Voissa: preceptes bouddhiques, merci Jean-luc AZRA - Voissa

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preceptes bouddhiques, merci Jean-luc AZRA

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"Je voudrais pratiquer la méditation, mais je ne sais pas comment m'y prendre. J'ai lu quelques livres, mais les livres ne permettent pas vraiment de savoir si on est dans le juste, si la position est bonne, si on fait ce qu'il faut... Et par ailleurs, je n'ai pas vraiment ni l'envie ni le temps d'aller dans un temple pour pratiquer... Je voudrais simplement quelques idées pour pratiquer au quotidien..."

-- Voilà une situation qui correspond à beaucoup d'entre nous. Nous ne voulons pas vraiment nous investir dans une école ou une tendance; nous voudrions simplement commencer "pour voir", avec curiosité et en même temps un certain scepticisme, avec volonté d'aboutir à quelque chose mais en même temps sans croire aux miracles ou à la magie.
Qu'est-ce que l'Almanach?
Autres références à propos de la méditation

La méditation minimale

"Faites za zen, et il se passera toujours quelque chose", dit Maître Daïnin Katagiri. Dans cette optique, la méditation consiste simplement à s'asseoir tranquillement à attendre qu'il se passe quelque chose.

Beaucoup d'entre nous cherchent quelque chose d'ésotérique ou de miraculeux quand ils débutent la méditation. Il ne s'agit de rien de tel.

A travers la méditation, nous passons de notre état de conscience habituel à un état de conscience différent, un peu comme nous passons du sommeil à la veille quand nous nous réveillons le matin.

Dans l'Almanach, la méditation est un moment de détente et de réflexion quotidien qui permet de clamer l'esprit, de faire le bilan, de "regarder la carte".

En effet, nous avançons dans la vie comme des automobilistes qui foncent dans une ville inconnue, comme des marcheurs qui progressent en forêt. Que nous allions vite ou que nous allions lentement, nous n'allons nulle part si nous ne nous arrêtons pas de temps en temps pour regarder la carte.

Que faire?

Tout simplement s'asseoir tranquillement dans un endroit tranquille et isolé.

Quelle position?

Les pratiquants de la plupart des écoles bouddhistes insistent pour pratiquer la position dite "du lotus" dans laquelle les pieds sont ramenés sur les cuisses; mais cette position est difficile a pratiquer, et douloureuse. Je suggère de nous contenter d'une position assise en tailleur, avec un soutien pour le dos:
Position 1
Assis(e) en tailleur sur un coussin ou une marche.
Cette position ménage le dos en assurant un angle moins fermé entre la colonne vertébrale et les jambes. Position 2
Assis(e) en tailleur, dans un fauteuil, ou le dos contre un mur. Cette position soutient le dos.






Quelle méthode?

Une suggestion:
1. Avant de commencer, formulez une question qui vous tracasse, puis n'y pensez plus.
2. Asseyez-vous en tailleur.
3. Fermez les yeux. Pendant quelques secondes ou quelques minutes, laissez votre esprit vagabonder; pensez à ce que vous voulez.
4. Pendant un petit moment, essayez de ne penser à rien.
5. A un moment, posez-vous la question qui vous tracasse. Écoutez vos réponses.
6. Laissez à nouveau votre esprit vagabonder et arrêtez quand vous voulez.
7. Faites le bilan (éventuellement par écrit)
Essayez maintenant!




Autres références à propos de la méditation:

Méditation minimale et construction de soi
Méditation quotidienne
Méditation et connaissance active
Méditation et compréhension de ses difficultés personnelles
Essayer la méditation


Quelques paroles de maîtres
Objectifs et mérites de la méditation
La méthode en 5 phases de l'Almanach
Quelques thèmes classiques pour la troisième phase
Quelques koan classiques et modernes
Exercices complémentaires










Notes à propos de la méditation

Objectifs et mérites de la méditation
La méthode en 5 phases de l'Almanach
Quelques thèmes classiques
Quelques koan classiques et modernes
Exercices complémentaires
Méditation minimale





"La pratique du zen nous montre finalement qu'aucune situation n'est véritablement une impasse. Nous nous croyons dans une telle situation car nous ne voyons qu'un aspect des choses et notre créativité est paralysée. Il existe toujours une transformation possible des pires situations […]" [ Moine zen en Occident , Roland Rech, p.185].

"Il suffit de faire za zen de tout notre cœur après y avoir réfléchi soigneusement et en avoir pris la décision. Immédiatement, des résultats apparaissent, et que nous les aimions ou pas, ce sont des choses qui sont en nous. Rien ne provient de l'extérieur. Ces choses viennent de nous. Quand nous en prenons conscience, il nous est un peu plus facile de nous concentrer, de nous asseoir sans être découragés par ces résultats. C'est une vie très claire. Nous savons qui nous sommes, ce que nous avons fait de notre vie par le passé, ce que nous en faisons à présent, ce que nous en ferons dans le futur. Pendant za zen, nous pouvons tout voir. Ces images de la vie pendant za zen sont autant d'indications pertinentes quant à l'avenir. Si nous voyons quelque chose à corriger, nous n'avons qu'à le corriger […]. Il se passe toujours quelque chose" [ Retour au silence . La pratique du zen dans la vie quotidienne, Dainin Katagiri, p.87].



Thèmes classiques de méditation

Les sujets possibles ne manquent pas. Lounsbery cite quarante sujets de méditation classique selon l'École du Sud, puis une vingtaine de sujets «qui conviennent à l'occident», qu'il analyse en détails. Citons parmi ceux-ci:
• la paix
• la bienveillance
• la pitié
• la joie
• la sérénité
• le Bouddha
• l'enseignement qu'on lui attribue • les Quatre Certitudes
• l'éthique bouddhiste
• le don
• la souffrance «inhérente à toute vie phénoménale»
• le "moi" comme impermanent
• la mort
Dans les formes de bouddhisme du Grand Véhicule, citons par exemple:
• Méditation sur l'impermanence, c'est à dire le fait que les choses changent tout le temps. On peut tenter de stabiliser quelque chose, de l'empêcher de changer: par exemple la perception qu'on a d'un objet ou d'une sensation dans son corps (douleur, couleur, etc.); ou au contraire en se concentrant sur sa variabilité. On peut également réfléchir à l'impermanence des activités et des choses humaines (travail, œuvres, modes, opinions).
• Méditation sur le vide, ou l'irréalité des choses, c'est à dire le fait que les choses n'ont pas de réalité propre. On peut se concentrer sur un savoir ou un objet qui apparaissent réels et comprendre comment cette réalité n'est que le fait de la perception. On peut également mettre ces notions en relation avec des réflexions lues ou entendues sur l'absence de réalité matérielle (en physique, par exemple).
• Méditation à travers l'analyse de la perception d'un objet. Chaque objet a quatre formes: l'objet lui-même, ce que je perçois de l'objet, ce que je considère être l'objet, et l'intention que je lui attribue. En général, nous percevons ces quatre formes en une seule et nous n'imaginons pas qu'elles différent les unes des autres.




Quelques koan classiques et modernes

Pour accéder à la compréhension du caractère illusoire des choses, le zen utilise des koan: anecdotes, poèmes ou histoires apparemment absurdes. Ceux-ci sont des outils destinés à stimuler l'esprit pour qu'il parvienne plus vite à la constatation de l'incapacité du langage à exprimer toute forme de notion objective. Ils énoncent par exemple:
• "Quand je traverse le pont, l'eau ne coule pas, c'est le pont qui coule" (Shang-Hui, vers 530)
• "Le bouddhisme, c'est le cyprès dans la cour" (Chao-Chau, vers 850).
Les koan sont étonnants de richesse et d'effet. Sous leur apparente absurdité, ils permettent déstabiliser l'esprit et de le libérer du joug de la pensée conventionnelle. Ils permettent de constater que tout est vrai et tout est faux, une chose et son contraire, et que rien ne dépasse ce que nous faisons de notre vie dans sa pratique quotidienne. On en trouvera de nombreux exemples dans Suzuki, Introduction au bouddhisme zen , et dans la littérature sur le zen.

Quelques koan classiques

Un maître zen se promène avec son disciple. Le vent souffle. Le bruit des clochettes accrochées aux quatre coins du temple se fait entendre. «Qu'est-ce qui sonne?» demande le maître. «Ce sont les clochettes», répond le disciple. «Mais non», dit le maître, «les clochettes ne sonnent pas». «Alors c'est le vent», dit le disciple. «Mais non», dit le maître, «le vent ne sonne pas». «Alors, c'est le vent et les clochettes» dit le disciple. «Mais non», dit le maître. «Ce n'est ni le vent, ni les clochettes, ni les deux. C'est notre esprit qui sonne» (d'après [ RS152 ]).

Voyez un poisson qui nage dans l'eau. Vous avez tendance à voir le poisson comme autre chose que l'eau mais le poisson ne peut nager sans l'eau dans laquelle il nage. On ne peut pas penser au poisson sans évoquer l'eau. Le poisson est poisson parce que l'eau est l'eau. Sans l'eau, le poisson ne peut pas être. Le poisson est l'eau. Voyez-vous dans le monde substantiel. Ce dont nous faisons l'expérience n'est pas la réalité, mais notre interaction avec elle. Le monde n'est pas fait de choses, mais d'interactions.

Quelques koan modernes

Nous sommes habitués à croire qu'une chose est soit présente soit absente. Notre expérience nous laisse croire que le monde physique est solide, réel, et indépendant de nous. La mécanique quantique dit tout simplement qu'il n'en est rien. Si ce qu'elle soutient est correct, alors il n'y a pas de monde substantiel au sens habituel du terme. Ce n'est pas seulement qu'il se pourrait bien qu'il n'y ait pas monde substantiel, mais plutôt qu'il ne peut pas y en avoir un. Ce n'est pas simplement une vision du monde différente de celle que nous avons depuis trois cents ans, c'est carrément son contraire. Ce dont nous faisons l'expérience n'est pas la réalité, mais notre interaction avec elle. Le monde n'est pas fait de choses, mais d'interactions. (d'après Gary Zukav, physicien)

La mécanique quantique et le rôle prépondérant de la probabilité ont détruit la notion classique d'objet matériel. Elle se dissout dans des schèmes de probabilités ondulatoires. Ces schèmes, en dernière analyse, ne représentent pas la probabilité des choses, mais plutôt la probabilité des interconnections. Les particules subatomiques ne sont pas des choses, mais des interconnections entre des choses, qui ne sont pas elles-mêmes des choses mais des interconnections entre des choses et ainsi de suite (d'après Fritjof Capra, physicien).

"Il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement" (André Breton, Second Manifeste ).




Exercices complémentaires
• Choisissez un lointain souvenir d'enfance. Retrouvez le contexte, le moment, les personnes présentes, les lieux. Remontez à l'instant précédent, puis à l'heure précédente, puis à la journée précédente.
• Imaginez votre corps, les cellules qui le composent, les molécules qui composent ces cellules et ainsi de suite jusqu'aux gluons qui composent les quarks qui composent les protons, neutrons et électrons qui composent les atomes qui composent ces cellules. Les gluons jaillissent et retournent sans cesse au vide. Imaginez la constante recomposition de ces atomes en nouvelles molécules, de ces cellules qui naissent, se recomposent et meurent à chaque instant, et de ce corps qui n'est jamais le même et présente pourtant toujours la même forme apparente.
• Éliminez toute pensée, toute pensée sur ce que vous êtes en train de faire, toute pensée sur les pensées.
• Comptez jusqu'à six cent. Votre gorge, votre bouche ne doit pas bouger ni même tenter de bouger. Comptez en esprit et rien qu'en esprit. Par exemple, plutôt que des sons, pensez à des chiffres lumineux se dessinant sur un lointain horizon.
• Si vous êtes dans l'obscurité, pensez à des alternance de noir et de blanc; si vous êtes dans un endroit clair, à des alternances de couleurs vives. Posez des questions. Écoutez les réponses.
• Énoncez le souvenir de votre plus grande honte. Retracez instant après instant ce qui s'est passé. Puis retracez les mêmes évènements en les regardant de l'extérieur, comme s'ils arrivaient à une autre personne, avec un visage différent du vôtre.
• Essayez de faire le lien entre "je" qui est assis dans la pièce; "je" qui a froid ou chaud ou mal; "je" qui a peur ou est inquiet ou irrité ou honteux ou coupable ou qui doute de lui; "je" qui est en train de penser; "je" qui sait que "je" existe. Une fois ce lien fait, défaites-le.
• Essayez d'imaginer, par le raisonnement, ce que peut être le début ou la fin de l'univers. Essayez de laisser tomber un instant vos croyances religieuses ou scientifiques; ne vous laissez pas non plus croire que vos conclusions puissent avoir une quelconque valeur logique ou scientifique.
• Racontez-vous mentalement une histoire fictive sans utiliser un seul mot.








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