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Spéciale dédicace à Ruérotique

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Soleil de fin d'après-midi complice
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Contrastes estivaux
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Nathalie 6c

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Nathalie était encore tout alanguie lorsque les autres remontèrent à bord. Le portable de Jacques sonna quelques instants plus tard et l’homme partit s’isoler dans la cabine pour répondre. Peu après, il ressortit avec un large sourire aux lèvres.

- C’était Gilbert, dit-il. Je ne savais pas qu’il était là, j’ai pas vu son bateau.

Michel parut ravi de la nouvelle.

- Il est avec Corinne ? demanda-t-il.
- Corinne et Natacha.
- Natacha ?
- Mais oui, souviens-toi, la copine avec qui ils étaient l’an dernier, la brune toute ronde !
- Ah oui ! s’exclama Michel avec une lueur intéressée dans le regard.
- Mais tu ne sais pas la meilleure… l’Amiral arrive ce soir !
- Houla ! s’exclamèrent en chœur Michel, Claudine et Marie-Claire.
- Oui, sourit Jacques, on a bien fait de s’échauffer un peu !

Devant les regards lourds d’incompréhension de Nathalie et Cathy, Jacques leur expliqua que l’Amiral était un banquier suisse qui possédait une superbe goélette. Lorsqu’il s’ancrait au rocher, c’était toujours pour organiser des orgies mémorables à son bord. Tout le monde était invité et cela débouchait invariablement sur des nuits de débauche inconsidérée.
Nathalie, qui se sentait légèrement fatiguée après ses récents ébats, ne montra pas d’enthousiasme particulier à l’idée d’une partouze géante avec des inconnus. Non seulement elle avait de l’énergie à récupérer, mais c’était encore une étape de plus à franchir. Ne serait-ce pas celle de trop qui viendrait malencontreusement gâcher sa fragile métamorphose ?
Cathy, habituellement excitée par toute nouveauté, ne manifestait pas davantage d’entrain.
Toutefois l’excitation des quatre autres était très communicative et, portées par ce flot d’impatience, elles finirent par accepter l’idée de plonger dans le grand bain…

La goélette fit son apparition à la nuit tombante. C’était un bateau magnifique de vingt-cinq mètres à coque de bois, bâti à l’ancienne, aux voiles brun clair du plus bel effet. Elle mouilla à une centaine de mètres de leur vedette, saluée par un concert de klaxons et autres cornes de brume. En quelques minutes, une bonne dizaine de zodiacs convergèrent vers elle et son vaste pont fut bientôt envahi d’une foule d’hommes et de femmes en tenue d’Eve. Les six compagnons se serrèrent dans l’annexe de la vedette et rejoignirent le majestueux trois mâts à leur tour.
Une fois à bord, Nathalie n’en crut pas ses yeux. La noblesse des bois rivalisait avec l’éclat des cuivres et, dans ce cadre somptueux où auraient dû s’ébattre queues de pie et crinoline, tous les convives étaient nus. Elle commença à se demander si elle ne poursuivait pas un très long rêve et si elle n’allait pas soudainement se réveiller dans sa petite chambre dijonnaise, fagotée dans son vieux pyjama beige avec une bonne gueule de bois en prime.
Il y avait des gens de tout âge qui s’égayaient autour d’un vaste buffet et riaient en trinquant avec des coupes de Champagne millésimé. Visiblement, Jacques et Marie-Claire ne connaissaient pas tout le monde. Ils échangeaient des bises de droite et de gauche et se faisaient présenter poliment aux inconnus, présentant à leur tour Nathalie et Cathy. Cette dernière jetait des regards furtifs autour d’elle avec une curiosité à fleur de peau qu’elle ne cherchait aucunement à dissimuler. Nathalie, plus réservée, se contentait de rester dans le sillage de ses amis afin de ne pas se retrouver perdue au milieu de cette foule qu’elle sentait prête à la dévorer toute crue. Cathy lui donna un discret coup de coude.

- Regarde celui-là, murmura-t-elle en indiquant une direction d’un coup de menton.

L’homme que lui montrait sa cousine était en effet fort beau. Il devait avoir une petite trentaine. Sa peau cuivrée et son épaisse chevelure noire ondulée lui donnaient un style très italien. Il était parfaitement bâti et se mouvait avec une grâce féline au milieu des convives.

- Celui-là, je lui saute dessus, poursuivit Cathy avec un petit rire excité.
- Clair, il est canon…
- Je peux partager si tu veux !
- On verra…

Nathalie ne se sentait pas à l’aise. Elle avait l’impression d’être un objet rapporté au milieu de ces gens qui paraissaient tous se mouvoir et se parler avec un naturel déconcertant. Elle ne surprenait aucun regard graveleux, tout paraissait extrêmement simple et bon enfant. Elle finit par saisir une coupe de Champagne et un petit four avant de rejoindre Marie-Claire et Jacques, en pleine discussion avec un petit homme bedonnant au nez chaussé d’épaisses lunettes de myope.

- A te voilà, dit Marie-Claire à son attention. Je te présente l’Amiral, propriétaire des lieux. Amiral, voici notre nouvelle compagne de jeux, Nathalie.

Le petit homme s’inclina et, à la grande surprise de Nathalie, lui fit un baise-main dans les règles de l’art accompagné d’un « enchanté, belle enfant » prononcé avec un accent précieux qu’elle trouva grotesque.
Ainsi c’était donc lui, le fameux « Amiral » ! Elle l’avait imaginé grand et fier, bronzé par la navigation en mer, et elle se retrouvait devant un nabot binoclard blanc comme un cachet d’aspirine à la musculature aussi timide qu’un enfant mort-né. Sa déception fut à la mesure de la frayeur qu’elle ressentit à l’idée que, peut-être, cet homme allait solliciter ses faveurs au cours de la nuit. Elle prétexta la recherche de sa cousine pour s’éloigner bien vite.
Elle retrouva Cathy en pleine discussion avec le bel étalon qu’elle lui avait montré quelques instants plus tôt. Une fois de plus Nathalie fut ébahie par l’aplomb de sa cousine. Il ne faisait aucun doute que cette coquine à la volonté bien trempée parviendrait à ses fins sans difficulté ! Le jeune homme n’était pas Italien mais Croate. Il faisait partie de ces jeunes loups qui avaient su saisir l’opportunité de la fin de la guerre pour bâtir une fortune grâce à la spéculation immobilière à Dubrovnik. Il s’appelait Goran et Nathalie dut admettre qu’elle le trouvait fort à son goût.

Soudain un son de cloche puissant interrompit brutalement les discussions. Six jeunes gens, trois garçons et trois filles, émergèrent de la cabine et s’empressèrent de ranger les reliefs du cocktail et de replier les tables. Ils étaient beaux comme des dieux et Nathalie comprit qu’il s’agissait des « mignons » de l’Amiral. Décidément, l’argent arrangeait bien les choses…
Une fois le pont débarrassé, une voix jaillit d’un haut-parleur accroché au grand mât. Nathalie reconnut l’Amiral.

- Mesdames et Messieurs, chers convives, voici venir l’heure des festivités. Si vous êtes prêts pour une nuit inoubliable, nous allons commencer. Lorsque la cloche retentira, chacun rejoindra la personne la plus proche et entamera la soirée avec elle, quelle qu’elle soit. Laisser le destin décider est le meilleur gage de volupté ! Lorsque la cloche sonnera une nouvelle fois, chacun pourra choisir son ou ses partenaires afin de poursuivre la nuit comme bon lui semble ! Qu’Aphrodite vous apporte plaisir et bonheur, chers convives !

Nathalie sentit alors la panique l’envahir. Les pensées se heurtaient dans sa tête. Le ridicule de la voix de l’Amiral, la surprise de se retrouver prise dans un jeu qu’elle n’avait pas prévu, et par-dessus tout l’angoisse de ne pas savoir qui allait être ce fameux partenaire désigné par le hasard. Cathy avait jeté son dévolu sur le beau Goran, aucun espoir de ce côté-là. Elle chercha Jacques et l’aperçu, plus loin, tenant sa femme par la main. Claudine ? La blonde était appuyée au bastingage en compagnie d’un homme d’équipage visiblement entreprenant. Michel ? Elle le vit se rapprocher fébrilement d’une brune replète qu’elle devina être la fameuse Natacha dont l’évocation avait allumé son regard après le coup de fil sur la vedette… Nathalie eut un instant l’angoisse de se retrouver seule lorsque la cloche retentirait. Mais elle vit qu’elle n’était pas seule dans ce cas et que de nombreux convives jetaient des regards inquiets autour d’eux.
Soudain la cloche sonna et le cœur de Nathalie manqua de s’arrêter net. Les couples se formèrent instantanément. Déjà Cathy avait plaqué ses lèvres sur celles de son étalon balkanique et l’enlaçait avec passion. Au moment où Nathalie commençait à envisager de plonger par-dessus bord dans les flots obscurs, une voix masculine l’interpella.

- Tu as perdu ton chevalier servant ?

Elle se retourna en un éclair et tomba nez à nez avec un véritable dieu vivant. Elle reconnut sans peine l’un des « mignons » de l’Amiral. Il était beau au-delà de l’imagination. Grand, parfaitement musclé et bronzé, il avait des cheveux blonds joliment bouclés et de grands yeux bleus profonds parfaitement dessinés.

- Moi c’est Charly, dit-il. Et toi ?
- Heu… Nathalie.

Elle ne pouvait que bredouiller tant ses moyens physiques et mentaux lui échappaient irrémédiablement. Il était impossible que cet Apollon fût l’amant que le destin lui avait désigné. Cette fois, elle était sure d’être en train de rêver et ses pensées s’effondrèrent comme un château de carte jusqu’à ce que son cerveau soit aussi désert que le Sahara. Elle allait s’évanouir, c’était une question de seconde. Le jeune homme dût le sentir car il l’invita avec douceur à s’asseoir sur l’un des bancs qui bordaient le bastingage. Elle sentit à peine les premiers baisers qu’il posa dans son cou et ne réalisa qu’après un temps infini qu’elle était dans ses bras et qu’il caressait doucement ses épaules.
Puis la réalité lui apparut à nouveau et tout son environnement sembla émerger d’un voile de brume. Elle perçut tout d’abord les mouvements, puis les sons, et enfin retrouva l’essentiel de ses sensations. A quelques mètres d’elle, Cathy était agenouillée entre les jambes écartées du beau Goran et, bien qu’elle ne vît pas l’intégralité de la scène, Nathalie savait ce qu’elle était en train de faire. Plus loin, au-delà de plusieurs couples étroitement enlacés, elle distingua Jacques et Marie-Claire étendus à même le tek, en pleines effusions. Elle chercha du regard Claudine et Michel mais ne les trouva pas. Le pont était jonché de corps fébriles entremêlés les uns aux autres dans un concert sourd de gémissements, de soupirs et de rires.
Et puis elle réalisa soudain sa propre situation. Elle était lovée dans les bras de Charly, cet éphèbe de dix ans son cadet, véritable ange tombé du ciel qui s’apprêtait tout simplement à lui faire l’amour, à elle… Ses mains étaient douces comme celles d’une femme et parcouraient le moindre centimètre carré de sa peau. Elle tressaillit lorsque l’une d’elles s’empara de son sein droit pour le masser avec une infinie délicatesse. Elle recouvra subitement tous ses esprits à ce contact et sentit son sexe s’épanouir et se gorger de sève. Une réflexion fugace acheva sa redescente sur terre : « ma fille, c’est le moment d’en profiter, oublie tout le reste ». Elle s’abandonna alors totalement et happa les lèvres du jeune homme comme s’il se fût agi d’un fruit délicat. De sa main gauche elle caressait sa musculature parfaite et chaque nouveau contact avec ce corps insensé déclenchait en elle une nouvelle montée de désir. Elle descendit sur le ventre dur et glissa vers le sexe qu’elle savait déjà dur. Elle le sentit, long et droit, tressauter lorsque ses doigts se refermèrent sur lui. Il était chaud et doux comme chaque parcelle de son propriétaire. Elle le devinait beau, parfaitement dessiné, sans le moindre défaut. Un sexe de dieu grec, gorgé de vie comme si Apollon se fût changé en Priape ensorcelant. Elle le tenait au creux de sa main sans oser jouer avec, se contentant de le posséder et de savourer la fierté de songer que c’était pour elle qu’il s’était dressé ainsi.
Lorsque la main de Charly s’enhardit entre ses cuisses et effleura sa corolle épanouie, elle eut un soubresaut de plaisir et crut un instant qu’elle allait jouir. La caresse du jeune homme l’incita à affermir la sienne et sa main se mit à coulisser le long de la hampe tendue entre ses doigts. Ils se caressèrent mutuellement durant de longues minutes, bercés par les soupirs des autres couples disséminés sur le pont. Sentant le plaisir irradier de plus en plus fort au creux de son sexe, Nathalie murmura simplement « je vais jouir » avant d’étouffer son gémissement dans le creux de l’épaule du jeune homme et de se laisser porter sur la vague délicieuse de l’orgasme.
A peine remise de cette première envolée, elle prit la main de Charly et l’éloigna délicatement de son entrecuisse. « Je te veux en moi » lui murmura-t-elle en s’allongeant sur le dos. Jamais elle ne sut d’où le jeune homme avait sorti le préservatif qu’il enfila adroitement sur son sexe avant de la pénétrer. Par contre elle n’oublierait jamais ce coup de reins puissant qui le propulsa en elle d’une seule poussée. Sous le coup de l’émotion, elle faillit jouir une nouvelle fois. Mais rapidement le plaisir violent laissa la place à quelque chose de beaucoup plus subtil, comme si elle avait atteint un stade supérieur de la plénitude. Alors que cette verge divine coulissait en elle en écartant délicatement ses chairs à vif, elle se sentit envahie d’un bien-être absolu, comme si elle se détachait de son propre corps tout en ressentant à l’extrême la moindre sensation. Ses yeux contemplaient avec calme le torse de son amant dont les muscles roulaient sous la peau tandis qu’il lui faisait l’amour. Elle posa une main sur son épaule et, de l’autre, se mit à jouer avec ses boucles blondes. Elle n’entendait plus les autres couples. Ils étaient seuls, elle et son jeune dieu, sur le pont de cet immense navire, bercés par la houle paresseuse. Ce n’était pas seulement son sexe qui entrait en elle, c’était lui tout entier. Il s’insinuait au cœur de son être un peu plus à chaque poussée jusqu’à se fondre en elle. Elle se sentait extraordinairement détendue alors qu’elle aurait dû se trouver au sommet de l’excitation sexuelle. Mais elle flottait au-delà, en apesanteur, au sein d’un univers brumeux peuplé d’eux seuls.
Même si cela parût impossible, le bien-être de Nathalie ne faisait qu’augmenter à mesure que les minutes s’égrenaient. Chaque pore de sa peau était grand ouvert et aspirait la vie que lui donnait son amant. Son sexe lui parut soudainement devenir liquide alors qu’une onde d’une puissance insoupçonnée y prenait naissance. La vague grossit et se répandit avec la lenteur d’une coulée de lave dans son ventre avant de remonter jusqu’à la pointe de ses seins et de déferler avec impétuosité dans son cerveau. Une lumière aveuglante éclata devant ses yeux tandis que tout son corps se tendait comme un arc et qu’elle se sentait projetée dans un vide infini.
Nathalie ne s’entendit pas crier. Elle était ailleurs, en-dehors de toute matérialité. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, Charly était étendu à ses côtés et la caressait tendrement. Cathy aussi était là et veillait sur son réveil avec une pointe d’anxiété mais aussi de jalousie.

- Ca fait dix minutes que tu es dans les vaps, ma belle, dit-elle. Tu peux me dire ce qui t’est arrivé ?
- J’ai joui je crois… balbutia Nathalie, qui avait la bouche sèche comme du papier.
- Ah ça, pour avoir joui, t’as joui… tout le bateau est au courant ! J’avais jamais entendu ça !
- Quoi donc ?
- Tu as poussé un cri comme si tu étais en train d’accoucher, ça a foutu la trouille à tout le monde !
- C’était… Mais Nathalie ne trouva pas ses mots.
- Tu me raconteras ça ma belle, y a intérêt ! En attendant souffle un peu, bois un coup… tu en as besoin. Moi je retourne voir mon Croate, je l’ai laissé en plan, le pauvre !

Cathy s’éloigna et Nathalie tourna la tête vers Charly. Le jeune homme souriait.

- Il s’est passé quoi au juste ? demanda-t-elle.
- Hé bien… il s’est passé que c’est la première fois que je vois un orgasme pareil...
- Et toi, tu as… ?
- Tu ne m’as pas vraiment laissé le choix… Quand tu es partie, tu avais de tels spasmes à l’intérieur que je suis parti aussi. Tu jouis toujours comme ça ?
- Non… c’est la première fois.

Charly se pencha et posa un baiser sur les lèvres de Nathalie. Celle-ci sentit un épuisement infini s’abattre sur ses épaules.

- Il y a un endroit où je pourrais me reposer ? demanda-t-elle.

Charly la conduisit alors dans l’entrepont et l’aida à s’étendre sur une couchette confortable. Elle s’endormit avant même qu’il eût quitté la cabine.
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Nathalie 6b

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Marie-Claire s’équipa à son tour, suivie de Cathy. Claudine quant à elle prétexta une douleur articulaire pour choisir le bain de soleil plutôt que la virée parmi les poissons. Nathalie décida de l’imiter et elles étendirent leur serviette sur le pont avant du bateau.

- Ca fait longtemps que tu connais Jacques et Marie-Claire ? demanda Claudine une fois qu’elles furent allongées.
- Trois jours…
- Trois jours ? Hé bé… vous n’avez pas traîné pour devenir intimes !
- Ils savent mettre en confiance. Et vous, vous les connaissez depuis longtemps ?
- C’est la troisième fois qu’on se retrouve ici. Mais ce que nous y faisons créé des liens…

Nathalie rit et acquiesça.

- Et les… parties fines… tu t’y es mise depuis longtemps ? reprit Claudine.
- Trois jours aussi.
- Alors là j’ai du mal à te croire !
- C’est pourtant vrai… Il y a une semaine j’étais encore une célibataire coincée et mal dans sa peau.

Nathalie se surprit alors à parler d’elle-même, ce qu’elle ne faisait jamais d’ordinaire. Elle évoqua ses complexes, le cloisonnement hermétique entre sa vie intérieure fantasmée et son existence publique rigide, le choc de cette arrivée à Saint-Tropez qui avait vu sa métamorphose accélérée. Claudine l’écoutait avec attention en souriant discrètement. Lorsque Nathalie se tut, elle lui avoua qu’elle avait eu un parcours un peu similaire. Education stricte, principes moraux bien arrêtés, mariage précoce avec un trader en bourse qui lui avait donné deux enfants… et puis la rencontre avec Michel, dix ans auparavant. Il l’avait libérée en douceur, lui ouvrant une à une les portes de jardins secrets aux fruits délicieux. A quarante-deux ans elle avait alors découvert toute l’étendue de sa séduction et toutes les possibilités que la vie pouvait offrir en matière de plaisir et d’épanouissement personnel. Elle avait découvert les clubs privés, les lieux libertins, les délices de la pluralité des partenaires, tout cela en conservant une complicité intacte avec son époux.
Nathalie, en l’écoutant, se sentit extrêmement proche de Claudine. Contrairement à Cathy qu’elle avait toujours considérée comme une fille délurée qui mettait à nu ses propres blocages, Claudine lui ressemblait. Elles avaient eu un parcours similaire et avaient ressenti le même souffle de vie au moment où leurs barrières intimes avaient volé en éclat. Derrière l’apparence ostentatoire et presque vulgaire de cette femme sophistiquée, elle lisait ses propres doutes et ruptures. Elle eut envie de l’embrasser et tourna la tête sur le côté. Claudine la regardait. Leurs regards se rivèrent l’un à l’autre et, une seconde plus tard, leurs lèvres se soudaient tandis que leurs langues se cherchaient avidement pour concrétiser leur connivence toute neuve. Elles s’enlacèrent étroitement, entremêlant leurs jambes et se caressant mutuellement avec une tendresse infinie. Nathalie ferma les yeux pour mieux savourer la douceur de cette main légère qui courait sur la peau brûlante de ses reins. Elle-même prenait possession des formes musclées de Claudine, apprivoisant ses courbes et ses volumes, effleurant le satin de son épiderme bronzé, parcourant toute la longueur de ses jambes et plongeant dans l’épaisseur duveteuse de sa chevelure de Californienne.
Une nouvelle fois le cœur de Nathalie se mit à battre la chamade pour une femme et une envie sexuelle primitive qu’elle n’aurait pu imaginer quelques jours auparavant la poussa à resserrer encore son étreinte afin de supprimer tout espace entre leurs deux corps. Elle poussa un soupir haletant lorsque la jambe de Claudine se glissa entre les siennes et vint écraser son sexe à nouveau trempé. Instinctivement, elle imprima un léger mouvement à son bassin afin de frotter son clitoris contre la cuisse dure qui la conduisait doucement vers le paradis.

- Attends, dit Claudine dans un souffle, on va essayer autrement… Assieds-toi.

Lorsque Nathalie fut assise, tremblant d’impatience, Claudine s’assit en face d’elle et glissa dans sa direction, passant sa cuisse gauche par-dessus la cuisse droite de Nathalie et sa cuisse droite par-dessous la gauche. Dans cette position, il leur suffisait de s’avancer l’une vers l’autre pour que leurs sexes entrent en contact. Après quelques contorsions du bassin, Nathalie sentit les chairs molles et humides de Claudine se coller à sa propre intimité. Le contact la surprit au plus haut point et l’électrisa. Les deux femmes devaient savamment coordonner leurs mouvements afin de ne pas rompre ce baiser très particulier. Après un temps de tâtonnements maladroits elles finirent par synchroniser leurs ondulations et purent alors savourer pleinement leur étreinte. A mesure que le plaisir grandissait en elles, leurs chairs se faisaient plus souples et plus glissantes. Le souffle de la brise marine ne parvenait pas toujours à couvrir les petits bruits de succion qui s’échappaient d’entre leurs cuisses lorsque les sexes, dans un mouvement particulièrement réussi, parvenaient à adhérer parfaitement l’un à l’autre. C’était alors une déferlante de frissons qui parcourait indistinctement les deux corps, passant de celui de Nathalie à celui de Claudine comme s’ils n’avaient fait qu’un.
Les deux femmes étaient en nage et heurtaient leurs bassins avec une frénésie que l’approche de la jouissance décuplait. Nathalie avait la bouche grande ouverte et aspirait l’air à grandes goulées comme si elle tentait de se maintenir à la surface d’un flot impétueux.

- Attends-moi… souffla Claudine, on va jouir ensemble…

Nathalie sentait déjà le bouillonnement de l’orgasme prendre naissance dans son ventre et dut faire un gros effort de concentration pour l’empêcher de déferler sur le champ. Elle stoppa ses mouvements, laissant Claudine faire l’effort final. Celle-ci grimaçait et haletait, tentant par des coups de reins de plus en plus violents de déclencher le plaisir libérateur.

- Je viens ! dit-elle soudain en serrant les dents. Viens avec moi…

Nathalie reprit alors ses ondulations avec frénésie, puisant dans ses dernières forces pour arracher l’orgasme du refuge où il attendait son heure. Lorsque la jouissance l’inonda jusqu’à la pointe des seins, elle se jeta sur Claudine et l’enlaça fébrilement en plongeant son visage dans le creux de son cou. Elle sentit alors les tremblements de plaisir de sa compagne qui gémissait tout contre son oreille. Une coulée de sève chaude perla du sexe de Claudine et se perdit entre les lèvres du sien. Elles restèrent serrées dans les bras l’une de l’autre plusieurs minutes, secouées par moments par quelques répliques de leur orgasme fusionnel. Ivres de plaisir et d’émotion, elles s’allongèrent l’une contre l’autre et continuèrent à s’embrasser et à se caresser pendant une temps qui leur parut infini.
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Nathalie 6a

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Chapitre VI
Samedi 21 juillet

Lorsque Nathalie ouvrit les yeux, elle était seule dans le lit et cela ne l’étonna pas. Cathy devait déjà avoir fait ses quarante minutes de footing pendant qu’elle-même récupérait dans les bras de Morphée. Elle s’assit au bord du lit et s’étira longuement en baillant avant de ramasser ses vêtements et de rejoindre sa chambre pour une douche bienfaisante. La chose faite, elle revêtit une petite robe sans prendre la peine d’enfiler le moindre sous-vêtement, puis descendit rejoindre les autres sur la terrasse. Elle esquissa un sourire en voyant Jacques et Marie-Claire prendre leur petit-déjeuner entièrement nus et songea que, malgré l’incroyable transformation qui s’était opérée en elle depuis quelques jours, elle n’avait pas encore totalement assimilé les réflexes d’une libertine en vacances… Aussi se débarrassa-t-elle de sa robe avant de saisir la cafetière fumante pour se joindre à ses amis. Jacques l’accueillit avec un tendre baiser assorti d’une caresse appuyée dans le bas du dos, immédiatement imité par son épouse. Un frisson parcourut l’épiderme de Nathalie qui se dit que, décidément, ces gens-là savaient vivre.

- Bien reposée la belle ? demanda Jacques avec un grand sourire.
- Très bien ! Je ne me souvenais plus qu’on pouvait aussi bien dormir !
- Tant mieux, parce qu’aujourd’hui on t’emmène à l’aventure !
- A l’aventure ?
- Oui ! Tu verras, j’en dis pas plus.

Marie-Claire sourit d’un air entendu en portant son bol de café à ses lèvres.
Cathy arriva une demi-heure plus tard, en nage. Elle se pencha pour embrasser tendrement sa cousine avant de filer prendre une douche. Lorsqu’elle revint, elle avait adopté la tenue qui semblait de rigueur ce matin-là, c'est-à-dire sans tenue du tout.
Jacques s’éclipsa vers onze heures et Marie-Claire réquisitionna les deux cousines pour préparer un solide pique-nique.

- Tu ne veux toujours pas nous dire ce qui se passe ? demanda Cathy une fois les denrées rangées dans une grande glacière.
- Non, c’est une surprise, mais on devrait bien s’amuser ! Prenez juste maillot de bain, serviettes et crème solaire, je me charge du reste.

Nathalie lança un regard interrogateur à Cathy mais se heurta à un mur d’incompréhension amusée.
Un quart d’heure plus tard, Marie-Claire les invita à monter en voiture.

- Et Jacques ? demanda Nathalie.
- On le rejoint !

Le trajet dura une vingtaine de minutes pendant lesquelles Marie-Claire emplit l’habitacle de son habituel babillage. Elle finit par se garer sur le grand parking jouxtant le port de Saint-Tropez. Jacques les attendait devant la capitainerie et les invita à le suivre. Ils longèrent un moment le quai avant d’emprunter un appontement flottant bordé de petits bateaux de tourisme. S’arrêtant devant une jolie vedette blanche au pont de tek, il s’écarta avec un grand sourire.

- Si mesdames veulent bien se donner la peine… dit-il avec un geste d’invitation indiquant le bateau.

Cathy et Nathalie échangèrent un regard stupéfait et hésitèrent un instant. Marie-Claire sauta alors à bord avec un gloussement ravi.

- Journée aventure ! rit-elle. On vous l’avait bien dit !

Les deux cousines descendirent à leur tour dans le cockpit, n’en croyant pas leurs yeux. L’embarcation, bien que de taille modeste, était très accueillante. Le cockpit était spacieux et le pont avant formait une plate-forme suffisamment vaste pour qu’ils puissent s’y prélasser tous les quatre. A gauche du poste de pilotage, trois marches descendaient dans le carré, petit salon confortable comprenant deux banquettes recouvertes de cuir blanc et une petite table basse. Au fond, il y avait même un petit réfrigérateur dans lequel Marie-Claire s’empressa de transvaser le contenu de la glacière.
Nathalie avait le cœur battant. Jamais elle n’avait rêvé se retrouver un jour sur un vedette à Saint-Tropez ! Ses yeux notaient les moindres détails, les inscrivant au fur et à mesure dans sa mémoire en lettres indélébiles. Cathy furetait partout, poussant des petits cris d’enfant à chaque nouvelle découverte. Jacques ramenait tranquillement les amarres en les regardant avec un air amusé. Quelques minutes plus tard, les moteurs hors-bord ronflaient doucement tandis que la vedette sortait du port à vitesse réduite.
Une fois passées les balises, Jacques se retourna pour vérifier que les trois femmes étaient bien assises sur les banquettes latérales et leur cria par-dessus son épaule « accrochez-vous les filles, c’est parti ! ». Il poussa immédiatement la manette des gaz et le bateau se cabra sous l’effet de la violente accélération. Cathy et Nathalie hurlèrent de concert, crispant leurs doigts sur les rebords du cockpit. Les longs cheveux de Nathalie, qu’elle avait négligemment noués derrière sa nuque, se mirent à voler tandis que le vent lui fouettait le visage.

Bientôt le port de Saint-Tropez parut ridiculement petit tandis que l’étrave fendait les eaux profondes du large. Les embruns iodés jaillissaient tout autour de la coque et mouillaient copieusement les passagères ravies et hurlantes. Jacques vira à tribord au bout de quelques minutes et ils se mirent à longer la côte découpée de la presqu’île. Ils doublèrent le cap Camarat, puis les plages de l’Escalet, le cap Tayat, la plage de la Bastide Blanche, la plage des Brouis, le cap Lardier et la vaste plage de Gigaro qui relie la Croix-Valmer à Cavalaire. La vedette continuait à filer bon train, conservant son cap à l’ouest tandis que le paysage défilait. Droit devant, les contours sombres des îles d’Hyères se rapprochaient.

- Tu nous emmènes où ? cria Nathalie. C’est pas l’île du Levant qu’on voit, là-devant ?
- Si, c’est elle, répondit Jacques. Mais c’est pas là qu’on va.
- Porquerolles ?
- Non plus.
- Port-Cros ?
- Non.
- Alors où ?
- Tout ça à la fois !

Nathalie se tut, éminemment perplexe. Une fois encore elle échangea un regard à la fois interrogateur et amusé à Cathy, qui semblait partager intensément ses questions.
A l’approche de l’île du Levant, Jacques fit virer la vedette sur bâbord et contourna la grande île par le sud. Droit devant, les rochers abrupts de la sauvage Port-Cros tombaient dans la mer. Les moteurs rugirent soudain moins fort et le bateau prit une allure plus posée en s’approchant d’un îlot rocheux au sud de Port-Cros. Nathalie distingua alors une bonne vingtaine d’embarcations au mouillage à l’abri du mistral, sur une eau rendue turquoise par les hauts-fonds.

- On y est ! cria Jacques. Ces dames peuvent se mettre à l’aise !

Sur ces mots, il mit les moteurs au ralenti et descendit du fauteuil de pilote pour retirer son caleçon, imité sur le champ par Marie-Claire. Cathy et Nathalie hésitèrent moins d’une seconde avant de retirer à leur tour paréo et maillot de bain. En approchant du mouillage, Jacques actionna trois fois l’avertisseur du bateau. Plusieurs trompes lui répondirent et Nathalie put distinguer, sur les ponts des navires à l’ancre, plusieurs personnes en tenue d’Eve qui leur faisaient de grands signes de la main. Jacques louvoya entre les embarcations et finit par immobiliser la leur à quelques encablures d’un beau voilier de douze mètres avant de jeter l’ancre.

- Il est temps que je vous touche deux mots sur tout ça ! dit-il avec un grand sourire. Vous savez toutes les deux que l’île du Levant abrite un des plus grands centres naturistes de France. Ce que vous ne savez pas, c’est que les libertins initiés ont aussi leur petit coin à eux. L’îlot qu pied duquel on est porte un nom officieux : Aphrodite. Pour moi c’est tout bêtement le paradis terrestre ! Regardez ça… dit-il avec un geste d’emphase. Une eau limpide, des fonds marins à couper le souffle, un isolement total… et des dizaines d’amis beaux comme des dieux avec lesquels partager la quintessence de la vie !

Nathalie comprenait enfin. Jacques et Marie-Claire les avaient emmenées dans le plus beau club libertin du monde. Elle comprenait aussi à quel point il s’agissait d’un privilège précieux. Elle n’avait la chance d’être là que parce que ses amis avaient estimé qu’elle le méritait. Elle faisait son entrée dans un cercle très fermé et en avait la pleine conscience. Elle frissonna, à la fois impressionnée et excitée. Qu’allait-il se passer ? Comment allait-elle se comporter au contact de ces inconnus ? Faire l’amour au sein du confortable cocon que constituait leur petit quatuor était une chose, mais parvenir à se libérer hors de cette enveloppe protectrice était une tout autre épreuve. En avait-elle seulement envie ? Après une brève introspection elle dût se rendre à l’évidence : oui, elle en avait envie. Une envie abstraite, qui ne se portait sur aucun être de chair en particulier, mais qui dépassait de loin les contingences bassement terrestres. C’était un frisson cosmique, un désir impérieux d’ouvrir des portes vers d’autres dimensions, vers d’autres réalités, vers une autre soi-même qu’elle sentait palpiter en elle depuis qu’elle avait quitté Dijon et qui prenait chaque jour une ampleur grandissante. Elle savait qu’elle était en train de naître une seconde fois et elle ferma les yeux sous l’effet de l’émotion qui lui nouait les tripes.
Lorsqu’elle sortit de ses pensées, Nathalie vit Jacques s’activer à la radio de bord. Quelques minutes plus tard, un Zodiac s’amarrait à leur vedette, avec un couple à son bord.

- Je vous présente de vieilles connaissances, dit Jacques à l’attention de Nathalie et Cathy tout en aidant les nouveaux arrivants à emprunter l’échelle de coupée. Voici Michel et Claudine, sans doute les seuls Isérois plus à l’aise sur un voilier que sur une paire de skis ! Il présenta ensuite Cathy et Nathalie aux invités.

Michel arborait une soixantaine sportive, un teint halé et une épaisse tignasse poivre et sel. Quant à Claudine, visiblement plus jeune que lui, elle devait avoir dépassé de peu la cinquantaine. Très entretenue, elle était aussi bronzée que son compagnon. Sa plastique athlétique et sa longue chevelure blonde l’assimilaient de façon troublante à une quinqua californienne habituée aux footings et aux salles de sport.
Nathalie remarqua que les embrassades étaient particulièrement chaleureuses, assorties de discrètes caresses sur les hanches ou les épaules. Visiblement, les deux couples se connaissaient bien.
Marie-Claire sortit du réfrigérateur tout le nécessaire pour un apéritif dans les règles et les convives s’installèrent sur les banquettes du cockpit en lançant la conversation sur le temps magnifique et les multiples bonheurs de la navigation estivale en Méditerranée. Nathalie et Cathy, un peu en retrait, eurent alors tout le loisir d’observer les nouveaux venus plus en détail. Ils semblaient particulièrement à l’aise dans leur nudité et ne cherchaient aucunement à prendre des postures de convenance. Nathalie se surprit d’ailleurs elle-même en ne ressentant aucune gêne par rapport à son propre corps, qu’elle offrait pourtant généreusement aux regards de la petite assemblée. Quelques jours plus tôt, elle n’aurait jamais pu imaginer déambuler ainsi, nue, exhibant ses multiples imperfections aux yeux de tous. Mais ce jour-là cela lui paraissait on ne peut plus naturel…
Sa position un peu à l’écart de la conversation était propice à la divagation de ses pensées, qui se firent de plus en plus coquines à mesure que le repas avançait. Son regard se posait de plus en plus fréquemment sur le sexe de Jacques, qui demeurait envers et contre tout l’objet principal de ses convoitises. Elle s’aperçut au bout d’un moment qu’il commençait à bander et leva les yeux. L’homme la regardait avec un demi sourire. Il avait intercepté son regard et s’en amusait, ce qui la fit rougir jusqu’aux oreilles. Claudine n’avait rien raté de leur manège et les observait tour à tour, discrètement. Elle posa alors la main sur la cuisse de son mari, tout près de son sexe, en se penchant pour l’embrasser sous l’oreille. Nathalie perçut immédiatement un début d’érection chez Michel. Les discussions se turent presque instantanément et l’atmosphère prit une tournure à la fois plus lourde et plus lascive. Marie-Claire s’était rapprochée de Jacques et s’appuyait tendrement sur son épaule. Ils s’embrassèrent langoureusement et le sexe de Jacques se dressa vers le ciel en quelques secondes. Tournant la tête vers la gauche, Nathalie vit que Claudine s’était emparée de la verge de son mari et la massait distraitement tout en regardant la mer. Nathalie sentit une vague de chaleur l’envahir. Une de ces vagues que, depuis quelques jours, elle connaissait bien. Une onde délicieusement annonciatrice de délices exquis… Comme mue par une force extérieure à elle-même, elle se pencha vers Michel et posa ses lèvres sur son gland, arrachant à l’homme un soupir de contentement. Claudine sourit et arrêta son mouvement, se contentant de tenir le sexe dressé de son mari par la base pour mieux l’offrir à la bouche de Nathalie. Celle-ci se sentait comme si elle venait d’échapper à elle-même pour se retrouver dans un espace de liberté totale où seule l’envie fixait les règles. Ses lèvres se refermèrent sur ce sexe inconnu jusqu’à l’envelopper entièrement avec un total ravissement. L’homme passa une main caressante dans ses cheveux tout en se renversant légèrement en arrière, les yeux mi-clos. Nathalie, guidée par un instinct impérieux, se mit à sucer Michel avec application, savourant le volume chaud et tendu de l’homme dans sa bouche. Claudine avait retiré sa main et embrassait tendrement son mari tout en jetant fréquemment des coups d’œil intéressés à ce qui se déroulait à l’étage en dessous.
Alors qu’elle relevait temporairement la tête pour reprendre son souffle, Nathalie jeta un coup d’œil sur sa gauche. Marie-Claire avait pris elle aussi son homme en bouche et lui administrait un traitement de faveur que Jacques appréciait visiblement au plus haut point. Nathalie se demandait ce que faisait Cathy lorsqu’elle sursauta, traversée par un délicieux frisson. Sa cousine venait de passer sa main entre ses cuisses et d’écarter d’un doigt à la fois léger et inquisiteur ses lèvres déjà fortement mouillées. Elle poussa un gémissement rauque lorsque deux petits doigts s’enfoncèrent en elle et commencèrent à la fouiller délicatement. Galvanisée par le plaisir qui irradiait de son sexe, elle reprit celui de Michel en bouche et le suça avec une ardeur renouvelée. Cathy remuait ses doigts avec une telle maestria que Nathalie sentit bientôt le plaisir se concentrer au creux de son ventre, signe que la jouissance n’allait pas tarder. La caresse qu’elle prodiguait à Michel se fit plus maladroite à mesure qu’elle se concentrait sur ses sensations. Puis les doigts de Cathy s’échappèrent aussi vite qu’ils étaient arrivés et, en se tournant à demi, Nathalie vit sa cousine l’abandonner pour rejoindre Jacques et Marie-Claire. Elle en ressentit une vive amertume mais se reconcentra bien vite sur l’homme qu’elle conduisait irrémédiablement vers l’apothéose dans la chaleur moite de sa bouche.
Alors qu’elle sentait Michel de plus en plus fébrile, deux mains fermes se posèrent sur ses fesses. Avant qu’elle n’ait le temps de se retourner, une masse de chair dure s’enfonça en elle, écartelant son intimité sans ménagement. Jacques… elle le reconnut immédiatement. Il s’était planté en elle de toute sa longueur. Elle s’arracha au sexe de Michel pour pousser un petit cri de plaisir et se remit aussitôt à l’ouvrage. L’espace d’une seconde, elle se vit dans la posture d’une actrice de porno, le postérieur offert aux assiduité d’un partenaire tandis que sa bouche en comblait un autre. Cette vision l’électrisa et l’orgasme la cueillit presque par surprise. Sa main droite s’agrippa à la hampe de Michel tandis qu’elle jouissait. L’homme ne résista pas davantage et propulsa son plaisir en abondantes giclées qui inondèrent son ventre ainsi que la main de Nathalie. Abasourdie, celle-ci releva la tête, laissant Jacques poursuivre ses pérégrinations entre ses fesses. A quelques mètres de là, on ne s’ennuyait pas non plus. Cathy et Marie-Claire s’occupaient ensemble de Claudine, qui semblait elle aussi au bord de l’explosion.
Nathalie abaissa alors son bassin afin d’indiquer à Jacques qu’elle souhaitait changer de position. L’homme se retira et la laissa se réorganiser comme elle l’entendait. Elle s’allongea sur le dos et s’arrangea pour caler sa tête entre les jambes de Marie-Claire, juste sous ses fesses rebondies. Tandis que Jacques se calait entre ses cuisses et la pénétrait à nouveau, elle entreprit de visiter l’intimité grassouillette de Marie-Claire, qui poussa un petit gémissement de joie pour saluer l’initiative. Claudine jouit quelques instants plus tard sous les efforts conjugués de ses deux partenaires et Marie-Claire put alors se concentrer sur les doux frissons que la langue de Nathalie lui offrait en titillant savamment son petit bouton.
Nathalie était au paradis. Jacques, son grand fantasme de ces derniers jours, lui faisait l’amour avec tendresse et fermeté, donnant naissance à de nouveaux prémices d’orgasme au creux de ses chairs. De sa main droite, elle caressait la fesse de Marie-Claire et de la gauche le torse musclé de Jacques. Elle était prise dans un tourbillon de folie et, dans son ivresse, dévorait avec une ardeur quasi animale le sexe se son amie qui, au bord de l’apoplexie, ondulait du bassin et miaulait de bonheur.
L’orgasme de Marie-Claire, bruyant et agité de soubresauts violents, déclencha le sien. Le sexe de Jacques alluma au fond du sien les multiples mèches d’un feu d’artifice grandiose et le plaisir traversa ses chairs comme un courant électrique bienfaisant qui la vida provisoirement de toute énergie.
Cathy, assise sur la banquette, se masturbait énergiquement en regardant les ébats de ses compagnons. Jacques, abandonnant Nathalie à ses limbes, la rejoignit et l’aida d’une langue passionnée à ouvrir les vannes de sa jouissance. Puis elle lui rendit la pareille en le masturbant très vivement jusqu’à ce que, à bout de résistance, il finisse par se répandre en jets saccadés sur le plancher en tek du cockpit.
Le silence s’installa, à peine ponctué par des rires et des cris lointains provenant d’autres bateaux. Les six protagonistes se regardaient en souriant béatement, échangeant quelques paresseuses caresses de reconnaissance.
Nathalie se sentait magnifiquement bien, allongée à même le sol de bois, offerte à la brise marine et aux regards, sexuellement comblée comme elle ne l’avait jamais été. Elle flottait dans une brume de volupté où la perplexité n’avait plus aucune prise sur elle. Les questions existentielles s’étaient envolées avec ses derniers reliquats de pudeur. Elle songea furtivement à son ancienne vie, qui ne s’était évanouie que depuis quelques jours, à ces soirées solitaires durant lesquelles elle se masturbait compulsivement devant le miroir de sa chambre, comme pour donner à son corps un plaisir nécessaire mais obligatoirement clandestin parce que non mérité. Aujourd’hui, allanguie au milieu de ces gens avec qui elle avait oublié toute mesure, elle se sentait vivre enfin. Elle voulait dorénavant aspirer l’existence à pleins poumons, sentir des corps nouveaux et multiples se tendre de plaisir sous ses caresses, jouir elle-même des attentions que lui prodiguaient des partenaires innombrables. Elle se sentait désirée et nul bonheur ne pouvaient rivaliser avec celui-là.

- Plutôt pas mal comme amuse-bouche, dit soudain Jacques avec détachement.

Nathalie se mordit la lèvre inférieure en se tournant vers lui. Décidément, cet homme là fonctionnait au kérosène et allait encore lui faire visiter bien des contrées d’ici la fin des vacances…

Après un bon quart d’heure d’indolence, les langues se délièrent à nouveau et les corps reprirent sur les banquettes une posture moins avachie. Claudine avait repris sa place à côté de son mari et Marie-Claire s’était lovée amoureusement contre le torse du sien. Michel et Claudine expliquèrent qu’ils étaient arrivés la veille au soir et avaient déjà connu une nuit torride sur un voilier appartenant à un joaillier lyonnais. Les deux couples accordaient une attention bienveillante à Nathalie et Cathy, qu’ils considéraient comme nouvelles initiées, et ils leur racontèrent de multiples anecdotes au sujet de l’îlot Aphrodite afin qu’elles perçoivent la philosophie du lieu et de ses visiteurs. Le mouillage était le point de rendez-vous d’un cercle libertin très sélectif et la tradition voulait que tout nouvel arrivant soit impérativement introduit par un habitué. Claudine rassura les deux jeunes femmes en leur certifiant qu’elles avaient réussi leur examen de passage avec brio, ce qui fit rougir Nathalie mais ne sembla pas déstabiliser Cathy le moins du monde.
Michel prit soudain un air grave en s’adressant à Jacques :

- Ces demoiselles ont montré qu’elles étaient à leur place parmi nous, mais n’oublions pas pour autant de valider leur baptême…

Les deux hommes se levèrent alors et s’approchèrent de Nathalie, qui prit un air de petit animal effarouché. Sans un mot, Michel la saisit sous les aisselles tandis que Jacques s’emparait de ses jambes. Avant qu’elle ne réalise ce qui lui arrivait, elle se sentit projetée dans les airs. Elle vit le ciel tournoyer au-dessus de sa tête juste avant de sombrer avec un grand plouf dans une eau qui lui parut glacée. Son cri s’étrangla dans sa gorge lorsqu’elle bloqua sa respiration instinctivement. Elle venait tout juste de resurgir à la surface quand une gerbe d’eau explosa à quelques mètres d’elle, engloutissant sa cousine. Accoudés au bastingage de la vedette, leurs quatre compagnons riaient à gorge déployée. Si Nathalie avait pu se sentir fort engourdie quelques minutes auparavant, elle était cette fois totalement réveillée et rejoignit l’échelle de coupée d’une brasse énergique. Le temps qu’elle se hisse à bord, Jacques et Michel s’étaient équipés de masques, tubas et palmes.

- Vous nous rejoignez, les filles ? demanda Jacques en s’apprêtant à sauter par-dessus bord.
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Nathalie 5

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Chapitre V
Vendredi 20 juillet

Nathalie s’éveilla à onze heure du matin. Elle n’avait pas dormi d’un sommeil aussi pur depuis des années et se sentait fraîche comme la rose. Elle s’assit dans le lit et s’étira avec délectation. A sa droite Jacques et Marie-Claire dormaient encore, collés l’un à l’autre. Leur nudité parut naturelle à Nathalie qui, depuis la veille, concevait tout à fait que l’on puisse vivre sans porter de vêtements. Elle les trouvait tellement mignons qu’elle s’attarda au lit pour les contempler. Cathy n’était plus là. Elle était certainement allée courir à la fraîche et rentrerait avec les croissants.

Nathalie se leva discrètement et rejoignit sa chambre pour prendre une douche. Après les folies de la nuit, personne n’en avait eu le courage et elle se sentait légèrement sale… L’eau tiède lui fit beaucoup de bien et la réveilla totalement. Elle était gaie et se sentait heureuse comme jamais. Elle passa une petite robe mauve sans se préoccuper d’enfiler des sous-vêtements, puis descendit à la cuisine. Pas trace de Cathy. Nathalie sorti le jus d’orange du frigo et s’en servit un grand verre avant d’aller s’étendre sur une chaise longue au bord de la piscine. Le soleil était déjà haut et les cigales s’en donnaient à cœur joie. En portant la paille à ses lèvres, Nathalie songea que la vie devrait toujours ressembler à ça. Elle eut un bref coup au cœur en songeant que dans moins de deux semaines elle devrait retourner à Dijon, seule. Mais cette sombre pensée s’évanouit bien vite et Nathalie se laissa bercer par la quiétude du lieu à la lisière de l’assoupissement.

Une demi-heure plus tard une porte claqua dans la maison et Cathy fit son apparition sur la terrasse. Elle portait un short et un bustier de sport et ruisselait de sueur. Nathalie se redressa légèrement et lui sourit. Elle la trouvait magnifique, tellement pleine de vie ! Cathy s’approcha et posa spontanément un baiser sur ses lèvres.

- Bien dormi poulette ? demanda-t-elle.
- Comme un bébé… en fait je crois que je n’ai jamais aussi bien dormi !
- C’est normal, dit Cathy avec un clin d’œil explicite.
- T’es allée courir ?
- Oui, j’ai fait la plage aller et retour. Mais c’était limite trop tard, il fait chaud là. En plus la plage est déjà bondée, je ne te dis pas les lourds que j’ai eu sur le dos, entre la bande de beaufs qui me félicitent et les joggers qui me doublent avec un clin d’œil macho…
- T’aurais dû en ramener un !
- Hé mais dis donc, tu es super gourmande depuis hier toi ! Je ne te reconnais pas, cousine !
- Une fois qu’on y a goûté…
- Je suis trop contente que tu le prennes comme ça. Et tu veux que je te dise ?
- Oui…
- Tu te débrouilles très très bien !

Nathalie rougit et Cathy lui claqua un bisou sonore sur la joue avant de disparaître dans la maison.

Jacques et Marie-Claire arrivèrent ensemble quelques minutes plus tard en se tenant amoureusement enlacés par la taille. Ils saluèrent Nathalie en l’embrassant tour à tour sur la bouche. Marie-Claire lui fit même une petite caresse sur la joue assortie d’un sourire complice.

Ils apportèrent sur la terrasse le jus d’orange, le café et les croissants que Cathy avait rapportés. Celle-ci les rejoignit après s’être douchée. Elle avait enfilé un short très court et un petit haut à bretelles qui laissait son ventre nu. On voyait nettement la pointe de ses seins soulever le tissu et cela amusa beaucoup les autres. Marie-Claire ne tarda pas à reprendre ses babillages mais, malgré la nonchalance du moment, les regards échangés en disaient long sur le ressenti de chacun. Derrière les papotages anodins se glissait un autre discours où la tendresse, la complicité et la reconnaissance tenaient le devant de la scène.

- Quel est le programme ? demanda Cathy entre deux gorgées de café.

Jacques s’étira.

- On pourrait heu… dormir ? dit-il en réprimant un bâillement.
- Hé bien l’homme, on ne tient pas le choc ? rit Cathy en lui tapotant la cuisse.
- L’homme a besoin de recharger ses accus, les femmes sont un peu trop gourmandes ! répondit-il.
- On a qu’à aller se caler dans une crique, dit Marie-Claire. Ca nous fera marcher un peu et ensuite l’homme pourra roupiller !
- Alors on se trouve une crique culs nus, dit Cathy. On a tous besoin de se dorer un peu le derrière !
- Ok, dit Jacques. On pose la voiture à l’Escalet et on se trouve un coin du côté de la Bastide Blanche. Par contre on ne part pas avant seize heures, pas envie de rôtir comme une merguez !
- Une merguez ? s’exclama Marie-Claire, tu te sous-estimes mon amour !

Ils éclatèrent de rire et convinrent d’une sieste au bord de la piscine avant de remettre en mouvement.

La sieste fut réelle et personne ne songea à la perturber par une quelconque approche érotique. Les ronflements de Jacques éclipsaient presque les cigales. Même Cathy, dont ce n’était pas le tempérament, s’endormit rapidement et profondément.

Ils garèrent la voiture à l’Escalet vers dix-sept heures. Evitant la plage, ils rejoignirent le sentier des douaniers qui faisait tout le tour de la presqu’île de Saint-Tropez, jusqu’à la Croix-Valmer. Nathalie et Marie-Claire, peu sportives, peinaient un peu tandis que Cathy et Jacques caracolaient en tête. Au bout d’une grosse demi-heure de marche, ils parvinrent au plus beau site que Nathalie ait jamais vu : le Cap Tayat. Une île rocheuse s’étirait vers le large, reliée à la côte par un isthme de sable blond. Une fois sur la plage, on avait la mer de deux côtés. Du côté sud, la mer était houleuse et de beaux rouleaux écumeux venaient se briser sur le sable dans un grondement de ressac envoûtant. Au nord, à l’abri du vent, la mer était d’huile. Au loin, après un nouveau tronçon de sentier, on apercevait une autre plage à l’arrière de laquelle une petite maison de vigneron d’une blancheur éclatante brillait au soleil. En raison de la difficulté d’accès, les plages étaient peu peuplées. La plupart des gens qui les fréquentaient venaient en fait en bateau. Un rapide coup d’œil permit à Nathalie de se faire une idée sur l’esprit de tolérance du lieu. Quelques familles avec enfants partageaient l’espace avec des jeunes couples ou des groupes de marcheurs. Côté textile, la mixité était de mise : il y avait à peu près autant de maillots de que de fesses nues, et tout cela en bonne entente.

- On s’arrête ici ? demanda Jacques.

En voyant le visage rouge et suant de son épouse, il connut la réponse avant même de terminer la question. Ils installèrent donc serviettes et rabanes à quelques mètres de l’eau, bonne distance des voisins. Nathalie fut la première à retirer sa robe sous laquelle elle ne portait rien, à la grande surprise de Cathy qui, décidément, ne revenait pas de l’audace toute neuve de sa cousine. Les autres l’imitèrent aussitôt et Marie-Claire trottina vers la mer en dodelinant de son accorte postérieur, bientôt rejointe par Nathalie.

Elles posèrent leurs fesses dans l’eau et laissèrent les vagues rafraîchir leur peau surchauffée par la marche et le soleil.

- J’en peux plus, dit Marie-Claire en riant. Décidément le sport et moi ça fait deux !
- Pas mieux… je crois que ça doit faire dix ans que je ne me suis pas remuée comme ça.
- Tant qu’on est dans l’activité physique, on va nager ?
- Ok, je te suis…

Elles entrèrent dans l’eau et s’éloignèrent du rivage à la brasse. De la plage, Jacques et Cathy entendaient le babillage de Marie-Claire parmi le bruissement des vagues. Rapidement essoufflée, cette dernière demanda à faire demi-tour après quelques dizaines de mètres et rejoignit les autres sur le sable. Nathalie, qui se sentait royalement bien dans l’eau, se laissait bercer par les vagues en plongeant de temps en temps pour échapper à la morsure encore vive du soleil. Entre deux plongées elle aperçut Jacques qui entrait dans l’eau et ressentit le vif désir qu’il la rejoigne. Il nageait un crawl parfait et fut à ses côtés en quelques secondes.

- Bonjour belle sirène, dit-il en embrassant rapidement ses lèvres salées.
- Bonjour bel homme, répondit Nathalie en l’embrassant à son tour.

Jacques plongea et disparut une dizaine de secondes sous la surface tandis que Nathalie le cherchait des yeux. Lorsqu’il réapparut, il arborait un grand sourire.

- On voit des choses merveilleuses sous l’eau ! dit-il.
- Ah oui ? Quoi donc ?
- On constate que les sirènes ont des jambes, et fort jolies en plus !
- Hum et c’est tout ?
- Elles ont aussi un derrière qui ressemble à la pleine lune et un petit abricot fendu fort mignon !
- Ah voyez-vous ça…
- D’ailleurs je retourne voir…

Et Jacques plongea à nouveau. Nathalie poussa un cri quand il lui saisit les pieds et fit remonter ses mains le long de ses jambes avant de refaire surface. Elle riait aux éclats et leurs lèvres se rencontrèrent tendrement. Puis Nathalie se déroba et plongea à son tour.

- T’as raison, on voit de ces trucs sous l’eau ! dit-elle une fois revenue à l’air libre.
- Ah ? Quoi donc ?
- Une épave !
- Une épave ??
- Oui, avec le mât encore dressé !

Sur ces mots, elle referma sa main sur le sexe de Jacques qui avait retrouvé une vigueur toute neuve. Ils s’embrassèrent à nouveau, puis Nathalie replongea. Elle vida ses poumons de moitié afin de se maintenir sous l’eau et prit brièvement la verge de l’homme dans sa bouche, juste le temps de la sentir durcir contre sa langue. Lorsqu’elle remonta, l’homme l’enserra dans ses bras et fit descendre ses mains sur ses fesses. Ils eurent alors toutes les peines du monde à se maintenir hors de l’eau. Nathalie découvrait les jeux aquatiques et ne s’en lassait pas.

- Viens par là, dit Jacques en indiquant un éperon rocheux.

Ils contournèrent l’éperon, ce qui les mit hors de vue de la plage. Le fond remontait et Jacques sentit qu’il avait pied. Il saisit alors Nathalie sous les fesses et la souleva tandis qu’elle enroulait ses bras autour de son cou. Leurs sexes entrèrent rapidement en contact et leurs baisers se firent plus gourmands. Nathalie tentait de faire entrer la verge de Jacques en elle mais, à sa grande déconvenue, n’y parvenait pas. Elle poussa un peu plus fort et en ressentit une vive douleur qui la fit crier.

- Désolée, ça rentre pas, dit-elle d’un air piteux.
- C’est l’eau salée... normal… mais dommage !
- Attends…

Nathalie passa une main entre ses cuisses et caressa son clitoris, faisant monter le plaisir rapidement.

- On réessaie, dit-elle après une minute.

Jacques la souleva à nouveau et elle écrasa son sexe sur le sien. Cette fois il entra en elle, mais elle ne put retenir un autre cri.

- Ca va ? demanda Jacques.
- Oh non… tu m’as déchirée là…
- Je suis désolé ma belle.
- Non c’est moi, j’ai qu’à pas être si pressée… en tout cas ça calme…
- Je te ferai un petit massage ce soir…
- Hum… ok.

Ils s’embrassèrent une nouvelle fois tendrement avant de reprendre leur nage en direction de la plage et de rejoindre leurs deux compagnes. Marie-Claire, qui avait l’œil entraîné, sourit d’un air narquois en voyant que le sexe de son homme avait un volume inhabituel.

- Vous avez la santé, dit-elle. Moi je suis KO.

Cathy ne disait rien. Allongée sur le ventre, elle dormait à poings fermés. Nathalie et Jacques s’étendirent sur leurs serviettes et entamèrent enfin leur séance de bronzage…

La nuit tombait presque quand ils rejoignirent la voiture. Marie-Claire était exténuée par la marche du retour, mais ravie d’avoir fait un peu d’exercice. Arrivés à la maison, ils préparèrent un repas rapide et frais qu’ils arrosèrent d’une bonne bouteille de Côte de Provence. Puis ils s’installèrent dans les chaises longues et profitèrent de la fraîcheur du soir en papotant. Nathalie trouva l’ambiance bien calme par rapport à la veille à la même heure… Vers minuit, Jacques et Marie-Claire se levèrent.

- Bon les filles, dit Jacques, ce soir on va se reposer un peu, ok ? Marie a besoin de dormir et on vous a prévu un petit quelque chose pour demain, alors il faut reprendre des forces !

Ils saluèrent Nathalie et Cathy, puis disparurent dans la maison.

- On dort ensemble, poulette ? demanda Cathy.
- Ok.

Elles montèrent à leur tour. Nathalie passa dans sa chambre prendre une douche et changer sa robe contre une nuisette d’été légère, puis rejoignit sa cousine. Celle-ci était déjà sur le lit en train de parcourir un magazine. Nathalie se glissa sous le drap, ravie de sentir le corps tiède de Cathy à côté d’elle.

- C’est incroyable, ces vacances, dit-elle.
- J’étais sûre que ça te ferait du bien… en tout cas tu t’y fais vite !
- Oui je trouve aussi, et c’est ça qui m’étonne le plus. Je me sens tellement bien avec vous que je trouve tout très naturel.
- Jacques et Marie sont super pour ça. Ils sont simples, joyeux, ne se prennent jamais la tête... Moi j’ai été en confiance tout de suite.
- T’avais jamais baisé avec eux à Paris ?
- Non. En fait on avait passé plusieurs soirées ensemble qui se terminaient un peu chaudement, genre strip poker ou autre. Mais pas de sexe.
- Et avec d’autres, tu l’avais déjà fait à plusieurs ?
- Non.
- T’as pas beaucoup d’avance sur moi alors !
- Juste deux nuits !
- Et avec une femme, tu avais déjà essayé ?
- Oui. Plusieurs fois. J’aime bien mais seulement de temps en temps. Je ne peux pas me passer des hommes.
- Jacques… c’est trop bon avec lui…
- Toi aussi il te fait craquer ! Oui, c’est un super coup cet homme là. Marie a tiré le gros lot, pas de doute.

Elles se turent, chacune se perdant dans ses rêveries. Puis Cathy éteignit la lumière et prit Nathalie dans ses bras.

- Je suis vraiment contente que tu sois venue, cousine.
- Moi aussi…

Elles se donnèrent un baiser sur les lèvres, puis un second.

- T’as envie ? demanda Nathalie.
- Oui…

Elles se caressèrent tendrement en collant leurs corps l’un à l’autre. Leurs bras se croisèrent et chacune glissa sa main dans l’entrecuisse de l’autre. Elles se masturbèrent mutuellement en se faisant de petits baisers très doux pendant plus de dix minutes. Cathy jouit la première, enfonçant son visage dans le cou de sa cousine pour étouffer ses soupirs. Puis elle accentua ses caresses autour du clitoris de Nathalie, qui jouit à son tour. Il n’y avait rien à voir avec l’euphorie de la veille, mais elles trouvèrent toutes deux beaucoup de charme à ce petit moment intime et s’endormirent dans les bras l’une de l’autre.
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Nathalie 4f

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Ils traversèrent le salon et s’engagèrent en file indienne dans l’escalier qui menait aux chambres, Jacques ouvrant la marche et Cathy la fermant. Ils passèrent devant la chambre de Nathalie et entrèrent tous les quatre dans la suivante, celle de Jacques et Marie-Claire. Nathalie demeura interdite en découvrant cette pièce réservée à l’intimité des propriétaires. C’était une chambre très spacieuse de près de quarante mètres carrés, meublée et décorée avec un soin tout particulier. Le sol était carrelé de tomettes provençales et les murs peints en blanc. En face de l’entrée, une énorme armoire en merisier séparait deux vastes fenêtres donnant sur la piscine. Sur la droite, une petite porte cintrée conduisait à la salle d’eau privative. Encadrant cette porte, deux reproductions rompaient l’uniformité du revêtement blanc tout en détrompant un éventuel visiteur qui aurait pris la chambre pour une cellule de moine chartreux : à gauche, le Déjeuner sur l’Herbe de Manet et à droite, L’Origine du Monde de Courbet. Dans la partie est de la pièce, à droite en entrant, une large niche occupait deux tiers de l’espace mural. A gauche de cette niche, une penderie était entrouverte. Mais ce fut le contenu de la niche qui arracha à Nathalie une exclamation de surprise. Car, au fond de la niche, il y avait le lit… Un lit comme jamais Nathalie n’en avait vu auparavant. Certes, il n’était pourvu d’aucun baldaquin ni rideau en velours d’aucune sorte… Il mesurait juste trois bons mètres dans sa largeur ! Le bois de lit était en merisier, visiblement assorti à l’armoire. Un simple drap blanc le couvrait, légèrement froissé par endroits bien que positionné avec soin.

Marie-Claire perçut la surprise de Nathalie et se mit à rire.

- Il est exceptionnel que nous ne soyons que deux sur cette couche, dit-elle en imitant l’accent aristocratique du seizième arrondissement, d’où ses mesures légèrement… gargantuesques ! Maintenant chère amie, si vous voulez bien vous donner la peine… à vous l’honneur !

Elle désigna le lit d’une main tout en poussant légèrement Nathalie aux fesses de l’autre. Celle-ci s’approcha d’un pas hésitant de l’imposante litière et y grimpa. A quatre pattes, elle tortilla du derrière jusqu’à ce qu’elle ait rejoint les oreillers et s’allongea au beau milieu de l’immense espace blanc. Marie-Claire la suivit ainsi que Cathy. Les deux femmes s’allongèrent, l’une à sa gauche, l’autre à sa droite. Jacques, quant à lui, était demeuré debout au pied du lit et les contemplait.

- Regardez-moi ce paon ! dit Marie-Claire en riant. Vous savez ce qui se passe dans la tête de ce bel homme en ce moment, les filles ? Hé bien ce bel homme jubile comme un gourmet devant lequel on viendrait d’étaler les plats du dîner ! Je le connais celui-là, il goûte les mets par les yeux avant de les dévorer ! Il est temps de choisir ton entrée mon chéri !

Jacques souriait et Nathalie devina de très légers mouvements au niveau de ses épaules qui montraient même qu’il riait. L’œil de l’homme était plus vif que jamais et un bonheur jubilatoire se lisait dans son regard. Les pattes d’oie aux commissures des paupières rendaient d’autant plus coquins ses beaux yeux clairs. Nathalie observa avec fascination le sexe de l’homme qui se dressait doucement à la vue du charmant aréopage féminin épanoui sur le drap. Jacques avait posé ses mains sur ses hanches et faisait durer ce moment de transition palpitante, annonciatrice d’agapes imminentes. Il fut bientôt dressé aussi fièrement que n’importe quelle colonne du Parthénon et Nathalie lui trouva des allures de Priape antique. Malgré tout son art consommé du marteau et du burin, le grand Phidias n’aurait pu réaliser statue plus parfaite que cet homme-là. Alors la sculpture s’anima…

Jacques prit des allures félines pour rejoindre les femmes. Il parut hésiter, humer, fureter… puis se jeta sur les pieds de son épouse, qui poussa un cri de surprise. Marie-Claire avait de petits pieds potelés qui disparaissaient presque entièrement dans les mains de son mari. Les portant à sa bouche, celui-ci les embrassa avec une dévotion non feinte. Ses lèvres passaient du dessus au dessous, de la cheville au talon et du talon aux orteils, qu’il se mit à suçoter l’un après l’autre avec une méticulosité d’orfèvre. Par moments Marie-Claire poussait un cri et se tortillait, lorsque la langue de Jacques la taquinait aux endroits chatouilleux. Puis elle soupirait avec une intonation de désir contenu et laissait son homme poursuivre son exploration. Jacques remontait doucement le long des mollets. Ses lèvres survolaient la peau tendre, ne l’effleurant que pour y déposer des chapelets de petits baisers subtils. Il s’attarda davantage dans le creux des genoux et y passa plusieurs fois la langue afin de s’enivrer des saveurs de sa femme. Dans son avancée inexorable en direction du Sanctuaire, ses mains s’étaient posées sur les cuisses charnues de Marie-Claire et les gratifiait d’une langoureuse caresse. L’épouse ainsi choyée respirait de plus en plus fort et ses soupirs se faisaient plus fréquents. La bouche de Jacques embrassait l’intérieur de ses cuisses avec une gourmandise exacerbée. On eût dit qu’il goûtait pour la première fois de sa vie à un mets des plus rares tant ses narines palpitaient et tant les mouvements de ses sourcils exprimaient la plus vive émotion. Plus le visage de son mari s’approchait de ses territoires intimes, plus Marie-Claire s’ouvrait. Nathalie la vit plusieurs fois retenir son souffle, croyant sans doute que la caresse allait entrer en contact avec son sexe. Chaque fois, l’événement ne s’étant pas produit, elle expirait profondément et concentrait à nouveau toute son attention sur les friandises de plaisir que Jacques déposait du bout des lèvres sur la peau onctueuse de ses cuisses. Le nez de l’homme était maintenant à moins de cinq centimètres de la fente de sa femme. Il continuait à bécoter son entrecuisse mais ses yeux restaient fixés sur la crevasse verticale qui leur barrait l’horizon. La ligne sombre formée par les grandes lèvres n’était interrompue que par une infime ouverture d’où perlait un filet luisant, presque imperceptible mais néanmoins explicite quant à l’état d’euphorie de la dame… Jacques avança sa tête, millimètre par millimètre. Marie-Claire retint à nouveau son souffle, se préparant à la décharge de plaisir qu’elle allait sous peu recevoir. Jacques souffla alors légèrement en direction du sexe de sa femme, en serrant les lèvres afin de donner à l’air un léger mordant. Marie-Claire exhala un gémissement en se cambrant brusquement. La bouche de Jacques n’avait pas effleuré son sexe…

- Tortionnaire, bourreau ! gémit Marie-Claire en se tortillant pour chercher le contact.


Mais Jacques s’était déjà reculé et se tenait assis sur ses talons aux pieds de sa femme hagarde.

Nathalie n’avait pas perdu une miette de la joute entre Jacques et Marie-Claire. Spectatrice, elle avait entrepris avec une nonchalance forcée l’introspection de son propre entrejambe. Tout en s’imprégnant du désir palpable de sa voisine, elle se caressait très lentement, cuisses écartées sans la moindre pudeur, contrôlant avec doigté le plaisir qu’elle faisait naître dans sa corolle épanouie. Elle savait que son tour viendrait et maîtrisait ses pulsions comme on dompte un cheval sauvage, en laissant un peu de mou tout en tendant la corde lorsqu’il le faut. Ses doigts évitaient de trop s’attarder dans les parages de son petit bouton, dont la sensibilité exacerbée par une journée de jeux interdits pouvait très rapidement entraîner un glissement vers le point de non retour. Elle préférait laisser errer sa main à l’intérieur de ses cuisses, ne la ramenant sur son sexe que pour se donner une montée de plaisir de temps à autre, lorsqu’elle se sentait à même d’en contrôler les effets. C’était alors une onde divine qui parcourait ses chairs et elle fermait les yeux pour en savourer les répliques jusqu’à la pointe de ses seins. Les caresses étalaient progressivement son miel tout autour de la source qui le produisait sans relâche. Une fine pellicule luisante recouvrait l’intérieur de ses cuisses et la base de ses fesses, stigmate d’un désir né quinze heures auparavant. Loin d’apaiser cette fringale qui lui tordait le ventre dans une tenaille d’acier, l’orgasme que lui avait donné Marie-Claire au bord de la piscine n’avait fait que l’exacerber, comme une poignée d’olives avalées à l’apéritif ouvre l’appétit pour le déjeuner à suivre…

Alors que les hommages de Jacques à sa femme laissaient celle-ci pantelante et au bord de la suffocation, l’homme jeta un regard vers Nathalie, qui sut immédiatement qu’elle venait de tirer le ticket gagnant. Elle s’attendait à ce qu’il lui fasse, à elle aussi, les honneurs d’un cérémonial ascendant le long de ses jambes. Mais, au lieu de se pencher sur ses pieds comme elle s’y était préparée, il lui saisit délicatement les hanches et la retourna sur le ventre. Elle se sentait tellement légère lorsqu’il la manipulait ! Dans ses bras, elle oubliait vingt ans de complexes au sujet de ses formes épaisses par endroit. Elle était un fétu de paille, une plume, un brin d’herbe tendre…

Ainsi étendue, elle se sentait offerte aux caprices imprévisibles de l’homme et en concevait une excitation supplémentaire, si tant est que ce fût possible. Jacques se pencha sur elle et elle sentit son souffle sur ses fesses. Un interminable frisson lui parcourut l’échine jusqu’à la racine des cheveux et elle s’étira légèrement sous l’effet de ce bien-être indescriptible. Puis, sans qu’elle n’ait perçu le moindre mouvement au-dessus d’elle, le souffle tiède fut sur sa nuque, où les lèvres de Jacques se posèrent en un baiser fugace. L’homme repoussa les cheveux épais de Nathalie sur son épaule pour dégager son cou avant de revenir y respirer avec délectation les fragrances de la jeune femme. Sa peau sentait le chlore mêlé à une très légère effluve de sueur fraîche. Jacques respira Nathalie jusqu’à l’ivresse, lui relevant les bras au-dessus de la tête pour glisser son nez et sa bouche dans les replis tendres et soigneusement rasés des aisselles… Nathalie s’étirait et se contorsionnait de plaisir, un sourire béat planté entre les deux oreilles.

Soudain l’homme se déplaça derrière elle, ce qui lui fit ouvrir les yeux et tourner la tête. Il venait de l’enjamber et se positionnait à l’aplomb de ses fesses bombées. Nathalie se mordit la lèvre inférieure et poussa un long soupir lorsque le sexe dressé de Jacques se posa sur sa raie et commença à y coulisser lentement. Il était chaud et pesait entre ses fesses, masse vivante qu’elle rêvait de prendre à nouveau en elle là, tout de suite, sans tourner davantage autour du pot ! Elle remua son derrière dans l’idée d’inciter Jacques à la prendre, mais il n’obéit pas à ses injonctions muettes. Il s’inclina sur elle et posa ses mains sur ses épaules. De ses paumes douces et caressantes, il entreprit de la… masser ! Monsieur avait la queue dressée à trois centimètres de sa chatte ouverte à tous vents et il se permettait de lui faire un massage ! Nathalie laissa échapper un gémissement de plaisir et de mécontentement mêlés. Elle continuait d’onduler de la croupe, mais plus elle ondulait plus elle faisait monter son désir, et plus la frustration lui brûlait les entrailles. Et pourtant le massage était divin… Le cerveau de Nathalie ne parvenait plus à gérer les flux de sensations contraires. Le bien-être procuré par le massage se heurtait au violent désir que provoquait le poids du sexe de Jacques sur ses fesses. D’un autre côté, l’impétuosité de ses envies était quelque part apaisée par les caresses le long de sa colonne vertébrale. L’homme soufflait le chaud et le froid dans son corps, y déclenchant une confusion totale qui la porta aux confins de la déraison. Lorsque enfin il s’éloigna d’elle, ce fut pour la laisser dans un état d’hébètement semblable à celui de Marie-Claire.

Alors que Jacques glissait déjà en direction de Cathy, Nathalie continuait à remuer ses fesses en murmurant « oh non… oh non… reste… oh non… ».

Cathy attendait son tour en se caressant doucement, les cuisses largement écartées. La fleur de son sexe était largement épanouie par le désir et ses fins pétales de chair rose formaient une corolle humide autour d’un orifice a demi ouvert. Jacques fut incapable de résister à l’appel de ce joli fruit et il plongea directement sur lui pour en goûter le nectar. Cathy fut parcourue d’une intense décharge de plaisir lorsque la bouche de l’homme se plaqua sur son sexe. Elle poussa un gémissement rauque en cambrant ses reins, de manière à coller son intimité contre son visage. Jacques empoigna ses fesses et les serra dans ses grandes mains pour boire à sa source tiède, comme lorsqu’on porte un calice d’ambroisie à ses lèvres. Il ne cherchait pas à la mener à l’orgasme en titillant son clitoris. Au contraire, ses coups de langue et ses baisers couvraient volontairement toute la surface de son entrecuisse. Il prenait avant tout son plaisir à lui, celui de se repaître des saveurs féminines de Cathy et de la douceur de ses chairs délicates qu’il aspirait à pleine bouche. Plus le goût de se chatte se répandait dans sa bouche plus il bandait. Soulevant les fesses de la jeune femme à hauteur de son visage, il passa la langue dans la raie délicatement parfumée et joua avec les plis de son petit orifice hermétiquement fermé. La saveur en était suave, délicatement amère et poivrée. Cathy émit un miaulement très encourageant qui décida Jacques à s’attarder autour de ce sanctuaire particulièrement intime. Il le pourlécha avec une telle assiduité qu’il finit par se détendre et même s’entrouvrir très légèrement. L’homme reposa alors les fesses de Cathy sur le lit et se pencha nouveau entre ses cuisses. A la grande joie de la jeune femme, il introduisit un majeur inquisiteur dans son vagin et l’en ressortit luisant de sève. Il le fit alors entrer dans son anus, ce qui fut chose relativement aisée. Cathy gémit et remua légèrement les fesses pour prendre une position confortable. Son muscle enserrait étroitement le doigt de Jacques sans pour autant faire mine de l’expulser. L’homme se mit alors à le remuer à l’intérieur, caressant fermement la paroi qui sépare le rectum du vagin. Cathy était aux anges et ronronnait sourdement, comme une chatte en chaleur. Elle fut encore plus heureuse lorsque le pouce de Jacques s’immisça dans son sexe pour accompagner la caresse de derrière. Elle caressait ses seins et en pinçait les tétons, ce qui diffusait des ondes de plaisir électrique jusque dans son ventre. Quand la langue de Jacques se posa sur son petit bouton tout raide et en partie sorti de son capuchon, elle poussa un cri rauque et le supplia de ne pas s’y attarder car elle était au bord de l’orgasme. Elle voulait profiter encore de cette montée du désir tellement enivrante et goûter davantage les délices que lui prodiguaient au creux de ses chairs les longs doigts agiles de Jacques.

L’homme ralentit ses attouchements et jeta un œil sur sa gauche. Constatant que Marie-Claire et Cathy avaient trouvé de quoi s’occuper, il décida de se pencher plus avant sur le cas de Cathy. Il enfila un préservatif et la pénétra. Il était entré en elle d’un coup et poussa un cri étouffé au contact du fourreau chaud et doux dans lequel il venait de s’engloutir. Cathy plaqua immédiatement ses mains sur ses fesses et le força à la pénétrer encore plus profondément. Elle soupirait et exprimait sa félicité par des litanies de « oh oui… oh oui… oh c’est bon… oh oui… ». Jacques commença par des va et vient amples qu’elle accompagnait par le balancement rythmé de son bassin de haut en bas. A chaque coup de reins il entrait en elle jusqu’à la garde et lui arrachait un petit cri. Puis Cathy souleva ses jambes et les noua derrière les reins de l’homme, lui offrant un angle de pénétration maximal. Jacques amplifia son mouvement et, à chaque poussée, on pouvait entendre le flap-flap de ses bourses qui venaient claquer les fesses de la jeune femme. Qui avait l’oreille fine aurait pu également percevoir le petit bruit de succion provoqué par le coulissement des sexes trempés de cyprine.

Jacques se retira soudain et, sans crier gare, présenta sa queue devant l’anus de Cathy. Celle-ci grimaça.

- Tu peux, murmura-t-elle, mais vas-y doucement…

Jacques prit alors quelques secondes pour humecter à nouveau le petit orifice délicat, qui avait par bonheur conservé une grande souplesse après les jeux dont il avait été le cadre. Lorsque l’homme y enfonça son doigt, il s’ouvrit docilement et le laissa entrer sans broncher. Jacques entreprit alors d’y introduire son sexe… Il poussa fermement tout en observant les réaction de Cathy. Celle-ci grimaçait un peu mais ne faisait rien pour l’arrêter. Son gland passa soudain l’obstacle de la rondelle et fut aspiré à l’intérieur. Cathy poussa un petit cri, mais Jacques poursuivit sa poussée. Le conduit était des plus étroits mais la progression se fit sans problème, jusqu’à ce qu’il soit ancré de toutes sa longueur entre les fesses de sa partenaire. Celle-ci haletait et soufflait comme si elle allait accoucher, attendant que la douleur passe pour enfin profiter de cette sensation qu’elle appréciait vraiment lorsqu’elle était bien amenée. L’étroitesse du passage lui donnait au sexe qui l’empruntait des proportions colossales. Elle sentait sa présence jusque dans son ventre et cela lui donnait une impression de vulnérabilité et de soumission qu’elle adorait d’autant plus qu’elle n’était pas d’un caractère soumis. Offrir sa porte secrète à un homme n’était pas anodin pour elle, et peu en avaient profité. C’était un cadeau qu’elle faisait lorsque la confiance était totale et qu’elle avait envie de faire comprendre à son partenaire qu’elle était entièrement à lui, apprivoisée, domestiquée.

Jacques bougeait tout doucement en elle, s’amusant intérieurement de son air concentré, sourcils froncés et lèvres frémissantes. Elle le guidait par des mots murmurés d’une d’un filet de voix : « bouge pas… là tu peux… oui… stop… te retire pas trop vite… attends… vas-y… ». Après quelques minutes de précautions infinies, elle finit par se détendre complètement et Jacques pu imprimer à ses reins un mouvement modéré qui le porta au comble de l’extase tant le conduit chaud et velouté l’enserrait étroitement.

Cathy avait reposé sa tête sur l’oreiller et regardait en souriant tendrement l’homme qui la pénétrait avec douceur. Bien qu’elle ait toujours eu du mal à ressentir de réelles manifestations de jouissance par derrière, elle se sentait bien, solidement prise, totalement offerte. Elle passait négligemment ses doigts sur son sexe pour émoustiller son petit bouton, délaissé depuis un moment, et s’abandonnait avec bonheur aux voluptés de l’instant… Jacques ne cherchait pas à changer de tempo, coulissant en elle très lentement pour profiter de chaque sensation.

Pendant ce temps, Nathalie et Marie-Claire avaient décidé de ne pas compter les mouches au plafond. En voyant son mari pénétrer Cathy, Marie-Claire se tourna vers Nathalie et lui glissa à l’oreille :

- T’as vu… on dirait qu’il y a des pistonnées…
- Tu crois qu’il s’imagine qu’on va l’attendre en faisant des mots fléchés ?

Marie-Claire rit et prit Nathalie dans ses bras. Elles s’embrassèrent goulûment en rapprochant leurs corps jusqu’à se coller l’une à l’autre. Nathalie adorait le contact souple et onctueux de Marie-Claire. Ses gros seins formaient des coussins particulièrement confortables et doux tandis que ses hanches et ses fesses dodues étaient un délice à caresser. Les deux femmes avaient l’impression de fusionner à mesure que leurs chairs s’imbriquaient. La cuisse de Nathalie se glissa entre celles de Marie-Claire tandis que les bras de cette dernière l’enlaçaient étroitement et que ses petites mains douces caressaient son dos. Nathalie découvrait avec elle l’extrême sensualité des caresses féminines. Alors que les hommes s’attardaient généralement assez peu en des contrées très éloignées des seins et du sexe, Marie-Claire savait explorer des régions de son corps qui en avaient peu l’habitude, réveillant des sensations nouvelles et surprenantes. Ses ongles glissant avec légèreté des reins jusqu’à la nuque donnaient vie à l’épiderme de Nathalie, qui se couvrait de chair de poule et de frissons diffus. Un toucher délicat du bout des doigts dans son cou faisait dresser ses cheveux sur sa tête et s’entrouvrir sa bouche pour un soupir discret. Mais ce qu’elle préférait par-dessus tout, c’était l’effleurement tout en subtilité de ses flancs. La sensation confinait à la chatouille sans en avoir le côté désagréable et avait la faculté surprenante de faire dresser la pointe de ses seins de manière indécente. Marie-Claire se plaisait aussi à passer dans le creux de ses hanches et à suivre d’une caresse chaude leur courbe arrondie.

Tout en savourant l’éveil progressif du moindre centimètre carré de sa peau, Nathalie avait remonté sa jambe entre les cuisses de Marie-Claire et appuyé son genou contre le sexe dont elle perçut immédiatement l’humidité. Par un mouvement très discret, elle commença à exercer une pression régulière sur l’intimité de son amie, écrasant doucement ses grandes lèvres pulpeuses et élastiques. Stimulée par cette masturbation délicate, Marie-Claire fit descendre sa main sur les fesses de Nathalie, puis le long de sa cuisse, comme pour l’inciter à poursuivre son petit jeu de jambe. Nul espace, fût-il infime, ne séparait plus leurs corps, étroitement enchâssés l’un dans l’autre. Elles ne formaient qu’une seule entité de chair parcourue d’ondes de plaisir qui se transmettaient de l’une à l’autre sans entrave aucune. Ni l’une ni l’autre n’entendait plus les gémissements voisins de Cathy, leurs sens étant entièrement focalisés sur leur étreinte fusionnelle.

Nathalie sentait sous son genou le sexe de Marie-Claire s’ouvrir comme un fruit mûr. Les chairs tendres et humides adhéraient à sa peau à chaque mouvement comme une petite ventouse glissante.

Nathalie eut soudainement envie de quelque chose qu’elle n’avait jamais expérimenté de sa vie. Se détachant doucement de l’étreinte de Marie-Claire, elle se déplaça sur le lit de manière à positionner son visage au niveau de son bas-ventre. Marie-Claire, qui savait lire dans les gestes, se cala alors sur le dos et écarta largement les cuisses. Nathalie se plaça entre ses jambes et s’abîma dans la contemplation de son abricot ourlé de velours. C’était la première fois de sa vie qu’elle se trouvait face à un sexe de femme, et cette confrontation éveilla en elle un univers de curiosité. L’intimité de Marie-Claire ressemblait à ce qu’elle avait imaginé en y passant les doigts quelques heures plus tôt dans la piscine. Le pubis et les grandes lèvres étaient fortement bombés par une masse de graisse qui n’avait rien de repoussant. Cela leur conférait au contraire un aspect onctueux et doux qui donnait envie d’y passer la main. La fente était parfaitement dessinée, ligne sombre qui se terminait à la naissance des fesses par un élargissement d’où perlait un peu de sève luisante. Nathalie était fascinée. Elle posa délicatement le plat de la main sur le pubis et en éprouva l’élasticité par une légère pression. Puis elle gratifia l’entrecuisse de Marie-Claire d’une caresse de la paume, ébahie par le contact des lèvres épaisses qui s’écartaient légèrement sur son passage. Elle pointa alors un index aventureux au sommet du sillon et le fit descendre délicatement. Elle sentit d’abord le bombement du clitoris, dur comme un petit pois cru. Lorsque son doigt se posa sur lui, Marie-Claire gémit doucement et se cambra un peu. Elle poursuivit sa descente et, plus elle descendait, plus son index s’engloutissait dans les chairs de son amie. A mi parcours elle sentit le vide se creuser. Elle était à l’entrée du vagin. Sans céder à la tentation d’y plonger, elle poursuivit sa visite plus bas, jusqu’au petit creuset terminal où le miel se concentrait en une minuscule flaque qu’elle recueillit précautionneusement du bout du doigt. Après une seconde d’hésitation, elle porta son doigt à sa bouche et déposa le miel de Marie-Claire sur sa langue. La saveur en était suave, loin d’être désagréable.

Enhardie par cette impression positive, elle se pencha en avant et écarta du bout des doigts les replis de Marie-Claire. Une fleur rose vif s’épanouit alors sous ses yeux et, au milieu, un cratère obscur s’ouvrit paresseusement. Des filets de sève épaisse apparaissaient aux commissures, renseignant Nathalie sur l’envie de la dame d’être explorée, si tant est qu’elle eût besoin d’une confirmation à ce sujet… Toute à sa découverte, Nathalie prenait son temps. Ses yeux, plus que ses doigts, fouillaient l’intimité féminine qui s’offrait à elle. Marie-Claire n’exprimait aucune impatience, devinant que se jouait entre ses cuisses un véritable voyage initiatique. Nathalie ferma les yeux et, tout en posant ses lèvres dans le creux de la cuisse de sa partenaire, inspira profondément avec le nez. Tous les parfums de Marie-Claire l’envahirent. Malgré le bain tout récent, son sexe exhalait de capiteuses fragrances qui étourdirent Nathalie. N’y tenant plus, celle-ci pointa la langue et, timidement, la fit glisser le long de la fente entrouverte. Marie-Claire poussa un profond soupir et, posant ses mains sur la tête de Nathalie, enfouit ses doigts dans son épaisse chevelure.

Après quelques passages hésitants, la langue de Nathalie prit de l’assurance. Enivrée par le goût légèrement salé qui emplissait sa bouche, la jeune femme plaqua ses lèvres contre les chairs tendres de Marie-Claire et darda sa langue dans ses profondeurs, aussi loin qu’elle le put. A l’intérieur la saveur était plus acide, un peu métallique. Elle remua sa langue d’avant en arrière, provoquant une agitation de plaisir dans tout le corps de Marie-Claire. Alors qu’elle communiait à pleine bouche avec ce sexe féminin, Nathalie fut stupéfaite d’y prendre autant de plaisir. Jamais elle n’avait été attirée par les femmes, et l’amour saphique ne faisait pas partie de ses fantasmes. C’était un monde nouveau qui venait de lui ouvrir ses portes. Un monde velouté de caresses légères, de sensations subtiles, d’onctuosité humide et de tiédeur parfumée. Elle ressentait une excitation extrême lorsque sa langue déclenchait des frémissements dans le corps de Marie-Claire ou lorsque sa compagne de jeu se tendait soudain en soupirant sous l’effet d’un contact particulièrement érogène.

Nathalie eut envie de jouer de cette découverte exaltante. Elle se concentra sur les réactions de Marie-Claire selon les caresses qu’elle lui prodiguait. Elle constata que, lorsque sa langue la fouillait, elle avait tendance à se détendre et à montrer une expression de bien-être paisible. Par contre, lorsqu’elle la titillait par petites touches sur le pourtour du clitoris, elle se crispait et gémissait. Elle s’amusa alors à alterner ses caresses selon l’effet qu’elle souhaitait observer chez sa compagne. De baisers appuyés en titillements nerveux, de profondes pénétrations en glissements amples sur toute la longueur de la fente, elle réussit à mettre Marie-Claire dans un état d’euphorie peu descriptible. Celle-ci caressait ses cheveux de plus en plus spasmodiquement et laissait échapper des soupirs de plus en plus langoureux.

Au bout de quelques minutes de ces jeux enthousiasmants, Marie-Claire, au bord de l’apoplexie, murmura d’une voix étranglée « tes doigts… tes doigts… ». Nathalie obéit immédiatement à l’injonction et glissa deux doigts de sa main droite dans le sexe désormais béant de sa partenaire, qui laissa échapper un gémissement de plaisir. Nathalie la fouillait doucement avec la paume tournée vers le bas. Marie-Claire lui saisit alors la main et la força à se tourner paume vers le haut. Avec ses propres doigts, elle forma un crochet qu’elle agita sous les yeux de Nathalie. Celle-ci comprit immédiatement et replia son index et son majeur à l’intérieur. « Oui… » souffla Marie-Claire. Puis elle saisit le poignet de Nathalie et régla elle-même la profondeur de la pénétration. Après quelques tâtonnements, elle poussa en cri « Oh oui ! comme ça… ne bouge plus… juste le bout des doigts… hummmm ». Elle se mit alors à haleter et saisit ses tétons entre ses doigts. « Ne t’arrête pas… ne t’arrête surtout pas… je vais venir… » gémit-elle encore. Nathalie remuait ses petits doigts aussi vite qu’elle le pouvait, massant avec application la paroi antérieure de Marie-Claire. Soudain, celle-ci se tétanisa littéralement en exhalant un gémissement déchirant qui n’en finissait pas. Un flot de liquide chaud jaillit de son sexe et éclaboussa copieusement le cou et la poitrine de Nathalie, qui n’en croyait pas ses yeux. Marie-Claire était arque boutée comme si elle avait mis ses doigts dans la prise électrique. Son visage n’avait plus d’expression et ses yeux vides fixaient le plafond. Nathalie prit peur. « Ca va ? » demanda-t-elle. Marie-Claire parvint à articuler difficilement une réponse affirmative. « Continue… encore… » dit-elle péniblement d’une voix lointaine. Nathalie reprit alors son massage et, quelques secondes plus tard, une nouvelle giclée tiède l’aspergea. Cette fois, Marie-Claire s’affala comme une poupée de chiffon. Sa poitrine se soulevant par saccades, au point que Nathalie craignit une nouvelle fois qu’elle ne fît un malaise. Elle s’allongea contre elle et la prit dans ses bras. Marie-Claire lui sourit alors tendrement.

- Ne me dis pas que tu n’as jamais trouvé ton point G, dit-elle.
- Heu… c’est pas une légende ce truc là ?
- C’est une légende, ça ? dit Marie-Claire en essuyant du plat de la main le liquide qui coulait entre les seins de Nathalie.
- J’avais jamais vu ça… j’ai cru que tu partais dans les pommes.
- Ca fait toujours ça quand ça vient… j’ai une absence, comme si mon cerveau partait en voyage… au début ça m’a fait peur, mais c’est tellement bon qu’une fois qu’on y a goutté…
- Tu me montreras ?
- Promis !

Les deux femmes se serrèrent dans les bras l’une de l’autre et laissèrent leur esprit divaguer, ne prêtant aucun attention à la joute torride qui unissait Jacques et Cathy, à quelques centimètres d’elles.

Pendant que leurs deux voisines se livraient à leurs ébats saphiques, Jacques et Cathy poursuivaient leur étroite union avec ravissement. Profondément ancré entre les fesses de la jeune femme, Jacques lui caressait le ventre et les cuisses. Ses gestes étaient doux et tendres, contrastant étrangement avec la possession totale qu’il avait d’elle. Il se maintenait à la limite de la jouissance, s’immobilisant lorsqu’il sentait que l’étroit fourreau allait sous peu avoir raison de lui. Après une bonne dizaine de minutes passées à profiter du bonheur que lui procurait l’intérieur douillet de la jeune femme, il se retira doucement, lui arrachant une petite plainte de plaisir mêlé de déception. Il changea alors de préservatif et vint s’allonger dans le dos de Nathalie, en pleins câlins avec Marie-Claire. Il avait suivi d’un œil la scène entre les deux femmes et n’avait rien manqué de l’orgasme torrentiel de son épouse. Lorsqu’il posa sa main sur la hanche de Nathalie en embrassant sa nuque, celle-ci se tourna à demi, les yeux mi-clos, en poussant un petit miaulement chaleureux. Sans attendre, il se colla à elle et la pénétra avec douceur. Elle miaula de plus belle en se cambrant pour mieux lui offrir sa croupe. Elle retrouvait le bonheur de se sentir prise par ce membre massif qui lui avait donné tant de plaisir au cours de cette journée. Après l’avoir portée aux confins de la folie en narguant ses fesses un peu plus tôt, le divin organe consentait enfin à l’honorer et chaque va et vient la transportait vers des abîmes de félicité. Jacques la baisait sans brutalité mais par des mouvements de bassin très amples qui faisaient parcourir à son sexe toute la profondeur de son tunnel d’amour.

Marie-Claire s’était remise de ses émotions et ne voulut pas demeurer en reste. Elle se colla à Nathalie et prit ses lèvres pour un baiser prévu pour durer. Ainsi prise par devant et par derrière, Nathalie se sentit à nouveau en fusion totale avec le couple, comme quelques heures auparavant dans la piscine.

Alors que Jacques s’enlisait avec délice au cœur des chairs moites de Nathalie, il sentit un présence furtive dans son dos, rapidement suivie d’une caresse légère comme une plume sur ses fesses. Les petits doigts de Cathy parcouraient son arrière-train musclé, lui procurent d’agréables frissons dans le creux des reins. Soudain, le majeur de Cathy se glissa entre ses fesses et vint se poser sur son anus. Il se raidit. Cathy se pencha sur lui et il put sentir son souffle parfumé près de son visage.

- Chut… murmura-t-elle, on se laisse faire monsieur…

Jacques sentit alors le doigt de la jeune femme forcer un peu et s’introduire en lui. Il poussa un grognement.

- Chacun son tour, bel homme, susurra Cathy en enfonçant son doigt entièrement.

La surprise passée, Jacques ressentit un violent plaisir à la caresse. Son sexe se raidit davantage, ce qui arracha un petit gémissement à Nathalie. Cathy, collée à son dos, faisait aller et venir son doigt et semblait en tirer une intense satisfaction. Jacques ralentit le rythme de sa pénétration afin de ne pas risquer d’être dépassé par ses sensations. Il avait beau être devenu relativement maître de lui à force d’expérience, l’alliance de Nathalie et de Cathy était un challenge considérable. Il allait avoir besoin de toutes ses ressources pour ne pas craquer ! Qui plus est, les soupirs de plaisir de Nathalie n’avaient rien d’apaisant. La jeune femme, enlacée étroitement par Marie-Claire, reculait ses fesses pour accueillir jusqu’au dernier millimètre la hampe de chair dure qui la labourait. Par deux fois durant cette journée elle avait pris Jacques en elle, et par deux fois leur union avait été interrompue avant son terme. Elle ne le regrettait pas car elle savait que la succession de ces jeux inachevés étaient à l’origine de l’état de plénitude sexuelle dans lequel elle se trouvait. Mais cette fois elle voulait aller au bout. Il était hors de question que l’homme la laisse une troisième fois sur sa faim ! Elle se concentra sur la pénétration afin que rien ne vienne perturber la montée de son plaisir, qu’elle sentait imminent. Sans qu’elle n’en devine la raison, le sexe de Jacques s’était soudainement tendu et c’était maintenant un véritable poignard de chair qui coulissait en elle. Son extrême dureté le rendait délicieusement brûlant et de puissantes ondes de plaisir irradiaient dans le ventre de Nathalie jusqu’à la pointe de ses seins. Elle sentit soudain le point de non retour approcher sous la forme de fourmillements délicieux dans tout le corps. Son visage s’empourpra, sa bouche s’entrouvrit, ses sourcils se froncèrent et ses reins se cambrèrent encore davantage. Comme un séisme prenant naissance dans les tréfonds de ses chairs, les prémices de la jouissance apparurent. Nathalie s’arrêta de respirer, bouche grande ouverte, visage concentré, orteils crispés. Tout son corps se tendait pour faire face au choc imminent. L’orgasme parut d’abord limité à son sexe, comme s’il émanait directement de celui de Jacques, puis il se propagea comme une secousse tellurique dans son ventre, ses seins et enfin son cerveau qui parut se déconnecter pendant plusieurs secondes. Ses yeux se brouillèrent et son univers visuel se limita à une alternance d’obscurité et de lumière. Elle n’eut pas la moindre conscience du gémissement déchirant qu’elle poussa à deux centimètres de l’oreille de Marie-Claire. Alors qu’elle tentait de retenir les dernières parcelles de plaisir qui s’évanouissaient par tous les pores de sa peau, Nathalie sentit avec stupeur une seconde vague prendre naissance entre ses cuisses. Cette réplique n’eut pas la puissance de la première, mais une nouvelle vague de chaleur intense se répandit néanmoins en elle. Tout le désir accumulé durant la journée n’avait pas trouvé à s’évacuer en une seule fois. Alors que ses sens retrouvaient lentement leur perception normale, la boule de feu qui emplissait son sexe reprit sa forme initiale de membre phallique. Les sensations de Nathalie n’étant plus brouillées par le désir incandescent, ses parois intimes avaient acquis une acuité tactile étonnante. Elle sentait maintenant distinctement la forme et les reliefs de Jacques, le renflement du gland et même le dessin des veines. Elle aurait voulu le garder en elle indéfiniment, juste pour savourer sa lourde présence qui l’ouvrait largement tout en la comblant en totalité. Mais l’homme ne l’entendait pas ainsi et se retira doucement. Nathalie sentit ses chairs se refermer et eut une impression de vide douloureux.

Jacques rejoignit alors sa femme et s’allongea entre ses cuisses en l’embrassant. Marie-Claire sourit avec bonheur lorsqu’il entra en elle. Ils firent l’amour plus qu’ils ne baisèrent, pendant quelques minutes. Etroitement unis, ils se becquottaient comme des adolescents et se glissaient des petits mots au creux de l’oreille qui les faisaient rire aux éclats. Puis ils se séparèrent et Jacques retourna auprès de Cathy qui se masturbait doucement en embrassant Nathalie. Il se plaça entre ses cuisses et la pénétra avec conviction. Cathy gémit et noua immédiatement ses jambes autour de sa taille. Comme Nathalie quelques minutes plus tôt, elle était au comble de l’excitation et l’intensité de son désir la maintenait au bord de la phase de plateau, celle qui précède l’orgasme. Alors que Jacques la baisait à coups de reins amples et puissants, il lui prit la main et la guida sur ses fesses. Cathy sourit entre deux soupirs de plaisir. « Monsieur y a pris goût ? » souffla-t-elle en glissant son majeur dans l’anus de l’homme. Jacques gémit et son sexe se raidit, comme la première fois. « Hummm… minauda Cathy, ça te réussit dis donc ! ». Les coups de reins de Jacques s’accélérèrent. Il était au bord du point de rupture. Il coulissait rapidement entre les cuisses de Cathy avec un petit bruit moite.

- Je ne vais pas tarder, dit-il en fermant les yeux, t’en es où ?
- Je t’attends…
- On se lâche ?
- Quand tu veux…
- Maintenant…

Il donna trois coups de reins plus puissants que les autres et déclencha sa jouissance. Le préservatif se remplit en jets bouillonnants tandis que Jacques se cambrait sous l’effet du plaisir. Cathy relâcha sa tension au même instant et l’orgasme la saisit en plein vol. Elle poussa un grand cri qui fit sursauter Nathalie à moitié endormie, puis se laissa tomber comme une poupée de chiffon haletante. Elle arborait un immense sourire ravi et serra jacques dans ses bras alors qu’il débandait lentement en elle.

Ils s’allongèrent tous les quatre côte à côte et se donnèrent la main. Leurs respirations s’apaisaient doucement tandis que leurs corps épuisés jouissaient d’une détente absolue. Nathalie, calée entre Jacques et Cathy, s’endormit la première. Sa cousine vint se serrer contre elle et sombra à son tour. Marie-Claire se pelotonna dans les bras de son mari. Elle et Jacques s’endormirent ensemble…
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Nathalie 4e

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Le dîner fut pris au bord de la piscine, autour de la petite table ronde. Nathalie regardait tour à tour ses compagnons et avait l’impression que le petit groupe formait une confrérie dont elle faisait désormais partie. Jacques avait ouvert deux bouteilles de Bordeaux pour accompagner les grillades que Marie-Claire et Cathy avaient préparées. A la fin du repas, tout le monde était gai et parlait un peu fort. Ils terminèrent par un pousse-café, puis débarrassèrent la table ensemble.

- Bain de minuit ? dit soudain Jacques en se déshabillant entièrement.

Sans attendre la réponse, il plongea dans la piscine. Marie-Claire et Cathy se déshabillèrent à leur tour, bientôt suivies par Nathalie. L’air était frais et l’eau, du coup, paraissait délicieusement tiède. Ils nagèrent un peu, puis s’assirent côte à côte sur le petit escalier où Jacques et Cathy avaient fait l’amour le matin même. Ils se serrèrent les uns contre les autres et s’enlacèrent étroitement. Nathalie se trouvait entre Jacques et Marie-Claire. L’homme avait passé son bras autour de ses hanches et sa grande main était posée sur sa cuisse. Sa femme avait posé sa tête sur l’épaule de Nathalie. Quant à Cathy, elle se serrait étroitement contre Jacques, qui avait passé son autre bras autour de ses épaules. Nathalie tourna la tête sur sa gauche et rencontra le regard de Marie-Claire. Leurs lèvres se cherchèrent spontanément et elles échangèrent un baiser. Puis Nathalie se tourna de l’autre côté et embrassa Jacques. La langue de l’homme pointa entre ses lèvres en quête de la sienne. Puis Jacques se tourna vers Cathy et l’embrassa à son tour. La fusion était totale. La main de Nathalie se posa sur la cuisse de Jacques et remonta lentement en direction de son ventre. En parvenant au niveau du sexe, elle se rendit compte qu’il bandait. Elle le prit entre ses doigts sans manifester le moindre signe extérieur de trouble et se mit à jouer doucement avec. Jacques ne trahissait pas non plus la moindre émotion. Le jeu subaquatique était leur petit secret, éphémère et excitant.

De sa main gauche, Nathalie caressait la cuisse de Marie-Claire. Elle glissa jusqu’à son sexe et glissa un doigt délicat le long de la fente. Le contact fut totalement différent de ce qu’elle avait pu expérimenter avec sa cousine durant leurs courts ébats maritimes. Le sexe de Marie-Claire était ourlé d’un coussin de graisse onctueux qu’il fallait écarter pour accéder à la zone intime. Nathalie, les mains posées sur les sexes de Jacques et de Marie-Claire, se retrouvait incrustée au cœur du couple. Elle s’en sentait devenir un élément à part entière, comme le chaînon manquant qui aurait miraculeusement retrouvé son emplacement d’origine.

La main de Jacques passa entre les cuisses de Nathalie au moment où celle de Marie-Claire faisait de même. Les mains se rencontrèrent sur son pubis, les doigts se nouèrent puis plongèrent de concert dans son entrejambe. Cette fois Nathalie ne put retenir un discret soupir d’émotion. Une seconde plus tard, la main de Cathy effleura la sienne, à la recherche de la virilité de Jacques. Le membre se redressa encore un peu plus sous la pression des dix petits doigts qui couraient sur lui en le palpant, en le massant et en le cajolant comme s’il se fût agit d’un petit animal.

Au bout de quelques instants, Marie-Claire se leva et vint se poser sur les genoux de son mari, face à lui. Nathalie et Cathy retirèrent leur main juste au moment où elle s’empalait avec précaution sur l’organe excité. Sa pulpeuse épouse baisa Jacques durant plusieurs minutes. L’homme ne faisait que suivre un mouvement qu’elle imposait totalement par les ondulations de son bassin. Nathalie observait la large croupe de Marie-Claire glisser sur les cuisses de Jacques à chaque va-et-vient. Elle passa une main entre ses cuisses et commença à se masturber lentement. De part et d’autre du couple ainsi soudé, la symétrie était parfaite : à la droite de Jacques, Cathy avait entrepris, elle aussi, de faire monter son plaisir du bout de ses doigts fins.

Essoufflée, Marie-Claire finit par se dégager de son mari et vint se rasseoir à la gauche de Nathalie, à qui elle fit un signe de tête rapide mais explicite. Nathalie se leva alors et prit la place qu’elle venait de lui laisser. Se positionnant au-dessus de Jacques, elle saisit sa queue dans ses doigts et la guida entre ses cuisses avant de s’asseoir délicatement. Elle poussa un gémissement rauque et étouffé quand le membre écarta ses chairs et la pénétra entièrement. L’eau ne facilitait pas la lubrification et les premiers va-et-vient furent un peu douloureux. Mais, rapidement, la nature reprit ses droits et Nathalie sentit l’homme coulisser plus facilement. Elle retrouva les sensations qu’elle avait laissé échapper le matin même, sur le canapé. Cette plénitude de se sentir remplie parfaitement par la chair dure et solide, vivante, palpitante, mouvante… Jacques avait saisi ses seins et les caressait amoureusement, leur donnant par moments un petit coup de langue furtif qui envoyait de délicieux frissons dans tout le corps de Nathalie. La jeune femme menait le bal, utilisant la force de ses cuisses pour faire entrer et sortir jacques de son ventre. Le plaisir prenait corps chaque fois que la queue, en s’enfonçant en elle, dilatait ses chairs et venait heurter le fond de son tunnel brûlant. Chavirée de bonheur, elle jeta un coup d’œil sur sa gauche. Cathy avait les yeux mi-clos mais la regardait avec intensité en se masturbant. La vue de sa cousine se caressant en la regardant baiser lui donna une bouffée de chaleur et elle frôla l’orgasme. Soucieuse de prolonger la magie, elle arrêta son mouvement et s’arracha à l’organe de Jacques. Elle fit un petit geste à Cathy, qui se leva et lui céda la place.

Cathy sauta sur Jacques plus qu’elle ne s’assit sur lui. Sa chatte avala sa queue goulûment et entièrement, d’un seul coup de reins. Nathalie ouvrit de grands yeux en observant sa cousine, qui se mit immédiatement à s’agiter avec frénésie. Cathy propulsait littéralement ses fesses d’avant en arrière à un rythme diabolique, arrachant à Jacques des soupirs et des grognements essoufflés. Nathalie se dit que si elle continuait comme ça, elle allait faire jouir l’homme avant qu’une minute ne se soit écoulée. Mais Jacques tenait. Il avait agrippé les hanches de Cathy et amplifiait encore son mouvement par la force de ses grands bras. Nathalie admirait leur condition physique à tous les deux, alors qu’elle-même reprenait lentement son souffle. Elle vit que Marie-Claire partageait ses impressions. La femme de Jacques dévorait du regard le couple surexcité qui faisait jaillir des gerbes d’eau à chaque mouvement. A plusieurs reprises, Cathy parut être à la limite de la suffocation. Elle s’immobilisait alors et embrassait le visage de l’homme, puis reprenait sa chevauchée avec une ardeur renouvelée. Au bout de plusieurs minutes, ils finirent par se séparer brusquement. Jacques se laissa tomber en arrière, appuyé sur ses coudes, aspirant l’air de la nuit à grands goulées. Cathy semblait éprouvée également. Elle revint s’asseoir à côté de Nathalie et lui prit la main, hors d’haleine mais avec un grand sourire.

- On se sèche et on souffle un peu ! dit Marie-Claire en riant.

Chacun s’empara d’une serviette et ils se bouchonnèrent mutuellement en éclatant de rire. Nathalie prenait un plaisir très taquin à jouer avec les seins pulpeux de Marie-Claire. Elle les faisait sauter dans ses mains tout en les essuyant et continua ce petit jeu bien après que la dernière goutte fut épongée. Puis elle sentit le petit corps musclé de Cathy se coller dans son dos. Sa cousine glissa une serviette entre sesisses, lui arrachant un long soupir d’aise. Le coton était rêche et le frottement mit le feu à son petit bouton déjà passablement mis à vif par les jeux précédents. Cathy l’embrassa dans le dos et dans le cou, et les frissons la parcoururent à nouveau. Nathalie avait l’impression que cette journée n’avait été que frissons, caresses, plaisir… pourquoi toutes les journées d’une vie ne ressemblait-elles pas à celle-ci ? Depuis qu’elle avait chevauché Jacques dans la piscine, le désir s’était emparé de son corps et ne l’avait plus quitté. Le moindre contact la faisait frémir et la douceur des lèvres de sa cousine sur sa peau encore humide n’était pas le contact le moins raffiné…

Jacques essuyait les fesses de sa femme avec un calme olympien et un demi-sourire. C’était un maître épicurien qui, sous une apparence calme et totalement contrôlée, exprimait par une mimique subtile ou une petite étincelle dans le regard la jouissance extrême qu’il ressentait. Il ne caressait pas le derrière de sa femme, il lui vouait un culte. Il le flattait, le contournait, le dessinait… il l’aimait. Cet amour teinté de vénération donnait, touche par touche, une beauté astrale à cette paire de fesses rondes comme la lune, onctueuses comme le loukoum, veloutées comme le lait.

Tandis que ses mains soutenaient toujours la lourde poitrine de Marie-Claire, Nathalie, subjuguée par la prestation quasiment religieuse de Jacques, ne put résister et posa ses lèvres sur celles de son épouse. Marie-Claire était tellement belle dans son opulence que Nathalie se sentait aimantée irrésistiblement. Leurs bouches s’entrouvrirent et leurs langues se nouèrent étroitement, en une étreinte tiède, parfumée et intense. Nathalie délaissa la lourde poitrine pour prendre le visage de Marie-Claire dans ses deux mains, créant un écrin de douce intimité autour de leur baiser que ni l’une ni l’autre ne voulait rompre pour rien au monde. Leur excitation passait d’une bouche à l’autre à travers leur souffle rapide. Le désir de l’une inondait l’autre et rendait le ballet des langues presque frénétique. Tout en dévorant littéralement la langue et les lèvres de Nathalie, Marie-Claire commençait à gémir et Nathalie se demanda de quel bois cette femme était faite pour ressentir autant de plaisir d’un baiser qui certes, était absolument merveilleux, mais qui n’était sommes toutes qu’un baiser. Un petit coup d’œil sur le côté résolut immédiatement cette énigme… Jacques était collé à sa femme et l’avait pénétrée… Il ne bougeait pas d’un millimètre, se contentant de rester profondément ancré en elle.

Cathy s’était replacée derrière Nathalie et l’avait enlacée de ses bras. Tout en faisant courir ses lèvres sur la peau de son cou en une myriade de petits baisers légers comme des perles, elle se saisit des seins lourds de sa cousine et se mit à les malaxer doucement. Son bassin ondulait contre les fesses de Nathalie, qui se sentit alors mouiller copieusement, envahie de milliers de petites aiguilles de plaisir sur toute la surface de sa peau. De temps à autres, Jacques donnait un petit coup de reins qui arrachait Marie-Claire à la bouche de Nathalie. Puis il reprenait son immobilité monolithique, laissant profiter sa femme de la plénitude que lui donnait cette chaude présence au cœur de ses chairs.
Nathalie sentit soudain la main de Cathy passer entre ses cuisses et effleurer délicatement mais fermement son sexe. Elle poussa un cri rauque tant la sensation fut violente malgré la légèreté du contact. Elle prit alors la mesure du degré d’excitation dans lequel elle se trouvait. Son corps tout entier n’était plus qu’un bloc de sensations brutes, d’une sensibilité exacerbée. Jamais elle n’avait connu cela, même pas durant les longues séances de préliminaires dont la gratifiait Charles. Elle comprit qu’elle s’était chargée en énergie sexuelle depuis le matin, quasiment sans discontinuer, et prit presque peur en songeant à ce qu’elle ressentirait au moment où elle libérerait cette énergie…

Elle passa une main derrière elle et la glissa entre ses fesses et le pubis de Cathy. Ses doigts cherchaient à s’immiscer entre les cuisses de sa cousine, qui le comprit et s’écarta légèrement. La main de Nathalie rencontra des chairs tendres et glissantes, au moins aussi mouillées que les siennes. Le bout ses doigts parcoururent la fente et Cathy poussa un cri à son tour. Elles étaient dans le même état l’une que l’autre ! Et Marie-Claire ne valait pas mieux. Les yeux mi-clos, elle soupirait sans discontinuer, n’embrassant plus Nathalie que par saccades maladroites. Jacques ne bougeait toujours pas, mais sa pénétration statique avait sur sa femme un effet confondant.

- Jacques… retire-toi, j’en peux plus… souffla Marie-Claire.

L’homme s’exécuta non sans poser tendrement ses lèvres sur les épaules de son épouse. Lorsque son gland s’éjecta hors d’elle, Marie-Claire poussa un petit cri de plaisir.

- On va au dodo ? dit Jacques.

Tout le monde se regarda. Tout le monde savait ce que cela signifiait. Cathy prit la main de Nathalie et la serra très fort dans la sienne. Ils rentrèrent dans la maison, éteignirent le lumignon de la terrasse et fermèrent les volets derrière eux…
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Nathalie 4d

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La plage était à une dizaine de minutes de marche à travers les vignes. Alors qu’ils marchaient en silence, Nathalie sentit la main de Marie-Claire prendre la sienne. Elle en conçut un véritable ravissement. Jacques marchait à sa droite et elle saisit doucement la main de l’homme. Ainsi soudée au cœur du couple, Nathalie sut qu’elle avait franchi un cap important. Tout ce qui arriverait par la suite serait naturel. C’était un nouvel ordre des choses qui venait de s’instaurer.
Ils déposèrent leurs serviettes à quelques mètres du ressac. Nathalie se retrouva entre Jacques et Cathy. Marie-Claire s’était étendue aux côté de son mari. Le soleil, bien que déclinant, chauffait leur peau et les plongeait dans une douce torpeur. C’était l’heure idéale pour dorer son corps sans le brûler. Nathalie se redressa sur ses coudes et observa ses compagnons. A sa droite, Cathy reposait sur le ventre. Sa peau cuivrée dessinait des courbes parfaites, soulignées par la lumière oblique. A sa gauche, Jacques était sur le dos, un bras replié sur ses yeux pour se protéger du soleil et l’autre posé sur la cuisse de sa femme. Nathalie prit plaisir à détailler chaque détail de sa musculature. Il était taillé tout en finesse, ce qui révélait un goût prononcé pour les sports d’endurance. Le volume de son sexe n’en apparaissait que mieux, et Nathalie y arrêta ses yeux durant un long moment. Il reposait sur le pubis aux poils ras, totalement détendu et apaisé. Elle se souvint de sa raideur le matin même, puis quelques heures plus tôt dans la piscine. Elle avait toujours eu une certaine fascination pour les sexes d’hommes, pour leur capacité à se dresser brusquement et à prendre des proportions insoupçonnées par la seule force du désir. Elle avait envie de le toucher, d’y poser sa main et de le sentir s’éveiller et croître à son contact. Une verge avait sa vie propre, palpitante, tellement attirante…
Au bout d’une petite heure, Nathalie se leva et se dirigea vers la mer, où elle se plongea avec délice. L’apesanteur de l’eau complétait cette sensation de légèreté qu’elle avait éprouvée au bord de la piscine, lorsqu’elle avait admis que ce qu’elle vivait n’avait rien de honteux et n’était que la manifestation de son envie de vivre. Elle se laissa flotter sur le dos, doucement ballottée par les vagues paresseuses. Elle était bien. En fait, elle ne s’était jamais sentie aussi bien depuis le début de sa relation éphémère avec Charles. Elle jeta un coup d’œil vers la plage. Cathy s’était levée et semblait hésiter à venir nager. Jacques et Marie-Claire s’embrassaient comme un petit couple d’adolescents candides. Finalement, Cathy entra dans l’eau et nagea vers elle.
- Alors poulette, dit-elle entre deux brasses, on n’est pas bien là ?
- Si…
- Tu regrettes toujours que je t’aie invitée ?
- Non…
Nathalie sourit à sa cousine.
- Je suis la dernière à ne pas avoir eu mon bisou, minauda celle-ci.
Nathalie sentit une bouffée de doutes l’envahir à nouveau. Mais cette fois elle les rejeta avec détermination.
- Viens… dit-elle.
Cathy s’approcha et leurs visages se rencontrèrent. Le contact de ses lèvres avec celles de sa cousine fit déferler dans la tête de Nathalie un flot de sentiments contradictoires. Au réflexe moral qui l’incitait à refuser ce contact se mêlait un foudroyant désir d’interdit. Pour la première fois de sa vie, Nathalie comprit que le péché était délicieux. Ses professeurs d’histoire avaient parlé, jadis, de ce Moyen-Âge où le diable tentateur était considéré comme l’épreuve ultime de chacun. Aujourd’hui elle comprenait tout. Cathy était la succube, le démon femelle jetant ses filets sur les âmes faibles pour les dissoudre dans un bouillonnement de luxure. Nathalie était cette âme faible et n’avait aucune envie d’en appeler ni à Dieu ni à ses saints pour la sauver. Elle ne voulait surtout pas être sauvée ! Si l’enfer avait l’apprence de Cathy, alors elle se sentait prête à y passer l’éternité. Le délice du péché auquel on cède la jeta contre le corps de sa cousine tandis que leurs langues s’enlaçaient et échangeaient leur goût salé aux effluves marines. Le baiser était suave et tiède, parfumé d’iode, léger comme une brise côtière. Nathalie sentit les tétons de Cathy effleurer ses seins. Ils étaient durcis par la fraîcheur de l’eau et entraient dans sa peau comme deux pointes à la fois fermes et élastiques. Tandis que leurs jambes s’agitaient pour rester à la surface, les deux femmes s’enlacèrent étroitement, savourant mutuellement sous leurs paumes caressantes la douceur de leurs peaux. Cathy avait un corps de liane et Nathalie sentait saillir ses muscles discrets mais affûtés. Les mains de sa cousine parcouraient son dos et ses hanches avec un empressement mesuré mais gourmand. Nathalie s’arracha au baiser pour poser ses lèvres dans le cou de Cathy. Le goût du sel inonda sa bouche, qu’elle fit courir de l’épaule aux racines des cheveux avant d’embrasser le menton, et les lèvres à nouveau. Les mains de Cathy étaient sur ses fesses et les caressaient vigoureusement, les palpaient, les pétrissaient, les écartaient, les soupesaient… Leurs baisers devenaient à la fois plus fougueux et maladroits. Soudain Nathalie sentit la main de Cathy entre ses cuisses. Les doigts de sa cousine entrèrent au creux de sa fente et remontèrent doucement. Nathalie poussa un gémissement et faillit couler à pic. Elle passa à son tour sa main entre les cuisses de sa cousine et sentit sous sa paume ce bombement et cette absence de verge qui l’avait tant surprise, il y a des années, lorsqu’elle avait touché pour la première fois un sexe de femme. Elle avait beau connaître le sien par cœur, elle avait l’habitude qu’une caresse entre les cuisses d’une tierce personne se traduise par la rencontre avec un membre dur et volumineux. Dans le cas présent, elle ne touchait que les chairs molles des lèvres de Cathy, dont l’eau salée avait dilué la sève qui, d’après les yeux chavirés de sa cousine, devait pourtant être produite en abondance.
Soudain l’ivresse qui s’était emparée de Nathalie se mua en horrible sensation de suffocation douloureuse. Elle venait de boire une tasse magistrale et se mit à tousser et cracher, en proie à une panique hors normes. Cathy éclata de rire et l’aida à se maintenir à la surface.
- Dis donc poulette, t’aurais pas oublié qu’on était dans l’eau, par hasard ?
Lorsque Nathalie eut repris son souffle, elle rit à son tour. Son excitation était retombée d’un coup mais la dernière marche avait été franchie. Les quelques minutes qui venaient de s’écouler lui avaient définitivement ouvert les portes du sanctuaire. Elle faisait partie de la secte comme si, durant cette journée incroyable, elle avait suivi un rite initiatique accéléré. Désormais tout allait être possible entre eux quatre. Elle prit la visage de Cathy dans ses mains et l’embrassa tendrement sur les lèvres avant de s’échapper à la brasse en direction de la plage…

Lorsque Cathy et Nathalie arrivèrent sur le sable, la plage s’était vidée de ses derniers estivants. Le soleil était bas sur l’horizon et colorait de ses rayons mordorés la peau des retardataires. Jacques et Marie-Claire ne paraissaient pas disposés à partir et profitaient de la relative fraîcheur du soir en bavardant amoureusement. Nathalie épousseta sa serviette et s’allongea sur le ventre.
- Elle est bonne ? demanda Jacques en se tournant vers elle, appuyé sur son coude.
- Très, tu devrais y aller avant qu’il fasse froid, répondit Nathalie.
- Oh non, j’ai la flemme. Et puis maintenant que tu es revenue, je ne vais pas prendre mes jambes à mon cou…
Il ponctua ses mots par un rapide baiser dans le creux de l’oreille de Nathalie. Bizarrement, elle ne se sentait plus gênée d’être l’objet des attentions de Jacques sous les yeux de sa femme. Elle tourna la tête vers lui et lui offrit sa bouche pour un baiser superficiel mais très tendre. Taquin, l’homme saisit le lacet de son soutien-gorge et en dénoua la boucle. Les seins de Nathalie, libérés, se posèrent sur la serviette sous l’œil rieur de Jacques. Celui-ci passa une main douce dans son dos et la caressa délicatement jusqu’au creux des fesses. Nathalie s’abandonna, posant sa tête sur ses bras croisés et fermant les yeux. Jacques la caressa durant ce qui lui parut une éternité de félicité parfaite. Il ne fit rien d’autre que de lui caresser le dos, mais avec une telle douceur et une telle sensualité que Nathalie avait presque l’impression qu’il lui faisait l’amour. Elle ouvrait par moments les yeux et constatait qu’il la regardait avec une calme intensité, sans cesser de laisser sa main chaude se promener sur sa peau. Elle était partagée entre l’envie qu’il aille plus loin et celle qu’il poursuive indéfiniment cette caresse tellement pure et enivrante. Elle rêvait qu’il glisse ses doigts sous son bikini, qu’il s’insinue entre ses fesses, qu’il prenne possession de son intimité, mais en même temps elle ne voulait pas briser cette suspension du temps, ce bonheur simple de la caresse conjointe de l’homme et du soleil couchant. Elle tomba dans une douce langueur, flottant entre plaisir et assoupissement. Plus rien n’avait d’importance que les frissons de sa peau nue.
Soudain, elle sentit une autre main se poser sur ses reins. Une main petite et légère, qui la survolait plus qu’elle ne la caressait. Cathy… Nathalie sourit et s’étira légèrement, comme un petit chat que l’on flatte sous le menton. Sa peau était parcourue de frissons délicieux tandis que les deux mains se croisaient, se frôlaient et s’entrelaçaient en la parcourant. Elle eut soudain envie de s’allonger sur le dos et se retourna sans ouvrir les yeux ni se départir de son demi-sourire béat. Les caresses, toujours aussi légères, passèrent sur son ventre, ses seins, son cou, ses flancs, ses hanches… Elle était littéralement transportée dans un univers de délices absolus et croyait presque percevoir des senteurs de jasmin et de fleur d’oranger tant ses sens étaient au summum de leur éveil. Elle ouvrit un instant les yeux pour voir Marie-Claire s’installer dans les bras de son mari et ajouter une troisième main au ballet. Nathalie était en proie à une ivresse qu’elle n’avait jamais connue. Tout son corps palpitait, s’ouvrait, absorbait le plaisir goulûment par chaque pore. Son envie sexuelle était puissante mais n’appelait pas à la satisfaction immédiate. Le plaisir que des attouchements plus intimes auraient déclenché en quelques secondes croissait doucement, presque imperceptiblement, comme une houle profonde et lente. Les caresses ne s’intensifiaient pas comme cela aurait été le cas lors d’un rapport sexuel. Les trois mains frôlaient sa peau sans empressement, sans fièvre. Il faisait nuit lorsqu’elles se retirèrent brusquement. En proie à ce qui ressemblait à une transe indienne, Nathalie ressentit une douleur vive lors de la perte de contact. Elle eut soudain envie de griffer comme un chat qu’on réveille en plein rêve et de hurler sa frustration. Mais aussitôt trois visages se penchèrent vers le sien et l’embrassèrent simultanément avec une infinie délicatesse. Nathalie sut alors qu’elle avait terminé son initiation. Les liens qui l’unissaient aux autres individuellement s’étaient étroitement mêlés. Elle était désormais un fil de l’écheveau. Leur intimité était son intimité et elle allait désormais partager l’impensable avec eux…
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Nathalie 4c

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Nathalie et Marie-Claire avaient placé leurs chaises longues côte à côte, face à la piscine, et sirotaient leur café. Dans la piscine, Cathy s’était retournée et faisait maintenant face à Jacques. Elle le chevauchait sans précipitation mais avec régularité. Ils échangeaient parfois des mots qui les faisaient rire, ou s’embrassaient. Autour d’eux, l’eau clapotait au rythme de leurs mouvements. Marie-Claire étira ses jambes et passa une main sur son ventre.
- Ils commencent à m’énerver un peu, ces deux-là, murmura-t-elle.
Nathalie sourit. Elle aussi sentait le désir refaire surface, malgré la proximité de Marie-Claire. Elle ne cherchait plus à détourner le regard de sa cousine et de son amant. Elle les trouvait beaux et n’avait aucune envie de rompre leur harmonie. Elle entendit Marie-Claire soupirer doucement et tourna la tête. Sa voisine de chaise longue avait furtivement passé une main entre ses cuisses, en un rapide mouvement de bas en haut. Marie-Claire lui sourit et accrocha son regard. Pour une fois, elle ne dit rien. Elle se contenta de tendre le bras et d’effleurer du dos de son index le flanc de Nathalie. Celle-ci sentit un frisson la parcourir des pieds à la tête malgré la légèreté presque irréelle du geste. Elle sourit à son tour, sans bouger. Une fraction de seconde, elle avait eu le réflexe de se reculer, mais elle n’en avait rien fait. Marie-Claire repassa le bout de ses doigts sur ses côtes en souriant avec douceur. Nathalie frémit à nouveau mais ne bougea toujours pas. La femme de Jacques se tourna alors à demi sur sa chaise longue et posa doucement sa main sur le ventre de Nathalie. Elle ne parlait toujours pas, ce qui était fort déroutant lorsqu’on avait pris l’habitude de son babillage permanent. Sa main était chaude et douce et Nathalie se sentit respirer un peu plus vite. Leurs yeux ne s’étaient toujours pas lâchés, comme pour une étreinte immatérielle et muette. Au loin, les rires et les soupirs de Cathy se transformèrent en simple fond sonore. Marie-Claire caressait maintenant doucement le ventre de Nathalie, d’une main légère mais sûre, remplaçant par moments sa paume par le bout de ses doigts. La peau de Nathalie se piqua d’un tapis de chair de poule tandis que ses tétons durcissaient à vue d’œil. Les frissons se succédaient sans pause dans tout son corps. Elle vivait un délice à l’état pur. La boule de chaleur qu’elle connaissait si bien prit au creux de son sexe une ampleur considérable. Elle s’ouvrait imperceptiblement, comme une fleur matinale d’où aurait perlé une fine gouttelette de rosée. Elle finit par détourner ses yeux de ceux de Marie-Claire pour se caler plus confortablement dans la chaise longue. La caresse se faisait plus nette et plus franche de seconde en seconde. La petite main effleura la base du sein gauche, arrachant à Nathalie un léger soupir. Puis elle se posa sur le sein et, du bout des doigts, en titilla le bout érigé. Nathalie se cambra légèrement et tourna à nouveau la tête vers Marie-Claire. Son regard était méconnaissable, chaviré. Marie-Claire lui sourit avec douceur avant de risquer une parole.
- Tu aimes ? chuchota-t-elle d’un timbre bas, presque inaudible.
Nathalie ne pouvait prononcer un mot. Elle se contenta de hocher légèrement la tête, puis se cala à nouveau et ferma les yeux. Marie-Claire faisait courir ses doigts sur ses seins, son cou, son visage, ses cheveux… Chaque nouvelle parcelle de peau caressée occasionnait son lot de frissons délicieux. Nathalie sentait qu’elle mouillait copieusement et savourait cet état d’apesanteur propre à la rencontre du désir et du plaisir. Elle saisit doucement la main de Marie-Claire et, avec un empressement un peu maladroit, la guida entre ses cuisses. Elle poussa un gémissement non contenu au contact des doigts avec son sexe. Marie-Claire était douce et la masturbait avec une délicatesse que Nathalie n’avait connue chez aucun homme. Nathalie écarta inconsciemment les cuisses et le plaisir commença à se diffuser en elle. Sans s’en rendre compte, elle remuait légèrement son bassin au rythme de la caresse divine que lui prodiguait sa voisine. Comme si Marie-Claire lisait dans ses pensées, elle se mit à accentuer son mouvement et à le centrer davantage sur la zone clitoridienne. Le plaisir sourdait par tous les pores de la peau de Nathalie et n’allait pas tarder à devenir jouissance…
- Plus vite… parvint-elle à souffler tandis que sa respiration perdait toute mesure.
Marie-Claire accéléra encore, faisant rouler le petit bouton de Nathalie sous le bout de ses doigts. L’orgasme arriva en quelques secondes, tordant le corps de Nathalie sur la chaise longue. Une longue plainte jaillit de sa bouche ouverte alors que les ondes de jouissance circulaient sous sa peau en s’évanouissant progressivement. Elle se laissa retomber dans un souffle, avec le tonus d’un sac à patate.
- Ben alors ? On croyait que vous buviez le café sagement, bande de coquines !
Cathy se tenait debout face à Nathalie. Jacques était à côté d’elle et l’enlaçait au niveau de la taille. Sa queue n’avait même pas achevé sa détumescence et arborait des proportions alléchantes.
Nathalie ouvrit la bouche et se couvrit le visage de ses mains. Elle était écarlate. Les trois autres éclatèrent de rire tandis que Marie-Claire lui claquait un baiser sonore sur la joue.

Ils restèrent au bord de la piscine jusqu’à dix-huit heures. Marie-Claire avait repris ses babillages, écoutée d’une oreille distraite par Cathy, qui avait refermé son parasol pour offrir sa peau au soleil déclinant. Jacques s’était endormi, récupérant de ses jeux aquatiques. Quant à Nathalie, elle avait fermé les yeux et feignait l’assoupissement afin d’échapper provisoirement au groupe. Comme chaque fois qu’elle quittait le chemin rectiligne de son existence, elle gambergeait. Tout lui paraissait surréaliste. Jacques et Cathy baisant dans la piscine sous ses yeux, Marie-Claire prenant possession de son corps d’une seule caresse, et elle… elle qui avait ouvert les cuisses et s’était laissé masturber par cette femme qu’elle connaissait à peine, comme s’il s’était agi d’une chose normale, coulant de source. Elle finit par se demander si elle ne devenait pas folle, tout simplement. Ou alors un sort avait été jeté sur cette maison… Mais non, car ses folies avaient commencé bien avant de s’y installer. Sur l’autoroute, à côté des poubelles… C’était donc bel et bien elle qui déraillait. Mais était-ce vraiment un déraillement, ou n’était-elle pas tout simplement en train de prendre enfin possession de sa vie ? En quoi son existence réglée comme du papier à musique était-elle préférable à une débauche consentie mutuellement ? Elle revit ces journées mornes qui faisaient son quotidien depuis près de vingt ans. Le boulot aliénant, les collègues pour qui elle n’était qu’une anonyme rasant les murs, fagotée dans ses jeans et ses gros chandails gris informes. Ce désir de ne surtout pas être vue. Cet empressement, le soir venu, à rentrer le plus vite possible se calfeutrer dans sa tanière. Ces plaisirs solitaires, exutoires de fantasmes enfouis au plus profond d’elle-même, qu’elle se donnait plusieurs fois par semaine, bien à l’abri des regards du monde… Depuis deux jours elle avait l’impression d’être manipulée par une force invisible qui la faisait commettre des actes incompréhensibles. Elle pensait avoir honte de ce soudain déchaînement de pulsions, mais elle se rendit compte que le sentiment qui occupait tout son être était en fait la peur. Peur de quitter un chemin bien balisé, sans surprises. Peur de l’inconnu, peur de se perdre… Et si, plutôt que de se perdre, elle était au contraire en train de se trouver ? Depuis deux jours, son réel était devenu cohérent par rapport à son monde intérieur. Les images et les rêves qui la faisaient jouir lorsqu’elle se caressait devant son miroir avaient pris corps. N’était-ce pas en fait plus logique que de cloisonner ces deux mondes et de s’interdire de vivre ? Cette force brute qui l’avait poussée dans les bras de Jérôme, puis de Jacques, puis de Marie-Claire, n’était-ce pas la vie, tout simplement ? Elle se mit alors à considérer ses récents écarts comme une éclosion, une seconde naissance, une maturation qu’il lui fallait accepter et surtout faire perdurer. Elle était en train de briser la chrysalide et ne devait pas s’y complaire davantage. Elle devenait papillon, un papillon femelle splendide qui éveillait le désir et magnétisait son entourage… Elle se sentit soudainement apaisée et s’étira sur sa chaise longue, oubliant totalement qu’elle était nue et qu’elle exposait à trois paires d’yeux ce que pendant toute sa vie elle s’était ingénié à enfouir et à gommer sous des couches de vêtements insipides.

Une main dans ses cheveux tira Nathalie de ses pensées. Elle ouvrit les yeux et vit Marie-Claire qui lui souriait tendrement. Elle avait remis son bikini et s’était couverte d’un léger paréo bleu océan.
- On va faire un tour à la plage, dit-elle. Tu viens ?
Nathalie tendit le bras et prit la main de Marie-Claire, qui l’aida à se lever. Elle enfila son bikini, sa petite robe et ses tongs, puis jeta sa serviette sur son épaule.
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