Voissa: 19 mars 1992, jeudi, journal - Voissa

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19 mars 1992, jeudi, journal

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19 mars 1992, jeudi, journal


Nous nous nous sommes éveillés vers 7 heures. Nous avions envie de faire l'amour mais le temps manquait. Nous nous sommes quittés après le déjeuner, dans ce sentiment pas si désagréable de désir inassouvi.
[...]
Retour de Villers avec Marcel. Nous nous sommes un peu opposés sur la question de la manifestation de dimanche prochain, contre le racisme, les exclusions et l'extrême-droite, en réaction à la très inquiétante percée de l'extrême-droite aux élections du 24 novembre dernier (479.917 voix). Marcel critique d'avance son déroulement et met en doute son efficacité. N'empêche, tel que je le connais, il y sera. Pour ce qui est de l'efficacité, il est effectivement peu probable qu'elle fasse diminuer les comportements et pensées racistes mais il est certain qu'elle aura une importance plus que symbolique pour tous les immigrés qui ont frissonné au soir du 24 novembre.
[...]
Morgane est arrivée chez moi peu après mon retour. Elle était vêtue notamment d'une petite jupe et de collants noirs. Elle était très excitante. Je me sentais pourtant trop fatigué pour faire l'amour. J'ai pris une douche pour me détendre. Morgane m'attendait à la sortie... De caresse en caresse, elle m'a rapidement fait atterrir dans le lit. Elle était telle une nymphette. Ce fut court, sans doute à cause de l'excitation contenue de ce matin, qui réclamait son assouvissement. Ce fut néanmoins particulièrement agréable. Morgane avait le visage épanoui, radieux.

Image attachée

Cela ne l'a pas empêché de lancer avec un regard coquin : "Je ne te tiens pas pour quitte !" Nos ébats nous avaient ouvert l'appétit. Nous avons soupé à l'aise, tout entier dans le bien-être de nos corps. Après avoir partagé un thé à la menthe, nous sommes allés nous recoucher. Point découragée par ma fatigue, Morgane m'a rallumé. Nous avons refait l'amour, longuement cette fois. Je remarque que nos étreintes sont particulièrement longues et voluptueuses lorsque seulement quelques heures les séparent des précédentes. Ce n'est évidemment pas une condition sine qua non. En tout cas, ce soir, ce fut... inoubliable. Quelle grâce que d'être ainsi accordés et pareillement éveillés sexuellement, ouverts à ce monde merveilleux.

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