Voissa: Château de sable... - Voissa

Aller au contenu

S'abonner à rueerotique        Flux RSS
-----

Château de sable...

18 Commentaire(s) :
Quand j’étais enfant, sur les plages grouillantes de ma Ligurie, pendant les mois d’été, je construisais des châteaux de sable. Non pas des châteaux en vérité…des pâtés de sable. Je n’avais pas le talent pour ériger ces demeures médiévales avec fenêtres multiples, donjons et enceintes crénelées.
En y repensant…je n’en ai jamais vu de mes yeux vu de ces châteaux…juste à la télé, dans des films ou des films publicitaires.
Bref, je construisais des tas de sable…et mon plus grand ouvrage architectural était de creuser des tunnels…histoire d’y faire passer de drôles de boules en plastique transparent avec à l’intérieur des figurines de coureurs cyclistes. Gimondi, Merckx, Moser, Saronni, Hinault…je ne sais plus très bien lesquels à vrai dire…et tout ça et sans importance.

Pour construire ces petits tunnels, il fallait du sable légèrement mouillé…alors je m’installais près de l’eau…et je construisais mon monde. Ce que j’étais fier quand mon tunnel tenait debout…souvent il s’écroulait an plein milieu, quand les deux mains se rejoignaient, la clé de voûte de millions de grain de sable trop fragile s’écroulait, mais avec un peu de patience…ça résistait. Alors je pouvais rentrer dans mon monde…rêver ! Je ne poussais pas cette bille…j’étais cette bille, à chaque poussée, je sentais mes jambes appuyer sur les pédales, l’air venir me caresser les cheveux, je voyais les rayons de ma roue tourner de plus en plus vite, jusqu’à ne plus les apercevoir, ou apercevoir seulement un filé…Je poussais évidemment encore plus fort quand il s’agissait de mon favori. Donc de moi….j’aimais avoir un handicap…une crevaison…oui, mes billes de plastique se dégonflaient parfois sous le pouvoir de mon imagination. Et puis, la beauté du geste. Celui qu’on disait perdu revenait dans le peloton…dépassait tout le monde et dans la montée du Galibier – qui était forcément le tunnel – je plaquais un démarrage irrésistible sous les vivats de la foule. Je ne me souviens plus du bruit de ces moments là quand je cherche au fond de ma mémoire. Je ferme les yeux et je n’entends ni les vagues, ni le brouhaha des enfants, ni « l’africano » qui crie en vendant ses noix de coco et ses cannettes fraîches…rien que le son du ma course. Les applaudissements d’un public en effervescence devant mes exploits, les klaxons des directeurs sportifs, le ronflement des motos des policiers qui ouvrent la route.
J’étais dans mon monde, dans mon rêve…

C’était idiot de ne pas entendre le bruit des vagues qui viennent s échouer sur la grève, le bruissement si caractéristique des galets qui montent et redescendent vers la mer…comme un acte d’amour éternel. La méditerranée n’est pas l’Océan…La mer ne s’en va pas…elle reste là tranquille pendant des heures, si tranquille qu’on en arrive à l’oublier…à ne voir qu’un grand lac agité seulement par une petite brise…
Et puis, d’un coup, allez savoir d’où, une vague plus puissante arrive…elle déferle sur la plage. Oh, ce n’est pas un raz de marée, juste une vague plus forte…elle mouille quelques serviettes de jeunes filles qui dormaient au soleil, lèche les pieds du petit assis face à l’eau avant même de savoir marcher, trempe les maillots de bain de ce jeune couple d’amoureux qui, assis face à l’horizon, se construit déjà un avenir doré…et vient détruire en un instant mon superbe château, pâté, tunnel de sable !

La violence d’une telle vague est inouïe…dans ma tête d’enfant…le retour à la réalité était brutal, voire injuste ! Je n’étais pas le champion cycliste…je n’étais qu’un enfant plein de rêves qu’une vilaine vague venait rappeler à la vie !

Cette vie qui tout autour recommençait à prendre forme !

Commentaires

Page 1 sur 1

*Wonderful Time* 

05-04-2006 - 09:12
Après la destruction,
L'instinct nous pousse à reconstruire.

La vie de l'humanité.

Banalités...

Tagada 

05-04-2006 - 09:54
C'est dur d'être un enfant plein de rêves... wink.gif
Moi je suis une adulte pleine de ces rêves... J'ai gardé une certaine facilité à construire mon monde.
C'est bon de ne pas trop grandir, mais c'est dur de ne pas se faire rattraper par la réalité !!!

Free Cat

05-04-2006 - 10:11
Salut Sandro,

J'aime la sensibilité de ce texte, qui nous relie tous au monde perdu de l'enfance.
Je ne sais pas de quelle boule plastique vous parlez ? Sans doute êtes vous plus jeune que moi, plus près de cette enfance donc ! :-) ... Mais mes souvenirs de choses similaires sont très présents ! ...
Ce qui est marrant, c'est que de ma part, même tout enfant, le monde du cyclisme, n'à jamais eu la moindre petite once de reconnaissance : j'en avais rien à cirer ! :-) Néanmoins il y avais un tel bombardement médiatico-populaire sur le sujet notamment aux périodes de vacances où se déroulait le tour de France, que je ne pouvais qu'en être atteint ! Ainsi lors de mes vacances de juillet en Bretagne ou dans les Charentes Maritimes, les petits copains de plage, avaient pour la plupart cet engouement et en déduisaient un jeu de plage, analogue à ce que vous décrivez. Cela se jouait avec des petits cyclistes métalliques peints, et des billes. On construisait d'abord un circuit dans le sable humide; et ça c'était tout un art ! Virages relevés, ponts, tunnels, chicanes, trous à éviter etc ... Puis le jeu pouvait commencer, chacun se voyait attribuer un cycliste, avec disputes à la clé pour les maillots prestigieux ou les vedettes du moment ! :-) Puis la course pouvait commencer : il s'agissait de faire rouler la bille sur le circuit, à coup de pichnettes agiles, profitant de meilleures courbes et évitant les pièges retords spécialement disposés sur le parcours. Puis le cycliste était posé, là ou la bille s'était arrêtée. En fait, ce dont je me souviens : c'est que le plus gros plaisir consistait surtout dans l'élaboration du circuit ! :-) Il y avait des jours, où l'on cherchait tellement à le sophistiquer, qu'il restait à peine 20 minutes pour jouer avant que les mamans sonnent le rappel en fin d'après midi ! :-)

*Wonderful Time* 

05-04-2006 - 10:34
Au fait j'ai toujours fait des châteux de sables, même plus grand.

Aujourd'hui, je suis heureux, j'ai une excuse, mon fils, pour en faire...

La vague, ne doit pas effacer toutes traces de l'enfance.

 

05-04-2006 - 13:08
quand j'étais gamin,sur la plage je regardais les seins nues des femmes..... sans commentaires..

ton texte est très beau rue, limpide ...

eVa...nescence 

05-04-2006 - 13:21
Tu devrais écrire des bouquins, c'est très bien construit, très fluide et agréable à lire et à visualiser !
ENCOOOORE !!

loup julien 

05-04-2006 - 13:49
La vie est un éternel recommencement, qui ne nous laisse pas le temps de ressasser les souvenirs. hi.gif

ruérotique 

05-04-2006 - 14:28
CITATION(eVa...nescence @ 05/04/06 à 14h21)

Tu devrais écrire des bouquins, c'est très bien construit, très fluide et agréable à lire et à visualiser !
ENCOOOORE !!


Mon Dieu...écrire des bouquins....???
Je crois que tu es folle ! LOL

ruérotique 

05-04-2006 - 14:34
CITATION(Free Cat @ 05/04/06 à 11h11)

Salut Sandro,

J'aime la sensibilité de ce texte, qui nous relie tous au monde perdu de l'enfance.
Je ne sais pas de quelle boule plastique vous parlez ? Sans doute êtes vous plus jeune que moi, plus près de cette enfance donc ! :-) ... Mais mes souvenirs de choses similaires sont très présents ! ...
Ce qui est marrant, c'est que de ma part, même tout enfant, le monde du cyclisme, n'à jamais eu la moindre petite once de reconnaissance : j'en avais rien à cirer ! :-) Néanmoins il y avais un tel bombardement médiatico-populaire sur le sujet notamment aux périodes de vacances où se déroulait le tour de France, que je ne pouvais qu'en être atteint ! Ainsi lors de mes vacances de juillet en Bretagne ou dans les Charentes Maritimes, les petits copains de plage, avaient pour la plupart cet engouement et en déduisaient un jeu de plage, analogue à ce que vous décrivez. Cela se jouait avec des petits cyclistes métalliques peints, et des billes. On construisait d'abord un circuit dans le sable humide; et ça c'était tout un art ! Virages relevés, ponts, tunnels, chicanes, trous à éviter etc ... Puis le jeu pouvait commencer, chacun se voyait attribuer un cycliste, avec disputes à la clé pour les maillots prestigieux ou les vedettes du moment ! :-) Puis la course pouvait commencer : il s'agissait de faire rouler la bille sur le circuit, à coup de pichnettes agiles, profitant de meilleures courbes et évitant les pièges retords spécialement disposés sur le parcours. Puis le cycliste était posé, là ou la bille s'était arrêtée. En fait, ce dont je me souviens : c'est que le plus gros plaisir consistait surtout dans l'élaboration du circuit ! :-) Il y avait des jours, où l'on cherchait tellement à le sophistiquer, qu'il restait à peine 20 minutes pour jouer avant que les mamans sonnent le rappel en fin d'après midi ! :-)


En fait je n'en ai jamais vu en France de ces billes de plastique transparentes...c'est un souvenir de la mer Ligure...mais oui, le jeu était le même...sauf, que je jouais seul...et cette solitude m'aventurait très loin dans mes rêves, dans mes songes !

Je continue parfois à vivre ainsi, je sais aussi que d'autres vivent ainsi autour de moi...et puis soudain la vague arrive pour nous réveiller...elle n'est pas cruelle la vague, c'est juste la vie !

ruérotique 

05-04-2006 - 14:35
CITATION(beveziers @ 05/04/06 à 14h08)

quand j'étais gamin,sur la plage je regardais les seins nues des femmes..... sans commentaires..

ton texte est très beau rue, limpide ...


Ouaouh ! Des seins nus ? Quand j'étais petit, il n'y avait pas de ça ( sacriliège ) sur nos plages italiennes...le pape pouvait veiller ! LOL

 

05-04-2006 - 17:37
smile.gif ca me rappelle aussi des souvenirs analogues. J'aimais enfoncer mes mains dans le sables et faire toucher mes doigts sans les voir.

J'ai aussi jouer aux petits cyclistes mais avec des billes smile.gif

GTO 

05-04-2006 - 20:11
Moi non plus sur mes plages libanaises sacrilège, point de seins nus même aujourd'hui.
Par contre je construisais des chateaux de sable et des tunels, comme quoi le jeux est universel.
Ton texte est un voyage, l'image qu'il produit me fait oublier quelques moments les bruits et l'agitation autour de moi.


Gto

GTO 

05-04-2006 - 20:13
Vu les réponses de chacun de nous tu as réussis à nous replonger quelques instants dans notre enfance.

Gto

nicovoitca 

06-04-2006 - 14:11
Oui, un grand retour en arrière...
Pendant la lecture, les images de ma propre jeunesse défilaient devant mes yeux...
Similitudes dans les jeux, l'imagination grandiose lorsqu'on est gosse, tout cela m'est revenu,
j'ai même ressorti l'album photos pour me replonger dans les souvenirs...visuels !
Merci pour ce rappel !
Eva a raison, tu devrais écrire des livres, ta facon de nous transporter est grandiose !

Free Cat

06-04-2006 - 15:27
"En fait je n'en ai jamais vu en France de ces billes de plastique transparentes...c'est un souvenir de la mer Ligure...mais oui, le jeu était le même...sauf, que je jouais seul...et cette solitude m'aventurait très loin dans mes rêves, dans mes songes !

Je continue parfois à vivre ainsi, je sais aussi que d'autres vivent ainsi autour de moi...et puis soudain la vague arrive pour nous réveiller...elle n'est pas cruelle la vague, c'est juste la vie !"
----------------------------------

"Dammi l'estate più breve che c'è
ma intensa e colorata
come una corsa di biciclette
che ti sorprende sulla strada "

E. Ramazzottti (Dammi la Luna)


Il y a beaucoup plus de gens qui vivent comme cela, qu'on le penserait, mais ça ne fait pas de bruit.
Certain en déduisent des choses très belles ! Avez vous lu "Le livre de l'intranquilité" de Fernando Pessoa ? C'est exactement ça ! :-)

 

09-04-2006 - 15:24
Récit émouvant...

Ravie de visiter ton blog Rue.

Bises à toi.

 

07-11-2007 - 00:33
CITATION(Pergola @ 09/04/06 à 15h24)
Récit émouvant...

Ravie de visiter ton blog Rue.

Bises à toi.


bienvenue à toi douce inconnue smile.gif

Pergola 

16-12-2011 - 23:42
Oui je m'en souviens de ce texte. J'avais déja posté un petit com en 2006, tu vois, j'étais déjà sensible... 5 ans plus tard, je suis toujours sensible. Je t'adore. Merci.
Page 1 sur 1

Recherche modèle

Voilà un petit bloc note bien pratique pour mettre en exergue un désir de ma part. Je cherche des modèles. Alors... que vous soyez célibataire, en couple, en couple célibataire, en mode libertinage, en couple fusionnel, que vous cherchiez à faire cadeau de vos formes en image, à vous plaire, à vous déplaire, que vous soyez un, la moitié d'un, deux, trois ou plus, que vous ayez envie, peur, besoin, que vous soyez curieux, sûr de vous, timide, effacé, que vous vous imaginiez nu, dévêtu, un peu habillé, carrément couvert, en studio, en hôtel, dans la nature, dans la ville, que vous soyez expérimenté, débutant, que vous vous trouviez beau, laid, normal, banal, exceptionnel, que vous ayez envie de vous montrer en gros plan, en détail, en visage, en corps, en situation, en pause, si donc, vous vouliez partager un moment photographique avec moi, je serai très honorablement honoré et content de me mettre à votre disposition pour honorer comme il se doit votre image. Mais attention, je ne couche pas lors d'un premier shooting, ma femme me l'interdit. Vous pouvez donc, prendre contact avec moi, par le biais du sacré MP, afin que nous puissions, au moins, discuter de nos envies communes et pourquoi pas, collaboratrices. De toute façon, il faut garder cette phrase à l'esprit : la photographie est un mensonge !

1 utilisateur(s) actif(s)

1 invité(s)
0 membre(s)
0 membre(s) anonyme(s)

Derniers commentaires