www.youtube.com/embed/I_yWyR95GhA
Je vais enfin te pénétrer.
Je t'ai voulue, désirée, attendue, surprise. Je me suis souvent caché nu dans la forêt, redevenu la bête brute, écumant de rut, bandant à te fouetter, tendu, à la seconde près de l'explosion. Tu me voulais, en toi, je le sais, tu imaginais mon vit brûlant enfoncer dans ta poitrine ouverte une mort certaine, un au-delà de la condition de mâle et de femelle, cette puissante vague qui part du bas-ventre et remonte jusqu'au coeur. Tu me veux, et tu prolonges le désir, le moment où... non, noooon.
Je vais enfin te posséder, t'avoir comme seulement nous pouvons avoir une femme, en cheval de troie, en ruse, en mime de combat. En entrant dans Rome assiégée, déflorant à chaque fois la même, le parterre fleuri de ton intimité, en se roulant dans de l'herbe tendre et des pâquerettes, en étant au profond, dans de la mousse et des sous-bois, en toi. Introduit.
J'y arrive, et pourtant.
Je t'ai poursuivie, attrapée, ratée, détestée, asservie, tu as glissé entre mes doigts comme un poisson, une anguille, une genette agile. Tu as échappé au supplice que tu souhaitais pour tous tes crimes de beauté, tu t'es refusée, longtemps, tu ne voulais pas, jamais. La peur de la bête, le désir de nature, la supplication du viol, la chasteté de la femme qui choisit qui et où.
Je vais enfin y toucher. Paroi qui me repoussera quand mon sexe en butée sera au plus loin en ton corps étincelé.
Et pourtant. Ce moment maintenant m'indiffère. Et si là subitement je m'ennuyais ? Je regarde ton sein comme un trophée. Je t'ai. Tu es à moi. Il n'y a plus qu'à agir. L'envie me quitte-t-elle? un bref moment ? Je me demande, je ne sais plus. J'entre ?
Ou je te laisse...
Je t'ai voulue, désirée, attendue, surprise. Je me suis souvent caché nu dans la forêt, redevenu la bête brute, écumant de rut, bandant à te fouetter, tendu, à la seconde près de l'explosion. Tu me voulais, en toi, je le sais, tu imaginais mon vit brûlant enfoncer dans ta poitrine ouverte une mort certaine, un au-delà de la condition de mâle et de femelle, cette puissante vague qui part du bas-ventre et remonte jusqu'au coeur. Tu me veux, et tu prolonges le désir, le moment où... non, noooon.
Je vais enfin te posséder, t'avoir comme seulement nous pouvons avoir une femme, en cheval de troie, en ruse, en mime de combat. En entrant dans Rome assiégée, déflorant à chaque fois la même, le parterre fleuri de ton intimité, en se roulant dans de l'herbe tendre et des pâquerettes, en étant au profond, dans de la mousse et des sous-bois, en toi. Introduit.
J'y arrive, et pourtant.
Je t'ai poursuivie, attrapée, ratée, détestée, asservie, tu as glissé entre mes doigts comme un poisson, une anguille, une genette agile. Tu as échappé au supplice que tu souhaitais pour tous tes crimes de beauté, tu t'es refusée, longtemps, tu ne voulais pas, jamais. La peur de la bête, le désir de nature, la supplication du viol, la chasteté de la femme qui choisit qui et où.
Je vais enfin y toucher. Paroi qui me repoussera quand mon sexe en butée sera au plus loin en ton corps étincelé.
Et pourtant. Ce moment maintenant m'indiffère. Et si là subitement je m'ennuyais ? Je regarde ton sein comme un trophée. Je t'ai. Tu es à moi. Il n'y a plus qu'à agir. L'envie me quitte-t-elle? un bref moment ? Je me demande, je ne sais plus. J'entre ?
Ou je te laisse...
Une enjambée au dessus de l'eau, un pont et une coulée, du vent, de l'air, du soleil aussi, ou la nuit adoucie. Une longue traversée, une remontée d'estuaire, fil, courant et temps qui passe, l'eau à contre sens, comme un bateau entêté.
Je me souviens, je te retrouve, tu es là comme en robe d'été, tu te poses en mon regard, tu m'envahis soudainement d'un pli de désir. L'annonce d'un après-midi fauve. L'odeur d'une violente et longue sucée. Il fut un temps joli où nous nous sucions comme bonbons, nous avalions comme eau fraiche, nous régalions de nos viandes rougies. Fesses et langue. Mains et fente. Cuisses et caresses. Je te reprendrai en morceaux. Je me gourmanderai de toi. C'est cela, une amitié gourmande... dure et chaude comme le café. Du sucre, du moelleux, de la crème, du champagne en fantaisie. Je te retrouverai, petite madeleine, oblongue bouchée, réminiscence de mon avènement. Je suis né, d'une femme. De toi et de plusieurs, d'une lignée. Femmes qui se tiennent, se donnent le mot sans rien se dire. De mes ascendantes à mes amantes. Toi comme un centre.
Sous un pont, voit-on l'eau s'en aller ? Rien ne coule que si on le déséquilibre, le fleuve comme l'amour, ton corps comme mon puissant désir.
Je me souviens, je te retrouve, tu es là comme en robe d'été, tu te poses en mon regard, tu m'envahis soudainement d'un pli de désir. L'annonce d'un après-midi fauve. L'odeur d'une violente et longue sucée. Il fut un temps joli où nous nous sucions comme bonbons, nous avalions comme eau fraiche, nous régalions de nos viandes rougies. Fesses et langue. Mains et fente. Cuisses et caresses. Je te reprendrai en morceaux. Je me gourmanderai de toi. C'est cela, une amitié gourmande... dure et chaude comme le café. Du sucre, du moelleux, de la crème, du champagne en fantaisie. Je te retrouverai, petite madeleine, oblongue bouchée, réminiscence de mon avènement. Je suis né, d'une femme. De toi et de plusieurs, d'une lignée. Femmes qui se tiennent, se donnent le mot sans rien se dire. De mes ascendantes à mes amantes. Toi comme un centre.
Sous un pont, voit-on l'eau s'en aller ? Rien ne coule que si on le déséquilibre, le fleuve comme l'amour, ton corps comme mon puissant désir.
C'est le printemps et son je ne sais quoi dans l'air qui rend toute femme jolie, toute pensée légère et toute main fébrile. Prompte, déterminée à vouloir carresser le doux sein de la serveuse. Je reviens de mon endroit favori, mon lieu de lecture pépère, mon antre ouverte, bord de mer et bruits de familles. Une après-midi au bord de l'eau, comme un renoir, un manet, avec un canotier et verre de blanc frais. La serveuse était jolie. De très jolis seins qui montraient leur envergure de petits oiseaux, des seins mignons comme ceux qu'on met en bouche, une seule lampée et le tour est joué, ils sentent la peau fraiche et le café de midi, la douceur du coton qui les cache, ce simple vêtement ample, décoletté, juste, chaste et qui dira tout j'en suis certain à la première chatouille. Des yeux rieurs, un pli à leur racine, une moquerie dans le regard, une ample jeunesse, une verte impudeur. Un petit cul à mourir, rond, précis, oblong, évasé sur des cuisses qui fauchent l'espace dans un geste affolé. Les commandes sont trop à retenir, elle se trompe, elle me plait. Son petit cul me dit bonjour, de dos, je lui réponds, un sourire, et alors, si ses cuisses se fendent, je goûterais à un trésor simple, le plus simple de la nature, un gentil petit sexe, nid de printemps et ma faim qui y mord.
Mademoiselle !
Mademoiselle !
tu m'es entière et depecée, épars que tu ramasses, toute, et comme nue sous une pluie,
tu modèles toutes les gouttes et fédères les éclats, tu coules, ainsi, apaisée, allongée,
soumise sur de l'herbe trempée, tu me seras toute, ici et maintenant
tu m'héberges, je fais mon lit de ta folle jeunesse, de ton désir, de ta douce tendresse,
je te suis, tu m'as, tu m'enveloppes, battue, perdue et c'est toi qui tiens tout
marbre terre glaise, je frissonne ta matière, je te fais et c'est toi qui me crées
l'artiste ne peut rien face à la beauté qui palpite, je m'épuiserai stupide à te figer
tu modèles toutes les gouttes et fédères les éclats, tu coules, ainsi, apaisée, allongée,
soumise sur de l'herbe trempée, tu me seras toute, ici et maintenant
tu m'héberges, je fais mon lit de ta folle jeunesse, de ton désir, de ta douce tendresse,
je te suis, tu m'as, tu m'enveloppes, battue, perdue et c'est toi qui tiens tout
marbre terre glaise, je frissonne ta matière, je te fais et c'est toi qui me crées
l'artiste ne peut rien face à la beauté qui palpite, je m'épuiserai stupide à te figer
tu énumères en ma bouche nos mille nuits pour une seule
je suis sultan bédouin nomade marchand du monde imaginant tes courbes les dunes ma promenade à l'extase du sable brûlant je t'ai rêvée inventoriée comme un soleil dans mon désert
tu es brune lune oblongue récit de voile enamouré ô enduis toi d'organ de miel et de murmures exhale en moi enfin ma vierge l'odeur si fine de tes délices nous referrons conquis l'amour
je suis sultan bédouin nomade marchand du monde imaginant tes courbes les dunes ma promenade à l'extase du sable brûlant je t'ai rêvée inventoriée comme un soleil dans mon désert
tu es brune lune oblongue récit de voile enamouré ô enduis toi d'organ de miel et de murmures exhale en moi enfin ma vierge l'odeur si fine de tes délices nous referrons conquis l'amour
tu me manques
et ton odeur et ta voix et ton corps et ton ventre
tu me manques
et tes yeux et ta bouche et tes pieds et ton sexe
tu me manques
et tes bras et tes cris et tes cuisses et ton cul
tu me manques
et tes oreilles perdues et tes doigts qui s'enfoncent
et tes mamelons qui se pointent à l'étonnée de ma bouche
et tes respirations comme une large pluie d'été
et ton halètement à avaler mon désir et ta voix
tu me manques
je me manque et ne suis que l'ébauche je m'estompe
je me nuis je me manque
et ta débauche ? Où ? je m'évapore
tu me manques
je te veux pénétrer en toi par chacun de tes pores
je te veux écraser ton odeur de luxure sur mon sperme exhalé
je te veux et ton désir ton avanie ta beauté
je me veux ne suis plus que moitié
tu me manques en moi
je me manque en toi.
et ton odeur et ta voix et ton corps et ton ventre
tu me manques
et tes yeux et ta bouche et tes pieds et ton sexe
tu me manques
et tes bras et tes cris et tes cuisses et ton cul
tu me manques
et tes oreilles perdues et tes doigts qui s'enfoncent
et tes mamelons qui se pointent à l'étonnée de ma bouche
et tes respirations comme une large pluie d'été
et ton halètement à avaler mon désir et ta voix
tu me manques
je me manque et ne suis que l'ébauche je m'estompe
je me nuis je me manque
et ta débauche ? Où ? je m'évapore
tu me manques
je te veux pénétrer en toi par chacun de tes pores
je te veux écraser ton odeur de luxure sur mon sperme exhalé
je te veux et ton désir ton avanie ta beauté
je me veux ne suis plus que moitié
tu me manques en moi
je me manque en toi.
Comme une fleur venue d'on ne sait où petit Fané déjà pour moi pour toi dans les vitrines Dans un texte impossible à se carrer au lit Ces fleurs du mal dit-on que tes courbes dessinent On dit dans ton quartier que tu as froid aux yeux Que t'y mets des fichus de bandes dessinées Et que les gens te lisent un peu comme tu veux Tu leur fais avaler tes monts et tes vallées Tu es aux carrefours avec le rouge mis On y attend du vert de tes vertes prairies Alors que j'ai fauché ce matin dans ton lit De quoi nourrir l'hiver et ma mélancolie Mélancolie mélancolie la mer revient Je t'attends sur le quai avec tes bateaux blêmes Tes poissons d'argent bleu tes paniers ton destin Et mes mouettes dans tes cris comme une traîne
Je connais une femme lubrique à Paris Qui mange mes syllabes et me les rend indemnes Avec de la musique autour qui me sourit Demain je lui dirai des hiboux qui s'envolentJ'en connais dans ma nuit qui n'ont pas de fourrure Qui crèvent doucement de froid dans l'antarctique De cette négation d'aimer au bout de l'ombre Mes oiseaux font de l'ombre en plein minuit néonSous les verts plébiscites
Tu connais une femme lubrique à Moscou Qui mange tes syllabes et les met dans ton bortschIl connaît une femme lubrique à PékinQui mange sa muraille et la donne au Parti Demain nous leur dirons des hiboux qui s'envolent J'en connais dans leur nuit qui n'ont plus de jaquette Qui crèvent doucement de froid sous leur casquette Avec leurs beaux yeux d'or mêlés du Palomar là-bas Vers les voix de la nuit des étoiles perdues J'entends des sons lointains qui cherchent des caresses Et dans les faits divers là-bas ça s'exaspère Et ça tue le chagrin comme on tue la flicaille Au coin d'un vieux soleil exténué des glaces
Mélancolie Mélancolie la mer se calme Je vois monter partout des filles et des palmes Avec des fruits huilés dans la fente alanguie Les matelots me font des signes de fortune Ils se noient dans le sang du soleil descendant Vers l'Ouest toujours à l'Ouest Western de carton-pâte Le dentifrice dans la nuit se tient au rose Un néon de misère emprunté à tes yeux
Viens je t'emmènerai là-bas vers les grands astres Dans le désastre du matin ou chez Renault Voir comment l'on fabrique un chef et des autos
Voir la pitié grandir sur des croix qui s'enchristent Je t'aimerai sur la chaussée et son collant Ton goudron j'y prendrai le suc de mes cavales J'aurai l'air d'un roi nègre tu mettras à la moelle Où je glouglouterai repu ton sentiment
Ton sentiment a le goût de gazelle Ton ventre n'est qu'un champ de lavande à midi Et mon couteau qui crisse en y fauchant ma mie Est d'un faucheur distrait qui s'éploie sous ton aile Il est au féminin ton sentimentIl est comme ces demoiselles qui en ont à revendre Et qui le vendent bien Ton sentiment me fait gonfler mes voiles d'ange Ton sentiment me fait du bien au sentiment Et les fleurs du pavé poussent des cris étranges Moi qui viens du pavé vers toi et me dressant Et moi je ne te prends que ce que je te dois Si je n'avais que du sentiment à te filer Il y a bien longtemps que tu m'aurais banni De ton fief de ton cul de ta loi de tes langes Il y a bien longtemps que tu te serais cassée
Mais tu m'as réveillé Et tu nous as tirés de notre mort quotidienne Et puis toi tu te meurs dans la rue à midi Sous des flopées de soleils mous Et de ces mecs qui te prennent dans les mirettes Et qui te mirent bien dans l'os Des fois que leur labo pourrait leur renvoyer subito Ta dégaine grandeur naturliche A la mesure de leur page Des fois le soir ils te prendraient impunément Ils s'empaquetteraient de toi
De ton devoir de grue Comme dans un journal Au fond t'es un journal Je te lis je te plie je te froisse et tu cries Quand on froisse la soie la forêt sa copine Lui fait des cris de soeur lui fait des cris sublimes La soie du crépuscule a des cris de velours Dans des lits de parade Dans ces feuilles d'automne Des taches de rousseur sur la gueule des bois Je te lis je te plie je te froisse et tu cries Au fond t'es un journal Tu t'en prendrais plutôt pour cinq colonnes Chez toi le fait divers sonne comme un outrage Tu es partout chez toi et même aux mots croisés Tu m'y fais deviner les armes de ta voix Je t'aime et verticalement c'est bien Tu croises dans mes eaux quand je suis ton pirate je te lis je te plie je te froisse et tu cries Quand je t'aurai bien lue y compris les annonces J'irai au marché aux poissons Et t'envelopperai de moules vertes Au fond t'es un journal mouillé Avec ta robe imprimée en blanc et noir Et tes paroles que personne ne pourra plus lire Tu seras ma dernière nouvelle effacée sur le sable Tu seras mienne pour la mort je t'aime Et même avec la fin du monde La fin du monde abstraite où tout n'est que chiffré Avec ces coeurs d'acier leurs battements trichés Avec ces poumons d'or dans les cages-ascenseurs Où l'on se tient debout où l'on se tient ailleurs Tu vas descendre là pour t'entendre rêver Même le rêve gueule à n'y pouvoir plus rien Le silence est rempli du silence trop plein Quand ça déborde on croit venue la fin des temps De ces temps mesurés sur des machines obscènes Où les minutes ont des cons qui se promènent En se prenant pour l'Éternité Et même avec la fin du monde Je me démerderai pour que t'y voies que dalle Que dalle c'est pas mal ça ne fait que passer Ce rien qui prend ses aises aux week-ends de la mort Quand les ballots y accélèrent leurs victimes Enchâssée enchristée encollée à mon froc Tu partiras là-bas vers des boutiques fantastiques Vers le supermarché où l'on vend la paresse Où l'on vend de la mort aussi quand on s'y laisse Où l'on vend la fumée et le vent en paquet Et l'on paie en sortant avec des sortilèges L'instant Au cent millième de seconde Je te regarderai Tu monteras du fond des âges Tu te prosterneras Je te tendrai la main Et tu m'agrippera L'instant Il va fondre sur toi comme la foudre Trois cent mille bornes à la seconde Il n'aura plus le temps de s'attarder au feu rouge On grillera les feux d'alarme Et ma pensée qui te devance Regarde Écoute bien le chant de cet enfant maudit Que tu croiras ton mec et qui n'est qu'un mirage Oublié par ma mère au fond d'une poubelle Cette éternelle nuit Bien se laver le cul c'est donc ça le désordre! Regarde-moi là dans mes yeux regarde il vient l'instant Comme à l'automne les bandits jaunes Qui font aux arbres des hold-up mordorés Et tu vas t'envahir Et tu vas t'immerger Et te coloniser Tu es seule dans mes pattes Comme un saxo gueulant des chants désespérés Tes cris sont des violons des rues Des hautbois en plastique Des flûtes de laiton Et tu t'en fous C'est là il est là Entends la mer qui te remonte dans la gueule Et cette marée double au fond de tes yeux-feu Dans le feu de tes yeux mon regard s'est éteint Crie crie crie TU es moi JE c'est toi Comment t'appelles-tu? Tu t'appelles la nuit dans le ventre des filles De ces filles qui roulent au bord de la mort lente Tu t'appelles l'amour Tu es toutes les femmes Tu es TOI tu es ELLES Des Niagaras vernis me tombent dans la gueule Crie crie crie Tu n'es plus là parce que tu es moi Et que je suis ailleurs JE et TOI C'est tout comme Et l'on s'en va mourir au club des nuits cassées Qui donc réparera l'âme des amants tristes Qui donc réparera l'âme des amants tristes Qui donc réparera l'âme des amants tristes Qui donc?
Je connais une femme lubrique à Paris Qui mange mes syllabes et me les rend indemnes Avec de la musique autour qui me sourit Demain je lui dirai des hiboux qui s'envolentJ'en connais dans ma nuit qui n'ont pas de fourrure Qui crèvent doucement de froid dans l'antarctique De cette négation d'aimer au bout de l'ombre Mes oiseaux font de l'ombre en plein minuit néonSous les verts plébiscites
Tu connais une femme lubrique à Moscou Qui mange tes syllabes et les met dans ton bortschIl connaît une femme lubrique à PékinQui mange sa muraille et la donne au Parti Demain nous leur dirons des hiboux qui s'envolent J'en connais dans leur nuit qui n'ont plus de jaquette Qui crèvent doucement de froid sous leur casquette Avec leurs beaux yeux d'or mêlés du Palomar là-bas Vers les voix de la nuit des étoiles perdues J'entends des sons lointains qui cherchent des caresses Et dans les faits divers là-bas ça s'exaspère Et ça tue le chagrin comme on tue la flicaille Au coin d'un vieux soleil exténué des glaces
Mélancolie Mélancolie la mer se calme Je vois monter partout des filles et des palmes Avec des fruits huilés dans la fente alanguie Les matelots me font des signes de fortune Ils se noient dans le sang du soleil descendant Vers l'Ouest toujours à l'Ouest Western de carton-pâte Le dentifrice dans la nuit se tient au rose Un néon de misère emprunté à tes yeux
Viens je t'emmènerai là-bas vers les grands astres Dans le désastre du matin ou chez Renault Voir comment l'on fabrique un chef et des autos
Voir la pitié grandir sur des croix qui s'enchristent Je t'aimerai sur la chaussée et son collant Ton goudron j'y prendrai le suc de mes cavales J'aurai l'air d'un roi nègre tu mettras à la moelle Où je glouglouterai repu ton sentiment
Ton sentiment a le goût de gazelle Ton ventre n'est qu'un champ de lavande à midi Et mon couteau qui crisse en y fauchant ma mie Est d'un faucheur distrait qui s'éploie sous ton aile Il est au féminin ton sentimentIl est comme ces demoiselles qui en ont à revendre Et qui le vendent bien Ton sentiment me fait gonfler mes voiles d'ange Ton sentiment me fait du bien au sentiment Et les fleurs du pavé poussent des cris étranges Moi qui viens du pavé vers toi et me dressant Et moi je ne te prends que ce que je te dois Si je n'avais que du sentiment à te filer Il y a bien longtemps que tu m'aurais banni De ton fief de ton cul de ta loi de tes langes Il y a bien longtemps que tu te serais cassée
Mais tu m'as réveillé Et tu nous as tirés de notre mort quotidienne Et puis toi tu te meurs dans la rue à midi Sous des flopées de soleils mous Et de ces mecs qui te prennent dans les mirettes Et qui te mirent bien dans l'os Des fois que leur labo pourrait leur renvoyer subito Ta dégaine grandeur naturliche A la mesure de leur page Des fois le soir ils te prendraient impunément Ils s'empaquetteraient de toi
De ton devoir de grue Comme dans un journal Au fond t'es un journal Je te lis je te plie je te froisse et tu cries Quand on froisse la soie la forêt sa copine Lui fait des cris de soeur lui fait des cris sublimes La soie du crépuscule a des cris de velours Dans des lits de parade Dans ces feuilles d'automne Des taches de rousseur sur la gueule des bois Je te lis je te plie je te froisse et tu cries Au fond t'es un journal Tu t'en prendrais plutôt pour cinq colonnes Chez toi le fait divers sonne comme un outrage Tu es partout chez toi et même aux mots croisés Tu m'y fais deviner les armes de ta voix Je t'aime et verticalement c'est bien Tu croises dans mes eaux quand je suis ton pirate je te lis je te plie je te froisse et tu cries Quand je t'aurai bien lue y compris les annonces J'irai au marché aux poissons Et t'envelopperai de moules vertes Au fond t'es un journal mouillé Avec ta robe imprimée en blanc et noir Et tes paroles que personne ne pourra plus lire Tu seras ma dernière nouvelle effacée sur le sable Tu seras mienne pour la mort je t'aime Et même avec la fin du monde La fin du monde abstraite où tout n'est que chiffré Avec ces coeurs d'acier leurs battements trichés Avec ces poumons d'or dans les cages-ascenseurs Où l'on se tient debout où l'on se tient ailleurs Tu vas descendre là pour t'entendre rêver Même le rêve gueule à n'y pouvoir plus rien Le silence est rempli du silence trop plein Quand ça déborde on croit venue la fin des temps De ces temps mesurés sur des machines obscènes Où les minutes ont des cons qui se promènent En se prenant pour l'Éternité Et même avec la fin du monde Je me démerderai pour que t'y voies que dalle Que dalle c'est pas mal ça ne fait que passer Ce rien qui prend ses aises aux week-ends de la mort Quand les ballots y accélèrent leurs victimes Enchâssée enchristée encollée à mon froc Tu partiras là-bas vers des boutiques fantastiques Vers le supermarché où l'on vend la paresse Où l'on vend de la mort aussi quand on s'y laisse Où l'on vend la fumée et le vent en paquet Et l'on paie en sortant avec des sortilèges L'instant Au cent millième de seconde Je te regarderai Tu monteras du fond des âges Tu te prosterneras Je te tendrai la main Et tu m'agrippera L'instant Il va fondre sur toi comme la foudre Trois cent mille bornes à la seconde Il n'aura plus le temps de s'attarder au feu rouge On grillera les feux d'alarme Et ma pensée qui te devance Regarde Écoute bien le chant de cet enfant maudit Que tu croiras ton mec et qui n'est qu'un mirage Oublié par ma mère au fond d'une poubelle Cette éternelle nuit Bien se laver le cul c'est donc ça le désordre! Regarde-moi là dans mes yeux regarde il vient l'instant Comme à l'automne les bandits jaunes Qui font aux arbres des hold-up mordorés Et tu vas t'envahir Et tu vas t'immerger Et te coloniser Tu es seule dans mes pattes Comme un saxo gueulant des chants désespérés Tes cris sont des violons des rues Des hautbois en plastique Des flûtes de laiton Et tu t'en fous C'est là il est là Entends la mer qui te remonte dans la gueule Et cette marée double au fond de tes yeux-feu Dans le feu de tes yeux mon regard s'est éteint Crie crie crie TU es moi JE c'est toi Comment t'appelles-tu? Tu t'appelles la nuit dans le ventre des filles De ces filles qui roulent au bord de la mort lente Tu t'appelles l'amour Tu es toutes les femmes Tu es TOI tu es ELLES Des Niagaras vernis me tombent dans la gueule Crie crie crie Tu n'es plus là parce que tu es moi Et que je suis ailleurs JE et TOI C'est tout comme Et l'on s'en va mourir au club des nuits cassées Qui donc réparera l'âme des amants tristes Qui donc réparera l'âme des amants tristes Qui donc réparera l'âme des amants tristes Qui donc?
Aide
Laisser un commentaire

