On a retrouvé dans l'empire romain une multitude de statues de Priape.
Priape, c'est cette divinité exhibant un sexe monstrueux en érection. Difficile de le confondre avec Minerve, Vénus ou Junon ... Son effigie était souvent déposée à l'entrée d'une propriété, d'un champ ou d'un jardin, pour les protéger contre le mauvais oeil, mais aussi contre les voleurs et les pillards.
Je vous donne, pour mémoire, la reproduction de cette fresque célèbre qui montre le dieu protecteur pointant son phallus vers une corbeille de fruits

Sur les socles des statues priapiennes figurent parfois de bien curieux épigrammes mettant en garde, d'une façon fort explicite, celles et ceux qui auraient osé violer les propriétés privées placées sous la protection du dieu...
Morceaux choisis ...
Je te préviens, Mon garçon, tu seras sodomisé;
et toi, Ma fille, je t'inséminerai;
pour ce qui est du voleur barbu,
Je l'emboucherai avec ma queue, ce sera sa punition.
Je suis, comme tu le vois, un Priapus en bois, portant faucille et pénis en bois. Je te prendrai malgré tout, et quand je t'aurai attrapée, ma fille, je jouirai de toi, tout entier, aussi grand qu'il se peut, et plus bandé qu'une corde tendue, que la corde d'une lyre, je l'enfoncerai en toi aussi loin que ta septième vertèbre.
L'avantage le plus grand dans mon Pénis , c'est que, pour un usage quotidien, aucune femme ne peut avoir un puits trop spacieux pour Lui.
Qui que tu sois, voleur qui trompe ma confiance,puisses-tu dépérir ailleurs qu'ici, loin des fesses d'une fille sodomite.
Et quoi, toi la fille, qui avec une main audacieuse déplume mes pommes,crois-tu ne jamais rencontrer ton baise-culs?
O Priapus, protecteur fidèle des vergers,
préviens tous ces voleurs par le bout ensanglanté de ton amusante amulette.
(allusion limpide au gland décalotté )
Une petite dernière, à l'usage des dames à la vertu hypocrite:
Éloignez-vous, femmes vertueuses, il est inconvenant pour vous de lire les inscriptions obscènes gribouillées sur la socle de ma statue. Elles ne se soucient guère de mes avertissements et elles s'approchent en vitesse. En vérité ces dames sont bien sensées, qui regardent en jouissant mon Membricule bien bandé!
Priape, c'est cette divinité exhibant un sexe monstrueux en érection. Difficile de le confondre avec Minerve, Vénus ou Junon ... Son effigie était souvent déposée à l'entrée d'une propriété, d'un champ ou d'un jardin, pour les protéger contre le mauvais oeil, mais aussi contre les voleurs et les pillards.
Je vous donne, pour mémoire, la reproduction de cette fresque célèbre qui montre le dieu protecteur pointant son phallus vers une corbeille de fruits

Sur les socles des statues priapiennes figurent parfois de bien curieux épigrammes mettant en garde, d'une façon fort explicite, celles et ceux qui auraient osé violer les propriétés privées placées sous la protection du dieu...
Morceaux choisis ...
Je te préviens, Mon garçon, tu seras sodomisé;
et toi, Ma fille, je t'inséminerai;
pour ce qui est du voleur barbu,
Je l'emboucherai avec ma queue, ce sera sa punition.
Je suis, comme tu le vois, un Priapus en bois, portant faucille et pénis en bois. Je te prendrai malgré tout, et quand je t'aurai attrapée, ma fille, je jouirai de toi, tout entier, aussi grand qu'il se peut, et plus bandé qu'une corde tendue, que la corde d'une lyre, je l'enfoncerai en toi aussi loin que ta septième vertèbre.
L'avantage le plus grand dans mon Pénis , c'est que, pour un usage quotidien, aucune femme ne peut avoir un puits trop spacieux pour Lui.
Qui que tu sois, voleur qui trompe ma confiance,puisses-tu dépérir ailleurs qu'ici, loin des fesses d'une fille sodomite.
Et quoi, toi la fille, qui avec une main audacieuse déplume mes pommes,crois-tu ne jamais rencontrer ton baise-culs?
O Priapus, protecteur fidèle des vergers,
préviens tous ces voleurs par le bout ensanglanté de ton amusante amulette.
(allusion limpide au gland décalotté )
Une petite dernière, à l'usage des dames à la vertu hypocrite:
Éloignez-vous, femmes vertueuses, il est inconvenant pour vous de lire les inscriptions obscènes gribouillées sur la socle de ma statue. Elles ne se soucient guère de mes avertissements et elles s'approchent en vitesse. En vérité ces dames sont bien sensées, qui regardent en jouissant mon Membricule bien bandé!
Jusqu'au mois de février 2012 se tient au Musée Maillol de Paris une exposition consacrée à "Pompéi, un art de vivre". Des affichettes placardées ici et là mettent en garde les parents qui s'y rendent en compagnie de leurs enfants du caractère érotique de certaines pièces présentées.
Alors, quelles coquineries peut-on y contempler ? Oh, elles ne manquent pas ! Une petite salle, sorte de "cabinet interdit", en rassemblent même quelques-unes de bel intérêt ... Je dois avouer avoir beaucoup apprécié cette magnifique embarcation nilotique :clindoeil: (ma chère et bienveillante complice également, si je m'en souviens bien ...)

Et de là à penser que les Romains se jetaient avec délices dans la luxure, il n'y a qu'un pas, bien vite franchi par l'imaginaire populaire :rolleyes:
On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. La sexualité des citoyens de la Rome impériale semblerait aujourd'hui très sage ... Point de galipettes échevelées ! Le mari devait se consacrer exclusivement à son épouse, et celle-ci ne devait d'ailleurs point aller pâturer ailleurs.
Sauf que cette sexualité s'organisait exclusivement autour du plaisir masculin, plus précisément du plaisir des mâles qui jouissent d'une situation sociale honorable. Et l'exposition du Musée Maillol reprend fort justement (enfin !) l'expression limpide de "sexualité de viol". Tout est bon pour satisfaire les pulsions du mâle dominant, la soumission de l'épouse, l'utilisation des esclaves, le recours aux hommes de rang inférieur. En résumé, ces relations physiques nous apparaissent aujourd'hui comme un moyen d'exercer sa domination au sein de la société, d'une façon violente ou non.
Euh ... ça ne vous rappelle rien ?
Alors, quelles coquineries peut-on y contempler ? Oh, elles ne manquent pas ! Une petite salle, sorte de "cabinet interdit", en rassemblent même quelques-unes de bel intérêt ... Je dois avouer avoir beaucoup apprécié cette magnifique embarcation nilotique :clindoeil: (ma chère et bienveillante complice également, si je m'en souviens bien ...)

Et de là à penser que les Romains se jetaient avec délices dans la luxure, il n'y a qu'un pas, bien vite franchi par l'imaginaire populaire :rolleyes:
On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. La sexualité des citoyens de la Rome impériale semblerait aujourd'hui très sage ... Point de galipettes échevelées ! Le mari devait se consacrer exclusivement à son épouse, et celle-ci ne devait d'ailleurs point aller pâturer ailleurs.
Sauf que cette sexualité s'organisait exclusivement autour du plaisir masculin, plus précisément du plaisir des mâles qui jouissent d'une situation sociale honorable. Et l'exposition du Musée Maillol reprend fort justement (enfin !) l'expression limpide de "sexualité de viol". Tout est bon pour satisfaire les pulsions du mâle dominant, la soumission de l'épouse, l'utilisation des esclaves, le recours aux hommes de rang inférieur. En résumé, ces relations physiques nous apparaissent aujourd'hui comme un moyen d'exercer sa domination au sein de la société, d'une façon violente ou non.
Euh ... ça ne vous rappelle rien ?
La céramique grecque antique nous offre parfois de bien curieux motifs, bannis de la plupart des livres grand public, a fortiori des manuels scolaires.
Je vous propose celui-ci ...

Il montre d'une façon fort explicite un satyre besognant un pauvre âne qui brait sa surprise, le sexe en érection... :blink:
Le satyre symbolise le monde sauvage, non-discipliné par l'homme. Ici, ce monde sauvage, c'est celui de la sexualité débridée. Et le mot a traversé les siècles pour désigner encore de nos jours un "homme lubrique" !
Les philosophes grecs ont toujours éprouvé quelque méfiance envers les pratiques sexuelles, tout en reconnaissant leur inévitable nécessité, parce qu'elles renvoient au côté animal de l'être humain. Et, dans l'échelle des débordements condamnables de la chair, la zoophilie occupe incontestablement le sommet.
La condamnation prend ici la forme de la dérision méprisante :largesmile:
Je vous propose celui-ci ...

Il montre d'une façon fort explicite un satyre besognant un pauvre âne qui brait sa surprise, le sexe en érection... :blink:
Le satyre symbolise le monde sauvage, non-discipliné par l'homme. Ici, ce monde sauvage, c'est celui de la sexualité débridée. Et le mot a traversé les siècles pour désigner encore de nos jours un "homme lubrique" !
Les philosophes grecs ont toujours éprouvé quelque méfiance envers les pratiques sexuelles, tout en reconnaissant leur inévitable nécessité, parce qu'elles renvoient au côté animal de l'être humain. Et, dans l'échelle des débordements condamnables de la chair, la zoophilie occupe incontestablement le sommet.
La condamnation prend ici la forme de la dérision méprisante :largesmile:
Je reste encore un peu dans la civilisation pharaonique, avec cette magnifique représentation du grand dieu Amon qui, sous l'apparence ithyphallique (
sexe en érection !)de Min, porte le nom ô combien évocateur de Ka-Mout-(e)f.
Kamoutef, cela peut se traduire par "Taureau d'sa mère ! "

Il s'agit ici de la 4ème planche d'illustrations de l'étude de Champollion sur le Panthéon égyptien publiée en 1823.
Petite précision, dans les versions postérieures de l'image, "Taureau d'sa mère" sera purement et simplement ... "castré" au nom du respect des bonnes moeurs
Kamoutef, cela peut se traduire par "Taureau d'sa mère ! "
Il s'agit ici de la 4ème planche d'illustrations de l'étude de Champollion sur le Panthéon égyptien publiée en 1823.
Petite précision, dans les versions postérieures de l'image, "Taureau d'sa mère" sera purement et simplement ... "castré" au nom du respect des bonnes moeurs
L'Egypte pharaonique continue à exercer un pouvoir de fascination extraordinaire. Oui, mais les images qu'en garde le grand public sont volontiers expurgées de tous les détails jugés stupidement scabreux. C'est-à-dire à caractère sexuel
Cette censure ou auto-censure n'apparaît guère qu'au cours du XIX° siècle, alors que les sociétés occidentales adoptent définitivement la morale bourgeoise. Le sexe se doit d'être caché ... Hors de question de montrer par exemple un membre en érection, même si ses représentations surgissent du fond des âges et n'offrent aucune connotation pornographique.
Pourtant, les savants qui accompagnèrent l'expédition de Bonaparte en Egypte, puis le fondateur de l'égyptologie, Champollion, un peu plus tard, n'avaient nullement l'intention de censurer quoi que ce soit dans leurs croquis ou lithographies. Exemple: cette magnifique représentation du dieu Amon-Atoum, extraite de la Description de l'Egypte .

Le grand dieu Amon est ici assimilé à Atoum, c'est-à-dire le Créateur du monde. Selon certaines traditions, Atoum a fécondé le Néant de sa semence ... en se masturbant. Et le voici à l'oeuvre
Cette censure ou auto-censure n'apparaît guère qu'au cours du XIX° siècle, alors que les sociétés occidentales adoptent définitivement la morale bourgeoise. Le sexe se doit d'être caché ... Hors de question de montrer par exemple un membre en érection, même si ses représentations surgissent du fond des âges et n'offrent aucune connotation pornographique.
Pourtant, les savants qui accompagnèrent l'expédition de Bonaparte en Egypte, puis le fondateur de l'égyptologie, Champollion, un peu plus tard, n'avaient nullement l'intention de censurer quoi que ce soit dans leurs croquis ou lithographies. Exemple: cette magnifique représentation du dieu Amon-Atoum, extraite de la Description de l'Egypte .
Le grand dieu Amon est ici assimilé à Atoum, c'est-à-dire le Créateur du monde. Selon certaines traditions, Atoum a fécondé le Néant de sa semence ... en se masturbant. Et le voici à l'oeuvre
Retour au tout début du XV° siècle, en compagnie du poète champenois Eustache Deschamps.
D'où venez-vous ? Où étiez-vous hier soir ?
- Et toi ? Tu viens de où en cette matinée ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ! - Il me faut le savoir !
- Et je n'ai pas fini hier ma journée!
Finir de faire quoi ? - De trouver une maîtresse.
Elle avait pourtant bonne poitrine, gros con et grosses fesses
14 fois je lui ai battu la poupée
Tant qu'elle m'a dit « Arrête, tu me blesses ! »
- Pendu soit celui qui ira y voir!
- Ainsi soit-il ! - Où fut-elle trouvée ?
- En un marché, sur le tard, il y faisait noir
"Et quand je l'eus en ma chambre emmeneé
Où il n'y avait aucune âme née en dehors de nous
Je la renversai, mais son con avait tresses
J'en fus tout ébahi et l'attrapai par là
Tant qu'elle me dit: " Arrête, tu me blesses !"
Je me mis alors à savoir ce qui en était,
Pourquoi une telle hure lui avait poussé
Elle me répondit que la coutume pour se montrer
Etait de faire ainsi dans la contrée
Et que sans poil elle en serait trop diffamée"
(balade n°1047, adaptation personnelle en français actuel)
D'où venez-vous ? Où étiez-vous hier soir ?
- Et toi ? Tu viens de où en cette matinée ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ! - Il me faut le savoir !
- Et je n'ai pas fini hier ma journée!
Finir de faire quoi ? - De trouver une maîtresse.
Elle avait pourtant bonne poitrine, gros con et grosses fesses
14 fois je lui ai battu la poupée
Tant qu'elle m'a dit « Arrête, tu me blesses ! »
- Pendu soit celui qui ira y voir!
- Ainsi soit-il ! - Où fut-elle trouvée ?
- En un marché, sur le tard, il y faisait noir
"Et quand je l'eus en ma chambre emmeneé
Où il n'y avait aucune âme née en dehors de nous
Je la renversai, mais son con avait tresses
J'en fus tout ébahi et l'attrapai par là
Tant qu'elle me dit: " Arrête, tu me blesses !"
Je me mis alors à savoir ce qui en était,
Pourquoi une telle hure lui avait poussé
Elle me répondit que la coutume pour se montrer
Etait de faire ainsi dans la contrée
Et que sans poil elle en serait trop diffamée"
(balade n°1047, adaptation personnelle en français actuel)
On quitte les siècles médiévaux pour une excursion, dramatique, dans les années 1660 ...
Le jeune poète Claude Le Petit laissait vagabonder sa plume d'une manière fort peu convenable. Je ne peux résister à la tentation de vous livrer la préface de son recueil intitulé "Le Bordel des Muses, ou les neuf Pucelles Putains"
Courtisans de Priape et du Père Bacchus,
Vigoureux officiers de nocturnes patrouilles,
Vénérables fouteurs d'inépuisables couilles
Et vous, garces à chiennes, croupions invaincus,
Quoi de nos braquemarts vous faites des quenouilles,
Dames du Putanisme, agréables gargouilles,
Vous, pâles empaleurs et chaussonneurs de crus
Venez tous au Bordel de ces Muses lubriques
L'esprit qui prend plaisir au discours satyrique
Déchargera sans doute, en entendant ces accords
Ce livre fleurira sans redouter les flammes
On souffle ici des lieux pour le plaisir des corps
On souffrira bien pour le plaisir des âmes
Un marginal, ce Claude Le Petit ! Peu de chance qu'il figure parmi les auteurs des programmes scolaires...
Elève au Collège des Jésuites de Clermont à Paris qu'il quitte à la suite d'un différend avec ses professeurs, il se querelle ensuite avec un moine qu'il poignarde ... Il quitte le Royaume de France et parcourt l'Europe pendant 8 ans; on le retrouve en Espagne, en Italie, en Bohême, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Angleterre .
Il rentre à Paris, s'y installe comme avocat, compose des chansons et des poèmes grivois et contestataires, mène une vie de débauche. Il est arrêté en août 1662, alors qu'il vient de confier les manuscrits de son "Bordel des Muses" à un imprimeur. Condamné à mort, le 1er septembre, "il est bruslé en place de Greve, après avoir eu le poing coupé, fait amende honorable devant Nostre-Dame-deParis et estranglé ... pour compositions de vers et de prose pleines d'impiété et de blasphème, contre l'honneur de Dieu, de la Vierge et de l'Estat" . Il avait 26 ans. Un an plus tôt, Chausson, un autre poète, à qui il avait dédié un sonnet, mourait dans les flammes pour crime de sodomie.
Le jeune poète Claude Le Petit laissait vagabonder sa plume d'une manière fort peu convenable. Je ne peux résister à la tentation de vous livrer la préface de son recueil intitulé "Le Bordel des Muses, ou les neuf Pucelles Putains"
Courtisans de Priape et du Père Bacchus,
Vigoureux officiers de nocturnes patrouilles,
Vénérables fouteurs d'inépuisables couilles
Et vous, garces à chiennes, croupions invaincus,
Quoi de nos braquemarts vous faites des quenouilles,
Dames du Putanisme, agréables gargouilles,
Vous, pâles empaleurs et chaussonneurs de crus
Venez tous au Bordel de ces Muses lubriques
L'esprit qui prend plaisir au discours satyrique
Déchargera sans doute, en entendant ces accords
Ce livre fleurira sans redouter les flammes
On souffle ici des lieux pour le plaisir des corps
On souffrira bien pour le plaisir des âmes
Un marginal, ce Claude Le Petit ! Peu de chance qu'il figure parmi les auteurs des programmes scolaires...
Elève au Collège des Jésuites de Clermont à Paris qu'il quitte à la suite d'un différend avec ses professeurs, il se querelle ensuite avec un moine qu'il poignarde ... Il quitte le Royaume de France et parcourt l'Europe pendant 8 ans; on le retrouve en Espagne, en Italie, en Bohême, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Angleterre .
Il rentre à Paris, s'y installe comme avocat, compose des chansons et des poèmes grivois et contestataires, mène une vie de débauche. Il est arrêté en août 1662, alors qu'il vient de confier les manuscrits de son "Bordel des Muses" à un imprimeur. Condamné à mort, le 1er septembre, "il est bruslé en place de Greve, après avoir eu le poing coupé, fait amende honorable devant Nostre-Dame-deParis et estranglé ... pour compositions de vers et de prose pleines d'impiété et de blasphème, contre l'honneur de Dieu, de la Vierge et de l'Estat" . Il avait 26 ans. Un an plus tôt, Chausson, un autre poète, à qui il avait dédié un sonnet, mourait dans les flammes pour crime de sodomie.
J'aimais jadis Jehanne, notre chambrière,
D'un trop puissant amour que je voulait la chevaucher .
- Mais ma femme s'était cachée chez elle.
Je l'abordai par l'arrière, libérai le faucon, le glissai en sa raie
Et entrepris fortement de lui battre le tambour.
J'aurais bien pu y rester 14 ans,
Car rien n'y fit ! Alors ma mégère sut bien me railler
En disant : « Ribaud, tu croyais donc t'occuper de Jehanne ?
Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
« Dieu ! La pauvre ! Quelle sale journée !
Tu n'as plus en toi ni pouvoir, ni matière;
Tu n'as plus désormais qu'un vieux tambour !
Mon cher ribaud, tu es près de la tombe !
J'aperçois bien ta ribaude manière
Tu ne peux plus cacher ta honte !
Dieu ! Voilà un drôle de valet pour dames labourer
Qui n'a en lui ni que moiteur et cendre !
N'aies plus soin de baiser ni d'embrasser
Jehanne . Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
De sa hanche elle me bailla alors un tour
En secouant tant que je chus en arrière
Honteux, je lui dis pour garder mon honneur :
« C'est celui qui vous connut , maintenant qu'il a triste allure,
Hélas ! C'est mon vit qui a connu vos trous
Où vous l'avez maintes fois fait pleurer !
Il vous craint tant qu'il n'ose se lever !
Pardonnez-moi, il vous a pourtant bien prise ! »
« Tais-toi, ribaud ! Tu croyais donc t'occuper de Jehanne ?
Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
Envoi
Prince, on doit bien honorer un tel vit,
Qui connait tout ce qui peut lui porter tort
Et qui ne veut se résoudre à sa faiblesse.
J'en suis bien amer, quand j'entends ma femme jaser
Qui n'arrête pas de dire
« Tu veux dépuceler Jehanne ?
Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
Il s'agit d'une adaptation personnelle en français actuel de la balade n° 926 des oeuvres complètes d'Eustache Deschamps, dans l'édition du marquis de Queux (!) de Saint-Hilaire de 1878... Comme à l'accoutumée, le poète ne lui avait pas donné de titre, mais l'érudit aristocrate l'a gratifiée d' un ô combien pudique « Récit d'une aventure amoureuse » ….
Eustache Deschamps pratiquait avec jubilation l'art de l'auto-dérision, n'hésitant pas à livrer à la curiosité de ses lecteurs les défaillance de sa virilité ... Tiens, en parcourant les pages du forum de Voissa, une idée peu convenable me vient à l'esprit : l'auto-dérision aurait-elle disparu avec le temps et laissé place ici à une exaltation fanfaronnesque de ses prétendues prouesses sexuelles ??? Mais ce n'est sans doute qu'une impression ...
D'un trop puissant amour que je voulait la chevaucher .
- Mais ma femme s'était cachée chez elle.
Je l'abordai par l'arrière, libérai le faucon, le glissai en sa raie
Et entrepris fortement de lui battre le tambour.
J'aurais bien pu y rester 14 ans,
Car rien n'y fit ! Alors ma mégère sut bien me railler
En disant : « Ribaud, tu croyais donc t'occuper de Jehanne ?
Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
« Dieu ! La pauvre ! Quelle sale journée !
Tu n'as plus en toi ni pouvoir, ni matière;
Tu n'as plus désormais qu'un vieux tambour !
Mon cher ribaud, tu es près de la tombe !
J'aperçois bien ta ribaude manière
Tu ne peux plus cacher ta honte !
Dieu ! Voilà un drôle de valet pour dames labourer
Qui n'a en lui ni que moiteur et cendre !
N'aies plus soin de baiser ni d'embrasser
Jehanne . Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
De sa hanche elle me bailla alors un tour
En secouant tant que je chus en arrière
Honteux, je lui dis pour garder mon honneur :
« C'est celui qui vous connut , maintenant qu'il a triste allure,
Hélas ! C'est mon vit qui a connu vos trous
Où vous l'avez maintes fois fait pleurer !
Il vous craint tant qu'il n'ose se lever !
Pardonnez-moi, il vous a pourtant bien prise ! »
« Tais-toi, ribaud ! Tu croyais donc t'occuper de Jehanne ?
Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
Envoi
Prince, on doit bien honorer un tel vit,
Qui connait tout ce qui peut lui porter tort
Et qui ne veut se résoudre à sa faiblesse.
J'en suis bien amer, quand j'entends ma femme jaser
Qui n'arrête pas de dire
« Tu veux dépuceler Jehanne ?
Nenni ! Ton vit ne veut se tendre ! »
Il s'agit d'une adaptation personnelle en français actuel de la balade n° 926 des oeuvres complètes d'Eustache Deschamps, dans l'édition du marquis de Queux (!) de Saint-Hilaire de 1878... Comme à l'accoutumée, le poète ne lui avait pas donné de titre, mais l'érudit aristocrate l'a gratifiée d' un ô combien pudique « Récit d'une aventure amoureuse » ….
Eustache Deschamps pratiquait avec jubilation l'art de l'auto-dérision, n'hésitant pas à livrer à la curiosité de ses lecteurs les défaillance de sa virilité ... Tiens, en parcourant les pages du forum de Voissa, une idée peu convenable me vient à l'esprit : l'auto-dérision aurait-elle disparu avec le temps et laissé place ici à une exaltation fanfaronnesque de ses prétendues prouesses sexuelles ??? Mais ce n'est sans doute qu'une impression ...
Marion, écoutez-moi.
Je vous aime plus que tout,
Et pour ce d'humble coeur vous prie
Qu'en dessous de votre ceinture
Me laisser de la turelure
Et de ma chevrette jouer.
Je vous apprendrai à danser
Au coursault et à faire maints tours
Robin, je ne saurais m'y résoudre
Doit-on ainsi parler d'amour ?
Oui, et je vous dis encore
Que je vous ferai chanter par art de nature
Et recommencer aussi.
Je vous montrerai la figure
Du contrepoint, et la mesure
Des semi-brèves accorder,
Préparer la voix, monter
Déchanter à rebours
Allez !Qu'on vous puisse étrangler !
Doit-on ainsi parler d'amour ?
Marion, celle qui sait cet art-ci
Y prend douce nourriture
Apprenez le fa et le mi.
Je vous apprendrai si bien l'écriture
Que vous ne vous en lasserez jamais
De savoir cet art, en dehors de compter
Une, deux, et mesurer les temps
Et enjoliver plus que le cours.
Vous me racontez des choses merveilleuses !
Doit-on ainsi parler d'amour ?
Apprenez-moi maintenant, mon doux ami,
Cet art!
Dès lors la touche et la mesure.
Ouvre les tableaux de son livre
Y enfonce sa plume raide et dure.
Elle crie un peu, mais elle supporte !
Et commence à noter:
Une, deux, la tierce doublée,
Et le rejoint, pour se réunir en ce chant:
« Doit-on ainsi parler d'amour ? »
Marion, qui est bien satisfaite,
A mis du coeur et du soin à solfier.
Quand elle sentit la douceur de l'art
Qui fit l'ouverture du livre,
Elle se pâme, et revint sur lui
Alors que Robin voulait s'en aller,
De ses deux bras elle l'enserra
Et se fit à nouveau besogner sa fleur.
Et lui dit: « Je ne veux plus demander:
Doit-on ainsi parler d'amour ? »
(Eustache Deschamps, Balade MCLXIX, tome VI des oeuvres complètes, édition électronique Gallica)
L'oeuvre date du tournant des XIV° et XV° siècles. La folie de Charles VI plonge le Royaume de France dans le désarroi .Les princes de sang se déchirent, les Anglais attendent leur heure, les gens d'armes désoeuvrées sèment la terreur dans les campagnes. Et la Cour s'abandonne aux plaisirs des sens.
Le poète Eustache Deschamps est un témoin de premier ordre de cette bien curieuse ambiance... Il nous donne ici une leçon de musique fort singulière, qui met en scène un Robin très entreprenant et une Marion peu farouche.
Sexe et musique: un couple infernal ! On suce l'anche double du basson, on embouche la clarinette, on cherche la position adéquate avec la coulisse du trombone... Le trombone, héritier de la médiévale sacqueboute (je tire, je pousse...), avec ses 7 positions et ses 5 registres si on est en forme, c'est un véritable Kamasutra instrumental, non ?
Je vous aime plus que tout,
Et pour ce d'humble coeur vous prie
Qu'en dessous de votre ceinture
Me laisser de la turelure
Et de ma chevrette jouer.
Je vous apprendrai à danser
Au coursault et à faire maints tours
Robin, je ne saurais m'y résoudre
Doit-on ainsi parler d'amour ?
Oui, et je vous dis encore
Que je vous ferai chanter par art de nature
Et recommencer aussi.
Je vous montrerai la figure
Du contrepoint, et la mesure
Des semi-brèves accorder,
Préparer la voix, monter
Déchanter à rebours
Allez !Qu'on vous puisse étrangler !
Doit-on ainsi parler d'amour ?
Marion, celle qui sait cet art-ci
Y prend douce nourriture
Apprenez le fa et le mi.
Je vous apprendrai si bien l'écriture
Que vous ne vous en lasserez jamais
De savoir cet art, en dehors de compter
Une, deux, et mesurer les temps
Et enjoliver plus que le cours.
Vous me racontez des choses merveilleuses !
Doit-on ainsi parler d'amour ?
Apprenez-moi maintenant, mon doux ami,
Cet art!
Dès lors la touche et la mesure.
Ouvre les tableaux de son livre
Y enfonce sa plume raide et dure.
Elle crie un peu, mais elle supporte !
Et commence à noter:
Une, deux, la tierce doublée,
Et le rejoint, pour se réunir en ce chant:
« Doit-on ainsi parler d'amour ? »
Marion, qui est bien satisfaite,
A mis du coeur et du soin à solfier.
Quand elle sentit la douceur de l'art
Qui fit l'ouverture du livre,
Elle se pâme, et revint sur lui
Alors que Robin voulait s'en aller,
De ses deux bras elle l'enserra
Et se fit à nouveau besogner sa fleur.
Et lui dit: « Je ne veux plus demander:
Doit-on ainsi parler d'amour ? »
(Eustache Deschamps, Balade MCLXIX, tome VI des oeuvres complètes, édition électronique Gallica)
L'oeuvre date du tournant des XIV° et XV° siècles. La folie de Charles VI plonge le Royaume de France dans le désarroi .Les princes de sang se déchirent, les Anglais attendent leur heure, les gens d'armes désoeuvrées sèment la terreur dans les campagnes. Et la Cour s'abandonne aux plaisirs des sens.
Le poète Eustache Deschamps est un témoin de premier ordre de cette bien curieuse ambiance... Il nous donne ici une leçon de musique fort singulière, qui met en scène un Robin très entreprenant et une Marion peu farouche.
Sexe et musique: un couple infernal ! On suce l'anche double du basson, on embouche la clarinette, on cherche la position adéquate avec la coulisse du trombone... Le trombone, héritier de la médiévale sacqueboute (je tire, je pousse...), avec ses 7 positions et ses 5 registres si on est en forme, c'est un véritable Kamasutra instrumental, non ?
Petit fabliau anonyme du XIV° siècle, qui met en scène, cette fois, un moine ...
Un moine s'endort en rêvant aux jolies filles assises aux portes et aux fenêtres entrevues par les rues de Nesle.
Et aussitôt commence à rêver, un rêve dont je sais la vérité. Il lui semblait qu'il était venu à une foire. Où, il ne le savait. Il n'y avait pas de baraques et l'on ne vendait ni lin ni laine. Plutôt, toute la foire était pleine et le marché complètement tapissé d'étals et de cons fendus. Tout le marché était plein de moines et de chapelains qui achetaient les plus beaux cons et se hâtaient de les prendre avant qu'ils ne fussent tous vendus.
Le moine vint à une outre. Celui qui en était le propriétaire lui sembla un fort honnête homme. Le marchand jure immédiatement par tous les saints cons de Rome qu'il lui vendra un con sans poil. Et le marchand lui en montre un. Vous ne vîtes jamais un monstre si laid, si décharné, si hideux ! Il avait les deux lèvres maigres et plus noires que du fer ! Il sembla bien être le trou de l'Enfer !
Alors le moine fut plein de colère. Il se prit à dire au marchand …
Ami, si les autres sont ainsi,
Vous n'en aurez jamais profit !
Si vendre vous fait envie,
Montrez-moi sans fâcherie,
Tout le meilleur que vous avez,
Par la foi que vous me devez,
Et si voulez mon respect .
Il en tire un autre de l'outre, dont tout le cuir est ratatiné, les os pointus et la peau sèche. Il était tout cornu de vieillesse, ce qui rendit le moine furieux. Il dit au marchand:
Ami,
Vous me faites une vilenie au moins
Quand vous me mettez dans les mains
Cette chose sans utilité !
Il a été dans un buffet,
A mon avis, cent ans gardé.
Il ne doit pas être regardé.
Des cons qui sont si desséchés,
Il y en a tant sur le marché
Qu'on en a pour un seul denier,
Qui veut en prendre un plein panier !
Je n'ai que faire de choses telles.
Je veux le con d'une pucelle,
Que je le trouve net et sublime,
Aussi blanc qu'une hermine,
A douce peau, à douce haleine,
A poil soyeux comme la laine,
Haut à la bosse et long au bout.
Et le marchand regarde dans son outre. Il a fouillé dans tous les coins jusqu'à ce qu'il trouvât un con anglais, qui était à une jeune Anglaise . Jamais Dieu n'en fit un si beau ! Jamais Dieu n'en fit de mieux ! L'entrée était douce comme du miel, et c'était dans un tel état que le poil folet lui pointe. En effet, il avait un joli mont et une belle bouche (…)
Marché conclu ! Le moine allonge le bras pour taper dans la paume du marchand . Encore plongé dans son rêve délicieux, il saute hors du lit et s'affale sur le fagot d'épines tranchantes posé sur le sol de la pièce. Honteux de sa mésaventure, il quitte rapidement l'auberge et rentre précipitamment à son monastère ...
La morale est sauve ...
Un moine s'endort en rêvant aux jolies filles assises aux portes et aux fenêtres entrevues par les rues de Nesle.
Et aussitôt commence à rêver, un rêve dont je sais la vérité. Il lui semblait qu'il était venu à une foire. Où, il ne le savait. Il n'y avait pas de baraques et l'on ne vendait ni lin ni laine. Plutôt, toute la foire était pleine et le marché complètement tapissé d'étals et de cons fendus. Tout le marché était plein de moines et de chapelains qui achetaient les plus beaux cons et se hâtaient de les prendre avant qu'ils ne fussent tous vendus.
Le moine vint à une outre. Celui qui en était le propriétaire lui sembla un fort honnête homme. Le marchand jure immédiatement par tous les saints cons de Rome qu'il lui vendra un con sans poil. Et le marchand lui en montre un. Vous ne vîtes jamais un monstre si laid, si décharné, si hideux ! Il avait les deux lèvres maigres et plus noires que du fer ! Il sembla bien être le trou de l'Enfer !
Alors le moine fut plein de colère. Il se prit à dire au marchand …
Ami, si les autres sont ainsi,
Vous n'en aurez jamais profit !
Si vendre vous fait envie,
Montrez-moi sans fâcherie,
Tout le meilleur que vous avez,
Par la foi que vous me devez,
Et si voulez mon respect .
Il en tire un autre de l'outre, dont tout le cuir est ratatiné, les os pointus et la peau sèche. Il était tout cornu de vieillesse, ce qui rendit le moine furieux. Il dit au marchand:
Ami,
Vous me faites une vilenie au moins
Quand vous me mettez dans les mains
Cette chose sans utilité !
Il a été dans un buffet,
A mon avis, cent ans gardé.
Il ne doit pas être regardé.
Des cons qui sont si desséchés,
Il y en a tant sur le marché
Qu'on en a pour un seul denier,
Qui veut en prendre un plein panier !
Je n'ai que faire de choses telles.
Je veux le con d'une pucelle,
Que je le trouve net et sublime,
Aussi blanc qu'une hermine,
A douce peau, à douce haleine,
A poil soyeux comme la laine,
Haut à la bosse et long au bout.
Et le marchand regarde dans son outre. Il a fouillé dans tous les coins jusqu'à ce qu'il trouvât un con anglais, qui était à une jeune Anglaise . Jamais Dieu n'en fit un si beau ! Jamais Dieu n'en fit de mieux ! L'entrée était douce comme du miel, et c'était dans un tel état que le poil folet lui pointe. En effet, il avait un joli mont et une belle bouche (…)
Marché conclu ! Le moine allonge le bras pour taper dans la paume du marchand . Encore plongé dans son rêve délicieux, il saute hors du lit et s'affale sur le fagot d'épines tranchantes posé sur le sol de la pièce. Honteux de sa mésaventure, il quitte rapidement l'auberge et rentre précipitamment à son monastère ...
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