – ciel de Flandre ?). Au milieu, une scène de banquet champêtre ,avec un télescopage chronologique qui réunit des personnages vêtus à la fois à l'antique (en particulier les dieux) et à la mode de la Renaissance tardive; un quatuor de femmes égaie les convives : plaisir de l'oreille et plaisir de bouche, deux composantes de la jouissance sensuelle...la musique crée une atmosphère sonore propice au vagabondage des sens, à l'abandon de toute retenue ...quant à la dégustation de mets, il est inutile de s'y attarder – les propos de certaines Voissanautes sont suffisamment explicites !
Mais la scène principale se déroule à gauche, en gros plan, focalisée sur le jeu déjà bien avancé des deux amants. Le spectateur est ici dans la posture d'un voyeurs, puisque les personnages du banquet ne peuvent voir ce qu'il voit... C'est la première dimension érotique de l'oeuvre. Certes, les deux personnages se sont dénudés intégralement – même si la déesse Thétis a gardé ses drôles de sandales, métaphore de l'amour fugace prodigué par les divines créatures, butinant ici et là avec une facilité déconcertante, sans le moindre état d'âme ; mais l'essentiel est ailleurs, dans leur posture: Pelée caresse la cuisse dodue de sa partenaire, avant d' entreprendre sous peu une migration manuelle vers une zone plus attrayante - car les déesses, bien que déesses, n'en sont pas moins femmes embrasées par le désir charnel... Thétis semble d'ailleurs écarter progressivement ses jambes afin de faciliter le travail de son amant . Mais ce n'est pas tout: regardez un peu où la déesse glisse sa main droite ... Eh oui, aucun doute possible ...Peut-être même a-t-elle déjà pris les choses en main, car dans un tel jeu l'initiative échappe au simple mortel La corbeille de fruits posée au pied des amants et qui symbolise l'union sexuelle (encore un rapprochement entre le plaisir de la bouche et celui du sexe !) nous laisse à penser que le moment du coït est proche ...De cette union allait naître Achille
Conclusion ? La lecture, dépoussiérée, des peintures de la Renaissance met en lumière un rapport aux corps profondément érotique. Evidemment, le culte de la chair et des plaisirs sensuels s'inscrit dans un habillage convenu qui le rend acceptable à tous . Personne n'est dupe : le XVI° siècle est bel et bien une période de fureur, de sang, de sexe, de jouissance, aux antipodes de l'image d'Epinal qu'en a donnée la morale bourgeoise des siècles suivants... Je vous renvoie à cet extraordinaire film de Chéreau, La Reine Margot qui illustre à merveille « l'esprit » de la période...
L'oeuvre se décompose en trois parties. A droite un paysage de nature sauvage tout juste esquissé, avec ses composantes conventionnelles (arbres, rochers, rivière, ciel gris – ciel de Flandre ?). Au milieu, une scène de banquet champêtre ,avec un télescopage chronologique qui réunit des personnages vêtus à la fois à l'antique (en particulier les dieux) et à la mode de la Renaissance tardive; un quatuor de femmes égaie les convives : plaisir de l'oreille et plaisir de bouche, deux composantes de la jouissance sensuelle...la musique crée une atmosphère sonore propice au vagabondage des sens, à l'abandon de toute retenue ...quant à la dégustation de mets, il est inutile de s'y attarder – les propos de certaines Voissanautes sont suffisamment explicites !
Mais la scène principale se déroule à gauche, en gros plan, focalisée sur le jeu déjà bien avancé des deux amants. Le spectateur est ici dans la posture d'un voyeurs, puisque les personnages du banquet ne peuvent voir ce qu'il voit... C'est la première dimension érotique de l'oeuvre. Certes, les deux personnages se sont dénudés intégralement – même si la déesse Thétis a gardé ses drôles de sandales, métaphore de l'amour fugace prodigué par les divines créatures, butinant ici et là avec une facilité déconcertante, sans le moindre état d'âme ; mais l'essentiel est ailleurs, dans leur posture: Pelée caresse la cuisse dodue de sa partenaire, avant d' entreprendre sous peu une migration manuelle vers une zone plus attrayante - car les déesses, bien que déesses, n'en sont pas moins femmes embrasées par le désir charnel... Thétis semble d'ailleurs écarter progressivement ses jambes afin de faciliter le travail de son amant . Mais ce n'est pas tout: regardez un peu où la déesse glisse sa main droite ... Eh oui, aucun doute possible ...Peut-être même a-t-elle déjà pris les choses en main, car dans un tel jeu l'initiative échappe au simple mortel La corbeille de fruits posée au pied des amants et qui symbolise l'union sexuelle (encore un rapprochement entre le plaisir de la bouche et celui du sexe !) nous laisse à penser que le moment du coït est proche ...De cette union allait naître Achille
Conclusion ? La lecture, dépoussiérée, des peintures de la Renaissance met en lumière un rapport aux corps profondément érotique. Evidemment, le culte de la chair et des plaisirs sensuels s'inscrit dans un habillage convenu qui le rend acceptable à tous . Personne n'est dupe : le XVI° siècle est bel et bien une période de fureur, de sang, de sexe, de jouissance, aux antipodes de l'image d'Epinal qu'en a donnée la morale bourgeoise des siècles suivants... Je vous renvoie à cet extraordinaire film de Chéreau, La Reine Margot qui illustre à merveille « l'esprit » de la période...
Commentaires
Page 1 sur 1
Page 1 sur 1
Les liens du blog
0 utilisateur(s) actif(s)
0 invité(s)
0 membre(s)
0 membre(s) anonyme(s)
0 membre(s)
0 membre(s) anonyme(s)
Derniers billets
Blogs de mes amis
Étiquettes
- abbesse
- Amon
- amour
- âne
- aphrodisiaque
- arbre aux vits
- Atoum
- balade
- bédouine
- bordel
- bouche
- bûcher
- Burchard de Worms
- céramique
- chanson
- Claude Le Petit
- colonies
- con
- domination
- duc de Bourgogne
- école
- Eglise
- Egypte ancienne
- enluminure
- épigrammes
- Erection
- Eustache Deschamps
- fabliau
- faïence
- fellation
- femme
- femmes
- foire
- godemichet
- gravure érotique
- Grèce
- grotte préhistorique
- Italie
- Kamoutef
- langue
- leçon
- levrette
- littérature érotique
- Marion
- masturbation
- Min
- Mirabeau
- moine
- musée
- musique
- péché
- peinture
- Pelée
- pénitence
- petites filles
- phallus
- Pierre Louÿs
- pilosité
- plaisir
- poème
- poète
- Pompéi
- Priape
- recettes
- récit
- Renaissance
- rêve
- Robin
- Rome antique
- satyre
- sexualité
- signes
- Théophile Gautier
- Thétis
- Toison d'or
- toison intime
- tuba
- Vénus
- vit
- XVII°s.
- zoophilie
Aide



