Elle osait. Elle osait attirer dans la rue les regards. Abandonner sa transparence. Il restait quelques journées de plein été allongeant ses ramifications jusqu' au creux de l'automne. L'aîné à l'école, elle pouvait sortir se balader dans la ville. Elle voulait se sentir déflorée du regard. Cette fois, elle assumerait, juste pour voir ce que cela fait ! Mine de rien, cette aventure estivale avait levé quelques barrières. Elle fouilla dans ces placards et sortit un petite jupette jaune…elle prit un haut vert, très prés du corps. Elle voulait exhiber ses rondeurs. Les montrer. Se défaire de ces complexes lancinants. Et d'avoir réussi à faire l'amour, à plaire, même si elle n'était pas dupe sur sa beauté, semblait la désinhiber. Elle ne se reconnaissait pas, ou alors reconnaissait la petite ado qu'elle était avant d'avoir eu à subir…Non, elle n'allait pas penser à ça aujourd'hui…pas aujourd'hui. Elle chercha des sous-vêtements. Rien ! Elle n'avait rien d'affriolants, pas de strings ( ça fait trop…trop quoi elle ne savait pas, mais trop ) et des soutiens-gorges bon marché. Elle eut un peu honte de s'apercevoir que ça faisait une éternité qu'elle n'avait pas acheté quelque chose de plaisant. Ou qu'elle n'en avait jamais acheté. Tous ces trucs dans les magasins, tous ces trucs n'étaient pas pour elle…qu'est ce que je vais faire avec ça, avec mon gros cul, et cette poitrine qui tombe… ? Elle enfila ce qu'elle avait de moins moche, de moins démodé. Elle se regarda dans la glace. Elle s'aperçût qu'elle allait être un peu trop…trop quoi ? Tant pis ! Il faut que je le fasse ! Elle attacha ses cheveux avec une barrette. Se passa un peu de maquillage. Pas trop. Elle avait cette peur d'être toujours trop. Sans vraiment savoir ce qu'était ce trop. Même quand elle faisait l'amour, avec son mari, quand il tentait de lui donner du plaisir avec ses doigts ou sa langue, ces rares fois où il parvenait à déjouer sa vigilance, elle n'arrivait pas à se laisser aller. C'était trop ! Quand elle se sentait partir, elle lui demandait qu'il arrête. Elle se dégageait de l'étreinte, ou parvenait sans mal à stopper net son plaisir, son envie. Ou lui demandait de venir en elle…juste pour se débarrasser de ce trop. Elle ne réussissait pas à dépasser ce trop. Jamais. Et elle restait dans le pas assez. Cette fois, elle voulait essayer de voir où l'emmènerai ce trop.
Dès les premiers pas dans la rue, elle comprit. Obligée de se courber légèrement en avant pour faire avancer la poussette, elle sentait ses fesses se cambrer, se relever, se mettre en position d'être vues. Et puis, elle tanguait à cause des talons aiguilles qu'elle n'avait portés qu'une fois, pour le mariage de son beau frère, et encore, juste pour l'interminable séance photo. Elle avait pensé que la poussette, l'enfant, la dédouaneraient des regards concupiscents, l'absoudraient du péché d'exhibitionnisme. Une mère ne peut pas être prise pour une pute, se disait-elle en interne, pour se convaincre. Le premier homme qu'elle croisa, elle sentit son regard se tourner, se poser sur son cul, un regard étonné et déjà lubrique. Elle sentit ses yeux la déshabiller plus qu'elle ne l'était. Ce ne fut pas le seul. Poussette, enfant, mère, ou pas, les hommes qui la croisaient la dévoraient. Elle se rendit vite compte que la jupe qu'elle avait choisie, était d'une légèreté frivole. Au moindre courant d'air, elle semblait s'envoler, dévoilant un peu plus le haut de ses cuisses. Sa culotte la serrait à la taille. Elle vérifia vite dans le reflet d'une vitrine qu'elle était visible. Pas seulement un aperçu…non, elle se dessinait franchement sous la transparence du jaune poussin de la jupe. Elle était mal à l'aise…et pourtant…il y avait quelque chose de trop dans le sentiment qu'elle éprouvait. Alors, les hommes ne sont que ça ? Ils n'attendent que ça pour me voir ? Il suffit juste d'être un peu aguicheuse pour qu'ils s'intéressent à moi ? Et moi…il ne me suffit que de ça, de leur insistants regards, pour me sentir plus belle ? Elle en croisa des discrets, des furtifs, un suiveur, des siffleurs, des baveurs, des pathétiques, des élégants, des jeunes et des vieux, des mignons et des laids, de toutes les origines, de toutes les couleurs, et sans doute de toutes les religions. Pas un seul n'était indifférent à son cul ! Ils étaient tous, avides de la voir, de la regarder, de se délecter de ses formes imparfaites, de ces vêtements désuets, de son accoutrement trop…trop salope ria t-elle en elle même ! Une belle pétasse je fais là ! Mais au fur et à mesure de ses déplacements hasardeux, elle sentit un forme nouvelle de jouissance monter en elle. Une irrésistible ascension vers le Pouvoir. Elle sentait qu'au moindre geste, elle avait la possibilité de conquérir un homme. Elle avait en elle, le pouvoir de faire sombrer un mec dans ses bras. Chaque homme de cette ville devenait son amant potentiel. Une forêt de champign-hommes ! Plus qu'à se baisser pour cueillir. Ca devenait grisant. Pas comme la grisaille de ce retour de vacances, non ! Grisant, comme un manège qui vous fait tourner la tête, un grand huit qui vous donne le vertige, une poussée d'adrénaline enivrante. Elle se sentait saoule de ce sentiment nouveau, captivant. Elle commençait à imaginer ces centaines de mains la parcourir, ces bouches glabres ou mal rasées venir s'écraser contre la sienne, ces corps massifs ou frêles la culbuter. Elle voyait des sexes d'hommes virils. Elle s'inventait une orgie dionysiaque dont elle était la déesse. Elle s'envisageait supérieure, divine, absolue, autoritaire, dominatrice.
Elle marchait de plus en plus vite, comme si on avait accéléré le film dont elle était l'héroïne, le sujet, elle courait presque, en déséquilibre constant sur ses talons, le cul bien à l'arrière, les seins qui plongent vers la poussette ; elle marchait de plus en vite, parce qu'une sensation vibrante s'éveilla entre ses cuisses, remontai dans son ventre. Elle n'en finissait pas de comprendre ce qui lui arrivait, elle ne voulait pas se l'avouer, c'était trop…étrange. Elle ne pouvait ignorer, que ce qu'elle était en train de ressentir, était un plaisir sexuel. Son clitoris, gonflé par le travail de son fantasme éveillé, se frottait à ses cuisses, au ryhtme de ses longues enjambées. Elle distinguait parfaitement cette sensation de plaisir, de trop de plaisir…et quand elle fût au bord de l'orgasme solitaire et absurde, elle s'arrêta net, dans la rue, comme frappée par une crise cardiaque. Sa vue se brouilla, elle se sentit défaillir, s'agrippa aux poignées de la poussette pour ne pas s'écrouler. Il lui fallut quelques instants pour se remettre, pour que la vision lui revienne. Elle découvrit une nouvelle fois le reflet dans la glace. Elle se trouva hideuse. Des larmes montèrent à ses yeux, incontrôlables, et lui coulèrent directement sur les joues. Elle rentra chez elle, et tous les hommes qui la mataient désormais, l'écœuraient. Et dans le miroir de l'ascenseur, elle se dégoûta entièrement, et fût à deux doigts de vomir dans la cabine. C'en était trop !
Commentaires
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Guest_Victor_*
07-10-2009 - 09:27
Bonjour.
Me revoici puisque tu m'as invité à revenir.
Bon texte. On dirait que le désir qui n'ose pas est un carburant puissant pour l'imagination littéraire...
Un autre tenterait sa chance avec la dame. Toi, tu écris. Qu'est-ce qui est le plus intéressant finalement? La réponse ne fait pas de doute.
Au passage, remarquons un décalage entre la photo et le texte. La maman aux belles jambes que tu as photographiée (au fait, pourrais-tu veiller à accorder les participes passés, c'est mon côté maniaque) n'a vraiment rien à reprocher à son anatomie, contrairement à ton personnage.
Il y a quelque chose de très intrigant dans la capacité d'un homme à pénétrer (!) les pensées d'une femme. Je pense à Cohen dans Belle du seigneur, par exemple. Ne rougis pas de la comparaison! Ton texte la mérite. Cette rêverie autour du "trop" est très convaincante.
Au-delà, on pourrait se demander ce qu'est ce "trop". L'opinion vulgaire parlera de conventions, de convenance, d'inhibition, de la necéssité de se "libérer". Tout cela n'est pas faux, mais n'atteint pas l'essentiel. Je pense que cette retenue d'une femme qui, malgré elle, comme tu le décris très bien, ne s'autorise pas à aller au bout de son désir, est quelque chose de mystérieux et de compliqué.
Le sexe n'est pas à notre disposition. Il ne suffit pas de le vouloir pour assouvir l'immense désir que chacun porte au fond de soi.
Encore bravo,
Victor
Me revoici puisque tu m'as invité à revenir.
Bon texte. On dirait que le désir qui n'ose pas est un carburant puissant pour l'imagination littéraire...
Un autre tenterait sa chance avec la dame. Toi, tu écris. Qu'est-ce qui est le plus intéressant finalement? La réponse ne fait pas de doute.
Au passage, remarquons un décalage entre la photo et le texte. La maman aux belles jambes que tu as photographiée (au fait, pourrais-tu veiller à accorder les participes passés, c'est mon côté maniaque) n'a vraiment rien à reprocher à son anatomie, contrairement à ton personnage.
Il y a quelque chose de très intrigant dans la capacité d'un homme à pénétrer (!) les pensées d'une femme. Je pense à Cohen dans Belle du seigneur, par exemple. Ne rougis pas de la comparaison! Ton texte la mérite. Cette rêverie autour du "trop" est très convaincante.
Au-delà, on pourrait se demander ce qu'est ce "trop". L'opinion vulgaire parlera de conventions, de convenance, d'inhibition, de la necéssité de se "libérer". Tout cela n'est pas faux, mais n'atteint pas l'essentiel. Je pense que cette retenue d'une femme qui, malgré elle, comme tu le décris très bien, ne s'autorise pas à aller au bout de son désir, est quelque chose de mystérieux et de compliqué.
Le sexe n'est pas à notre disposition. Il ne suffit pas de le vouloir pour assouvir l'immense désir que chacun porte au fond de soi.
Encore bravo,
Victor
Indiscrétions
13-10-2009 - 19:55
Très joli texte. Très jolie photo aussi. Vraiment très jolie !
J'aime beaucoup votre approche. Par les textes et encore plus les photos : je suis "plus " photo... ( mais j'aime aussi la littérature).
Je me suis permis de vous rentrer dans ma liste d'amis. Vous êtes d'ailleurs le seul jusqu'à présent.... Très peu ont notre approche , et ici la vulgarité est monnaise courante. L'érotisme est bel et bien une denrée rare sur ce site. Dommage, vraiment dommage.
Continuez !!!!!!!!!! Pour votre plaisir.... et pour le nôtre.
Encore bravo
J'aime beaucoup votre approche. Par les textes et encore plus les photos : je suis "plus " photo... ( mais j'aime aussi la littérature).
Je me suis permis de vous rentrer dans ma liste d'amis. Vous êtes d'ailleurs le seul jusqu'à présent.... Très peu ont notre approche , et ici la vulgarité est monnaise courante. L'érotisme est bel et bien une denrée rare sur ce site. Dommage, vraiment dommage.
Continuez !!!!!!!!!! Pour votre plaisir.... et pour le nôtre.
Encore bravo
loveurstring
21-10-2009 - 16:05
Trés jolie photo...on en voit peu de ces filles dont la jupette cache à peine la culotte....
Visitez mon site : regards indiscrets
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couplesimple
17-11-2009 - 14:43
tres belle photo j'adoooore.
colibri13
25-02-2010 - 22:40
Superbe photo......bon en fait elle me plaise toutes mais je peux pas laisser un com partout, donc j'ai choisie celle ci 
Et d'ailleurs pas sans raison...........dans ton récit je ne sais pas si tu parles de ta douce mais d'une certaine façon je me le suis appropriée et je pense que bon nombre de femmes/mamans peuvent se le faire leur.....
Car, arriver à se retrouver féminine, excitante, désirable et désirée n'est pas forcément une mince affaire, sans passer pour une salope (mot lourd, mais ô combien pensé par bon nombre de personnes).
Donc je te remercie, je ne sais pas trop pourquoi, mais merci quand même peut être pour ta vision de mâle sur le sentiment d'une ex-jeune femme devenue Maman !!!!!!
Et d'ailleurs pas sans raison...........dans ton récit je ne sais pas si tu parles de ta douce mais d'une certaine façon je me le suis appropriée et je pense que bon nombre de femmes/mamans peuvent se le faire leur.....
Car, arriver à se retrouver féminine, excitante, désirable et désirée n'est pas forcément une mince affaire, sans passer pour une salope (mot lourd, mais ô combien pensé par bon nombre de personnes).
Donc je te remercie, je ne sais pas trop pourquoi, mais merci quand même peut être pour ta vision de mâle sur le sentiment d'une ex-jeune femme devenue Maman !!!!!!
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Recherche modèle
Voilà un petit bloc note bien pratique pour mettre en exergue un désir de ma part. Je cherche des modèles. Alors... que vous soyez célibataire, en couple, en couple célibataire, en mode libertinage, en couple fusionnel, que vous cherchiez à faire cadeau de vos formes en image, à vous plaire, à vous déplaire, que vous soyez un, la moitié d'un, deux, trois ou plus, que vous ayez envie, peur, besoin, que vous soyez curieux, sûr de vous, timide, effacé, que vous vous imaginiez nu, dévêtu, un peu habillé, carrément couvert, en studio, en hôtel, dans la nature, dans la ville, que vous soyez expérimenté, débutant, que vous vous trouviez beau, laid, normal, banal, exceptionnel, que vous ayez envie de vous montrer en gros plan, en détail, en visage, en corps, en situation, en pause, si donc, vous vouliez partager un moment photographique avec moi, je serai très honorablement honoré et content de me mettre à votre disposition pour honorer comme il se doit votre image. Mais attention, je ne couche pas lors d'un premier shooting, ma femme me l'interdit. Vous pouvez donc, prendre contact avec moi, par le biais du sacré MP, afin que nous puissions, au moins, discuter de nos envies communes et pourquoi pas, collaboratrices. De toute façon, il faut garder cette phrase à l'esprit : la photographie est un mensonge !
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